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Des élèves de CP insultés et bousculés par des animateurs de temps périscolaire à Marseille

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Par , France Bleu Provence, France Bleu
Marseille, France

Plusieurs élèves de l'école primaire Eugène Cas, à Marseille, auraient été insultés et parfois violentés par des animateurs de temps périscolaire ; ça reste à prouver mais une vidéo filmée par un animateur aurait même circulé sur Internet (Snapchat) : celle d'un enfant tiré par les cheveux.

L'école primaire Eugène Cas à Marseille, aux Chartreux
L'école primaire Eugène Cas à Marseille, aux Chartreux © Radio France - Tony Selliez

La parole des enfants s'est enfant libérée la semaine dernière, dans cette école primaire du quartier des Chartreux à Marseille, dans le quatrième arrondissement. C'est un enfant de CP qui s'est le premier plaint auprès de ses parents. D'autres enfants auraient ensuite confié eux aussi vivre des brimades : parfois un langage ordurier de la part d'une animatrice, d'autres fois des menaces ou des insultes, parfois encore des violences physiques.

Deux animateurs ont déjà démissionné. La troisième animatrice est mise à pied.

Trois animateurs sont mis en cause : une femme d'une quarantaine d'années et deux hommes d'une vingtaine d'années. L'un des était déjà titulaire du BAFA (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur) à part entière. Les deux autres suivaient leur formation.

L'une des entrées de l'école Eugène Cas, à Marseille (13004)
L'une des entrées de l'école Eugène Cas, à Marseille (13004) © Radio France - Tony Selliez

"On a eu des échos de grossièreté qu'on ne pouvait même pas imaginer. Par exemple "pose ton gros cul de vache sur cette chaise" ou encore "je ne suis pas ta chienne". C'est hallucinant, on ne dirait même pas ça à des adultes" Virginie Decotte, déléguée de parents d'élèves

Reportage à l'école E. Cas aux Chartreux à Marseille

"Un autre petit que je connais, on l'aurait soulevé par les cheveux et la scène aurait été filmée" Zora, maman d'un élève de CP.

Une vidéo aurait même circulé sur Internet, sur les réseaux sociaux : l'un des animateurs aurait filmé une scène où l'on voyait un autre animateur en train de maltraiter un enfant.. selon certains témoignages, il le tirait par les cheveux. Ce film - ça reste à prouver - aurait été diffusé sur Snapchat ; cette  application a pour particularité  l'existence d'une limite de temps de visualisation du média envoyé à ses destinataires. Chaque photographie ou vidéo envoyée ne peut être visible par son destinataire et surtout seulement pendant une période de temps allant d'une à dix secondes

"Comment est-il admissible que des animateurs qui travaillent dans une école élémentaire puissent utiliser leurs téléphones portables pour filmer les enfants ? Où est-on ? Ce qui m'effraie c'est que ce n'est pas la première fois que ça arrive, nous avions déjà alerté. Il y a vraiment un problème de valeurs. On pense que c'est un milieu protégé. Et ces pratiques sont illégales". Sonia Habita Messad, déléguée de parents d'élèves

Sonia Habita Messad, déléguée de parents d'élèves à l'Ecole E. Cas (Marseille)

La Fédération des AIL, la Ligue de l'Enseignement , a pas moins de 350 animateurs qui travaillent sur Marseille. Et ces animateurs assurent la couverture du temps périscolaire dans plus de 80 écoles de la ville. La Fédération espère bien qu'il s'agit d'un acte isolé, et a fait preuve ici d'une grande fermeté, immédiatement. Les trois animateurs ont aussitôt été mis à pied, à titre conservatoire. Deux d'entre eux, les plus jeunes, ont d'ailleurs démissionné rapidement après les premiers entretiens.

"Ils travaillaient pour nous pour la deuxième année consécutive, dans le cadre des temps d'activité périscolaire. Ils donnaient satisfaction. On n'avait pas eu de signaux d'alerte. On est tombé des nues. Ils n'ont pas géré la situation. C'est mise à pied immédiate". Laetitia Alcaraz, responsable du service loisirs à la Ligue de l'Enseignement sur Marseille

"On les écarte du terrain. On mène notre enquête aussi et on signale auprès de notre Ministère de tutelle. La conséquence ultime pourrait être l'interdiction d'exercer dans le cadre d'accueil collectif de mineurs ; pour les trois", Laetitia Alcaraz, responsable du service loisirs à la Ligue de l'Enseignement sur Marseille.

Laetitia Alcaraz, responsable du service loisirs à la Ligue de l'Enseignement su

La mairie de Marseille, pour sa part, souligne la réactivité des équipes de la FAIL : la mise à pied immédiate des animateurs. En revanche, l'adjointe Danielle Casanova dénonce une nouvelle fois la réforme des rythmes scolaires : une réforme aux moyens trop limitées et pas assez ambitieuse selon elle.

"Il y a deux versions de l'affaire. Selon certains c'était un jeu. Mais des enfants auraient été tirés par les cheveux (...) Mais c'est le risque que l'on court avec cette réforme des rythmes scolaires. Les enseignants ont Bac + 5. Les animateurs à qui l'on confie les enfants, eux, il est prévu par décret qu'ils aient le BAFA, soit une semaine de formation. On a toujours regretté, nous mairie de Marseille, que cette formation soit insuffisante par rapport à leur rôle auprès des enfants" Danielle Casanova, élue en charge des écoles à Marseille.

Danielle Casanova, élue en charge des écoles à Marseille

La FAIL a dès ce mardi mis en place un atelier auprès des enfants, pour les aider à libérer la parole. Un autre est prévu la semaine prochaine. Surtout, les parents d'élèves sont invités à venir discuter avec les représentants de la Ligue de l'enseignement ce jeudi, en début d'après-midi.

Trois familles ont porté plainte en début de semaine. L'enquête est confiée à la brigade des mineurs.

L'école primaire Eugène Cas à Marseille, aux Chartreux
L'école primaire Eugène Cas à Marseille, aux Chartreux © Radio France - Tony Selliez
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