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Société

Déboutés de leur demande d'asile, des enfants de Saint-Jean-de-Braye bientôt à la rue

mercredi 25 avril 2018 à 18:36 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans

Deux familles albanaises dont les enfants sont scolarisés à Saint-Jean-de-Braye ont été déboutés de leur demande d'asile. Dans l'école, les parents d'élèves se mobilisent.

IMAGE D'ILLUSTRATION. Un enfant sur le chemin de l'école
IMAGE D'ILLUSTRATION. Un enfant sur le chemin de l'école © Radio France - Bruno Levesque

Saint-Jean-de-Braye, France

Ils ont entre 2 et 8 ans et sont albanais, comme leurs parents. À Saint-Jean-de-Braye, deux familles de trois enfants vont bientôt se retrouver à la rue. Après avoir fui l'Albanie, ils se sont installés en France en juillet 2017, où ils ont déposé une demande d'asile. "En Albanie, des gens nous veulent du mal. Nous ne sommes pas en sécurité, j'ai peur qu'il arrive quelque chose aux enfants." raconte Kozeta, l'une des deux mères de famille.

Pas d'asile pour les deux familles

L'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) a statué sur les deux dossiers, et les demandes d'asile ont été rejetées. Tous les recours sont désormais épuisés.

Jusqu'à maintenant ils étaient hébergés par le Prahda, le Programme d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile. Mais après avoir été déboutés, ils vont devoir quitter les logements d'ici quelques semaines. Les six enfants et les quatre adultes risquent alors de se retrouver à la rue, et ne pourront compter que sur le SAMU social, le "115", sans aucune garantie de trouver de la place tous les jours. 

Soutien des parents d'élèves

La situation révolte certains parents d'élèves de l'école Paul Langevin de Saint-Jean-de-Braye où les enfants sont scolarisés. Ils se mobilisent, distribuent des tracts, organisent des réunions d'information. Pour Virginie : "Il s'agit de copains et de copines de classe de mes enfants. Ça parait aberrant qu'ils ne puissent pas terminer leur année scolaire." Cette maman de deux enfants tente de leur expliquer situation : "Ma fille de 6 ans comprend quelques petites choses. C'est difficile de lui dire qu'ils risquent de rentrer chez eux et qu'ils sont malheureux dans leur pays."

"Nous aimerions rester en France."

La situation risque de s'aggraver encore dans quelques jours. Les deux familles devraient en effet recevoir l'OQTF, l'Obligation de quitter le territoire français. Mais Pranvera, la deuxième mère de famille se voit mal rentrer en Albanie : "Nous aimerions rester en France. Les enfants vont à l'école, ils travaillent bien, ont des copains. Je voudrais vraiment que ça continue comme ça."

L'objectif c'est donc au moins de pouvoir rester en France jusqu'à la fin de l'année scolaire. Pour la suite, il y a peu d'espoir qu'ils obtiennent le droit d'asile ou un titre de séjour. Mais Pierre Ropars de l'association Abraysie ouverte explique que certains déboutés restent tout de même sur le territoire : "En général les gens ont fait des tas d'efforts pour arriver en France. Ils n'ont pas du tout l'intention de partir. On en connaît qui sont là depuis 15 ans. Ils vivent de la solidarité, de leurs compatriotes, et des associations qui peuvent les aider."

Une rencontre avec la mairie

Avec le rejet de leur demande d'asile, les deux familles perdent leur logement, mais aussi leur allocation. Ça représente environ 600€ par mois pour cinq personnes.

Une rencontre entre les familles, des parents d'élèves et des élus de Saint-Jean-de-Braye est prévue ce jeudi pour essayer de trouver une solution au problème d'hébergement.