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Faits divers – Justice

Des détenus radicalisés à la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne

lundi 24 septembre 2018 à 6:05 Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Maine et France Bleu

Les premiers détenus radicalisés arrivent à la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne ce lundi, dans un quartier spécialement créé. Son objectif est de prendre en charge les détenus condamnés pour terrorisme pour tenter de les faire sortir de la radicalisation et de les réinsérer dans la société.

Les détenus radicalisés sont accueillis dans un bâtiment spécialement dédié. Les portes des cellules sont équipées de passe menottes.
Les détenus radicalisés sont accueillis dans un bâtiment spécialement dédié. Les portes des cellules sont équipées de passe menottes. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Condé sur sarthe

Les détenus radicalisés vont être accueillis dans un QPR : un quartier pour la prise en charge de la radicalisation. C'est le deuxième créé en France après celui de Lille-Annoeulin. Ce quartier dispose de 30 places. Trois détenus arrivent cette semaine. D'ici la fin de l'année, ils seront une douzaine. Condamnés pour terrorisme, ils ont été évalués dans d'autres établissements, et le but de leur détention à Condé, c'est de les faire évoluer pour qu'ils sortent de la radicalisation. Afin d'éviter tout prosélytisme envers les autres détenus, ils sont accueillis dans un bâtiment complètement étanche.

la ministre de la justice Nicole Belloubet a visité ce nouveau QPR le 20 septembre 2018, à quelques jours de son ouverture. - Radio France
la ministre de la justice Nicole Belloubet a visité ce nouveau QPR le 20 septembre 2018, à quelques jours de son ouverture. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

François Toutain, chef de la mission de lutte contre la radicalisation, explique que "l'esprit de ce quartier, c'est d'être spécifiquement adapté à la prise en charge de personnes ancrées dans une idéologie radicale et qui sont prosélytes". Dans une détention classique, ces personnes ont une capacité de nuisance, ajoute-t-il, il s'agit donc de les placer dans un lieu spécialement dédié. 800 000 euros de travaux ont été effectués pour aménager le bâtiment, qui occupe l'une des trois ailes de la prison ultra sécurisée d'Alençon Condé. Les 30 cellules individuelles sont équipées de passe menottes. 

Les portes des 30 cellules individuelles ont été équipées de passe menottes pour renforcer la sécurité des surveillants.  - Radio France
Les portes des 30 cellules individuelles ont été équipées de passe menottes pour renforcer la sécurité des surveillants. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Le quartier de prise en charge de la radicalisation est complètement autonome du reste, pour que jamais les radicalisés ne croisent d'autres détenus. Ils disposent donc d'une cour de promenade, d'un atelier, et même d'une unité sanitaire où les premiers soins pourront être donnés, avant un éventuel transfert à l'hôpital.

L'espace vert a été enlevé de la cour de promenade, pour éviter que des objets n'y soient cachés.  - Radio France
L'espace vert a été enlevé de la cour de promenade, pour éviter que des objets n'y soient cachés. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Vingt-cinq surveillants sont affectés à ce nouveau quartier, sur la base du volontariat. Ils ont suivi une formation de trois semaines, destinée à leur permettre de prendre en charge ces détenus spécifiques. Mais le syndicat Force Ouvrière s'inquiète que les personnels remplaçants n'aient pas reçu la même formation. Frédéric Eko son responsable local attend des réponses de l'administration pénitentiaire. 

Comme tous les détenus incarcérés à Condé sur Sarthe, les radicalisé sont accueillis dans des cellules individuelles.  - Radio France
Comme tous les détenus incarcérés à Condé sur Sarthe, les radicalisé sont accueillis dans des cellules individuelles. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Les surveillants n'interviendront pas seuls. La prise en charge est pluri disciplinaire avec des conseillers de probation, des spécialistes du fait religieux, des universitaires. Le but étant de les évaluer pour les réinsérer. "Si au bout de six mois, on note une évolution positive, ils pourront être redirigés vers une détention classique, explique Emmanuelle Coste, adjointe au chef d'établissement, sinon ils resteront six mois de plus. Et si à terme, rien ne se passe, ils retourneront à l'isolement". En France, on dénombre 500 détenus condamnés pour terrorisme et 1.100 détenus radicalisés de droit commun.