Faits divers – Justice

Des documents liés à l'islam radical retrouvés chez le tireur de la caserne Xaintrailles à Bordeaux

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde jeudi 17 avril 2014 à 12:11

Le tireur de la caserne Xaintrailles photographié avec un smartphone
Le tireur de la caserne Xaintrailles photographié avec un smartphone © Radio France

Le profil de l'homme de 25 ans qui s'est donné la mort après avoir ouvert le feu dans la caserne Xaintrailles à Bordeaux mercredi après-midi commence à s'affiner. Les enquêteurs ont perquisitionné son domicile de Pessac dans l'agglomération bordelaise.

Qu'est-ce qui a poussé cet homme à entrer hier mercredi après-midi dans la caserne Xaintrailles, sur les boulevards à Bordeaux, et à semer la panique en tirant en l'air à l'aide de son pistolet avant de retourner l'arme contre lui ? La question reste entière ce jeudi même si les premiers pas de l'enquête menée par les services de la division des affaires criminelles de la police judiciaire donne quelques indications sur le profil du tireur, décédé des suites de ses blessures dans la soirée au CHU de Bordeaux.

Une perquisition à son domicile

Grâce à une pièce d'identité, les enquêteurs ont rapidement identifié cet homme âgé de 25 et domicilié à Pessac, dans l'agglomération bordelaise. Il n'était pas connu de la justice et n'avait fait l'objet d'aucune condamnation pénale. En revanche, il était repéré pour des problèmes psychologiques et mentaux. Il aurait été adopté très jeune.

Une perquisition a eu lieu dès hier soir à son domicile. Les enquêteurs n'en sont pas revenus les mains vides. Selon plusieurs sources concordantes, ils auraient découvert sur place des "documents" montrant que le jeune s'intéressait à l'Islam radical . Cela ne veut pas dire pour autant que le tireur soit un dangereux fanatique. Les investigations se poursuivent pour mieux définir s'il s'agissait d'une simple curiosité, d'une fascination ou d'une adhésion à ce type de thèse.

Il ne s'agissait pas d'un militaire. Pour autant, il semble qu'il connaissait bien la caserne Xaintrailles. Après avoir passé le poste de sécurité en tirant deux balles en direction du planton sans le viser directement, il se dirigeait précisément et avec détermination en direction du mess des officiers.

Plus qu'un simple pistolet

L'action d'hier à la caserne Xaintrailles était apparemment préméditée. On le voit sur la photo prise au smartphone par un témoin à l'intérieur de la caserne, l'homme s'était dissimulé le visage à l'aide d'un foulard. Il avait également masqué de la même manière l'arme qu'il portait, un pistolet automatique de calibre 9 mm, une arme de fabrication turque selon les déclarations hier de Marie-Madeleine Alliot, procureur de la République de Bordeaux. S'il n'a pas visé directement les personnes qu'il a croisées, et notamment l'agent de sécurité à l'entrée de la caserne, il a ouvert le feu au moins à quatre reprises. Il possédait également dans un sac à dos de nombreuses munitions . Les policiers y ont retrouvé 85 cartouches et deux chargeurs complets.

Quelle sécurité dans la caserne ?

L'acte d'hier tout près du centre de Bordeaux pose la question de la sécurité des personnels, nombreux, qui travaillent au sein de la caserne Xaintrailles. Le jeune homme a certes menacé le planton à l'entrée. L'alerte a été rapidement donnée. Pour autant, alors que le plan Vigipirate est toujours actif partout en France, la facilité qu'il a eu pour pénétrer sur le site pose question. Pour le moment, l'armée refuse de répondre à nos questions.