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Climat – Environnement

Des "boues rouges" de l'usine Alteo de Gardanne déversées devant le ministère de la Transition écologique

mardi 12 février 2019 à 12:38 Par Emilie Briffod, France Bleu Provence et France Bleu

Des opposants aux rejets en mer et au stockage en plein air des "boues rouges" de l'usine Alteo de Gardanne, sont venus en déverser un chargement ce mardi à Paris devant les portes du ministère de la Transition écologique.

Des activistes de l’association ZEA ont déversé des boues rouges de l’usine Altéo de Gardanne devant le ministère de la Transition écologique
Des activistes de l’association ZEA ont déversé des boues rouges de l’usine Altéo de Gardanne devant le ministère de la Transition écologique © AFP - Thomas Samson

Gardanne, France

Des militants de l'association toulonnaise de protection de l'océan ZEA ont déversé un chargement de "boues rouges" de l'usine Alteo de Gardanne devant le ministère de la Transition écologique ce mardi 12 février à Paris. Les boues avaient fait le trajet en camion depuis les Bouches-du-Rhône, après avoir été prélevées ce week-end sur leur site d'entreposage, ont indiqué les militants, opposés aux rejets en mer et au stockage en plein air de ces déchets de l'usine. "On y est entré comme dans un moulin, on y a même vu des joggeurs", a déclaré Olivier Dubuquoy, géographe et fondateur de cette ONG, invité de France Bleu Provence ce mercredi 13 février à 7h20. 

Des livraisons "régulières" seront organisées, promet l'association 

"Boues rouges toxiques, ni en mer ni à terre", pouvait-on lire sur une banderole tenue par des militants au dessus du tas de déchets.  Une dizaine de personnes participait à cette action devant le ministère. Une partie des boues devait aussi être déversée devant les portes du fonds d'investissement HIG, propriétaire d'Alteo.  

L'usine d'alumine de Gardanne "cherche à agrandir son stockage de boues rouges à terre, à poursuivre ses rejets en mer et à valoriser ces déchets radioactifs et chargés de métaux lourds pour les disséminer partout en France", ont dénoncé les représentants de ZEA.  "Face à l'inaction de l'Etat et au cynisme de l'industriel et d'HIG, nous avons décidé que les responsables allaient devoir apprendre à vivre avec ces pollutions de boues rouges", explique l'association dans un communiqué. Elle leur promet "d'organiser régulièrement des livraisons".  

Des autorisations de rejets en Méditerranée jusqu'à fin 2019

Depuis 2016, sur ordre de l'État, Alteo -  qui en 50 ans, a envoyé en Méditerranée plus de 20 tonnes de ces "boues" chargées d'arsenic ou de cadmium - entrepose ses résidus solides de bauxite à terre, sur le site en plein air de Mange-Garri, vaste espace désolé au milieu de la pinède de Bouc-Bel-Air, près de Gardanne.  

Mardi à Paris, les manifestants ont appelé "l'État et la Métropole à refuser l'augmentation de la zone de stockage de Mange-Garri demandée par Alteo" et l'industriel à mettre le site en sécurité, garantir la sûreté des eaux souterraines, stopper l'envol des poussières.  

Le leader mondial des alumines de spécialité continue en outre à rejeter ses effluents liquides en mer, au cœur du parc national des Calanques, en vertu de dérogations accordées par l'État. En 2018, la justice a réduit de deux ans, à fin 2019, le délai accordé à l'usine pour mettre ces rejets liquides en conformité avec les normes environnementales. Alteo produit des éléments destinés à l'industrie électronique (écrans plats, batteries) et emploie à Gardanne 450 personnes.

Alteo se défend dans un communiqué 

Dans un communiqué, Alteo "dénonce une nouvelle fois les affirmations erronées, partielles et non factuelles dont est l'objet son activité" et "réaffirme son engagement constant dans la mise en œuvre des meilleures solutions de traitement de ses résidus d’exploitation." Alteo assure avoir cessé tout rejet de résidus solides dits "boues rouges" en mer depuis le 31 décembre 2015. Le groupe poursuit ses "efforts qui ont déjà permis d’améliorer significativement la qualité de ses rejets liquides, comme l’ont montré les réunions successives de la commission de suivi de site et les contrôles des services de l’Etat depuis 2016", assure-t-il dans son communiqué.