Faits divers – Justice

Des dons de RTT pour aller voir son mari à l'hôpital

Par Pierre Coquelin, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu mercredi 16 septembre 2015 à 19:58

Evelyne a récolté 65 jours de RTT pour aller voir son mari Alain à l'hôpital
Evelyne a récolté 65 jours de RTT pour aller voir son mari Alain à l'hôpital © Radio France - Pierre Coquelin

Ce jeudi, le conseil municipal de Belfort devrait autoriser ses fonctionnaires à donner des jours de congés à un collègue dont l'enfant est atteint d'une maladie grave. En 2011, des salariés d'une entreprise de Mandeure (Doubs) avaient fait don de 65 jours de congés à une collègue.

"Je lui dois sûrement la vie". Quatre ans après, dans les yeux d'Alain, 62 ans, ancien chef d'atelier de Fuji Autotech à Mandeure, ont peut encore lire toute sa reconnaissance. 

En 2007, en portant une charge, il ressent une vive douleur. Comme une déchirure. Mais, après une échographie, le diagnostic est beaucoup plus grave : un lymphome. Pour ce marathonien, c'est une course contre la montre qui débute. La chambre stérile pendant un mois, les opérations, la chimiothérapie...  Mais il peut compter sur une aide : sa femme, Evelyne, également salariée de Fuji Autotech.

En 2011, Evelyne n'a plus de congés pour aller voir son mari au CHU de Besançon. C'est alors qu'un élan de solidarité se met en place au sein de l'entreprise. Les syndicats demandent à la DRH de pouvoir faire des dons de RTT pour qu'Evelyne puisse se rendre auprès de son mari. La direction accepte.   

Au total, Evelyne recueille 65 jours de RTT. "ça m'a permis de partir le matin tranquille par le train, par la route, sans se soucier qu'on ne serait pas payé", explique Evelyne. Des dons anonymes. "Mais je sais que des personnes que je ne connaissais pas ont donné des jours", ajoute-t-elle. 

"Ce serait bien que la loi puisse s'étendre"

Pour le moment, la loi Mathys ne concerne que le cas de parents ayant la charge d'un enfant de moins de 20 ans atteint d'une grave maladie. "Maintenant, il faudrait peut-être faire des accords écrits, entre direction et syndicats. Et ne pas attendre d'être devant le fait accompli. ce serait bien également que la loi puisse s'étendre, en ne se limitant pas seulement aux enfants", explique Evelyne. 

Evelyne : "On a peut-être fait avancer les choses"

Quatre ans après, elle confie qu'elle a songé à écrire un livre sur cette épreuve. Quant à Alain, il se dit "apparemment guéri" et profite de chaque jour, au jardin ou en bricolant. 

Evelyne a bénéficié de 65 jours de RTT pour aller voir son mari à l'hôpital