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Des étudiantes dénoncent des agressions sexuelles à l'école des Mines d'Alès

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Par , , France Bleu Gard Lozère, France Bleu

Un collectif d'étudiantes dénonce sur les réseaux sociaux une série d'agressions sexuelles qui auraient été commises sur le campus de l'IMT Mines d'Alès.

Collectif féministe à IMT Mines Alès
Collectif féministe à IMT Mines Alès - Clitoliste

À l’IMT Mines d’Alès, des étudiantes dénoncent des violences sexuelles. Un collectif d’étudiantes féministes a été créé. Il s'appelle Clitoliste. Et ce collectif publie sur sa page Facebook un communiqué avec ces mots : "À l'École des Mines d'Alès, les violeurs même reconnus coupables peuvent être diplômés". 

Le collectif comptabilise ainsi "17 agressions sexuelles, 7 viols, 2 procédures judiciaires", en s'appuyant sur les témoignages recueillis ces derniers mois, une cinquantaine au total. Ils dénoncent des présumées violences sexuelles et sexistes sur le campus d'Alès depuis avril 2020. "C'est trop, c'est trop", martèle Coline, une étudiante du collectif.

"Au bout d’un moment, il dit ok, il se pose sur l’autre matelas et je peux enfin me coucher. Je m’endors en deux minutes, je suis hyper fatiguée et saoule donc sommeil profond. Un peu plus tard, je me réveille brusquement, je mets un temps à comprendre ce qui est en train de se passer… Il était monté dans mon lit, s’était collé dans mon dos, et avait commencé à se frotter à moi en ayant passé ses mains sous mes vêtements et en essayant de me pénétrer." Témoignage numéro 19

Deux étudiants déjà écartés de l'établissement

Deux étudiants mis en cause ont déjà été écartés de l'école après un conseil de discipline en septembre dernier. "Moi j'ai utilisé ça (NDLR : à la rentrée de septembre dernier) pour sensibiliser les élèves, argumente le directeur de l'école des Mines d'Alès Thierry de Mazancourt, je leur ai dit que j'allais commencer par leur faire lire le témoignage d'un viol, pour qu'ils se rendent compte de la gravité des faits ; ça s'est passé dans l'école."

Des procédures judiciaires sont en cours. Des étudiantes avaient porté plainte une première fois en juin 2019, et une seconde fois en mars 2020 pour des agressions. L'affaire datée de mars 2020, une plainte pour viol, est en cours d'instruction.

À l’IMT Mines d’Alès, des étudiantes dénoncent des violences sexuelles. Un collectif d’étudiantes féministes a été créé. Il s'appelle Clitoliste

Le collectif a rassemblé tous les témoignages sur sa page Facebook. Ils sont évidemment tous anonymes, pour à la fois libérer la parole et protéger celles qui osent raconter. "Les élèves me reprochaient de ne pas avoir fait de signalement, explique le directeur des Mines d'Alès sur France Bleu Gard Lozère.

Les témoignages étaient complètement anonymes. On ne sait pas qui se plaint, ni contre qui. Je n'ai pas senti que les plaignants cherchaient un soutien dans ce sens-là (NDLR : plainte). Je me suis dit, si les plaignantes souhaitent aller en justice, en fait elles avaient grâce à ce collectif des camarades prêts à les soutenir. Et je n'ai pas eu le sentiment non plus qu'au niveau de l'école on était mieux placé que ce collectif pour les aider dans cette démarche".

Thierry de Mazancourt, directeur IMT-Mines Alès.

"Plus tard dans la nuit, j’ai été réveillée par sa main qui agrippait mon sexe, et sa respiration sur mon cou." Témoignage numéro 34

Parmi les témoignages recueillis, on peut lire par exemple : "L'homme de tout à l'heure revient, me parle très près de mon oreille à cause de la musique, je m'éloigne, il rapproche sa tête jusqu'à ce que je me retrouve contre le mur. Finalement je décide de l'écouter jusqu'à ce que je trouve un moyen de fuir cette discussion désagréable.

De là, je vois mon pote, avec qui j'avais le plus d'affinités dans le groupe d'amis, qui rigole en me faisant des gestes de fellation... sous-entendu : je vais finir chez ce mec. Un peu saoulée, je me faufile hors de ce mec et du mur et retrouve le groupe. Cette fois-ci, je fuis clairement, je me cache de ce mec collant."

"Un copain est venu me voir à plusieurs soirées, quand il était très bourré, pour essayer de m’embrasser. À chaque fois, j’ai réussi à l’en empêcher, mais la dernière fois que cela s’est produit, il a tenté de me forcer en me serrant les bras pour m’empêcher de bouger." Témoignage numéro 46

Un  autre témoignage : "Il me demande si je veux venir chez lui. Je refuse, je lui tourne le dos pour partir, mais il me retient par le bras. Il me fait mal, et il amène ma main pour qu’elle touche son entrejambe. ‘Tu as vu ce que tu me fais ?’ Non je n’ai rien fait, je veux rentrer chez moi, laisse-moi tranquille. Il me suit jusque chez moi, il veut rentrer, mais je ferme la porte, il me dit qu’il va dormir sur le palier pour être là demain matin". 

"Pendant la passation sport, mon parrain était complètement arraché en sdb. Il a commencé à me faire un câlin et à me toucher les fesses. J’étais extrêmement gênée et je cherchais de l'aide du regard en essayant de l’écarter. J’en ai parlé à une amie qui avait vu la situation mais n’a pas osé intervenir." Témoignage numéro 37

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"Je ne pense pas qu'on puisse parler de harcèlement organisé au sein de l'école, ni même que ce soit considéré comme normal, souligne Bertille, une autre étudiante membre du collectif. En témoignent les nombreux retours choqués et très surpris de la part de l'administration de l'école et de beaucoup d'élèves. C'est juste que ce sont des gestes que l'on minimise énormément. Et maintenant qu'on en est averti, chacun pourra ouvrir l'œil, les pointer du doigt et les supprimer".

Bertille, une autre étudiante membre du collectif Clitoliste

À Toulouse, également, une jeune femme, dont une lettre ouverte a été diffusée sur les réseaux sociaux, indique avoir été violée par un autre étudiant lors de son intégration à l'Institut d'Études Politiques.

"La parole se libère dans beaucoup d'écoles du Supérieur, constate Emma avant de préciser : on sait que ça a lieu partout. Notre école n'est pas une exception. Concrètement, on voudrait juste que les écoles appliquent leur devoir de protection de leurs élèves, en faisant de la prévention et en accompagnant les victimes potentielles. On espère vraiment que toutes les écoles vont se remettre en question, avec une communication à la hauteur du problème."

Emme du collectif Clitoliste

Selon l'Observatoire étudiant des violences sexuelles et sexistes dans l'enseignement supérieur, une étudiante sur vingt a déjà été victime de viol et une sur dix d'agression sexuelle.

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