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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Des gilets jaunes jugés au tribunal de Toulouse

mercredi 26 décembre 2018 à 20:20 Par Suzanne Shojaei, France Bleu Occitanie

Après l'acte VI de la mobilisation des gilets jaunes à Toulouse, le tribunal de Haute-Garonne a jugé ce mercredi certains manifestants en comparution immédiate.

Manifestation des gilets jaunes à Toulouse. Quartier Jean Jaurès sous les gaz lacrymogènes.
Manifestation des gilets jaunes à Toulouse. Quartier Jean Jaurès sous les gaz lacrymogènes. © Radio France - Suzanne Shojaei

Toulouse, France

Les premiers jugements tombent, en ce mercredi après-midi, au tribunal de Toulouse. Des gilets jaunes sont jugés pour leur participation à la dernière journée de mobilisation dans la ville rose, le samedi 22 décembre. Deux d'entre eux s'appellent Yanis et Rémi, tous deux 27 ans. Le premier est poursuivi pour avoir jeté des fumigènes en direction des policiers, mais également pour son sac à dos, rempli de nombreux objets : deux barres métalliques, un lance-pierre, une cagoule, des bombes de peinture, une paire de ciseaux, un chalumeau, un marteau, etc. 

"Tout cet attirail peut blesser", fait remarquer la procureure. Le prévenu, ancien pompier de Paris, répond : "Je ne voulais blesser personne. Seulement faire du grabuge, parce qu'il en faut pour se faire entendre."

Des prévenus au casier vierge

Le Président du tribunal le questionne alors sur le fumigène qu'il a lancé sur les forces de l'ordre. "Je ne l'ai pas lancé, rectifie-t-il, je l'ai fait rouler pour que la fumée leur brouille la vue." 

Yanis a un casier judiciaire vierge, comme Rémi. Ce demandeur d'emploi n'a jamais été condamné. Il est poursuivi pour avoir lancé une bouteille en verre sur les forces de l'ordre et pour avoir participé à l'installation d'une barricade

"Étiez-vous venu pour en découdre ?", lui demande le président du tribunal "Non, répond Rémi. J'ai honte de ce que j'ai fait." Rémi est condamné à un mois de prison ferme, Yanis à trois mois. Ils ont tous les deux interdiction de manifester en Haute-Garonne pendant deux ans.

Les manifestants divisés sur les condamnations

À la sortie de l'audience, Laurent est satisfait. Ce gilet jaune est venu, comme d'autres, assister au procès de ses camarades de lutte, même s'il ne les connaît pas. Et pour l'instant, ce manifestant du Lauragais estime que la justice fait son travail.

"Certains auraient mérité pire, estime Laurent, parce que quelques-uns sont venus avec des armes dans un lieu de manifestation. Moi, je n'avais aucune arme, même pas de casque !"

"J'ai honte de ma France !"

Selon le manifestant, la justice entend les gilets jaunes. "Je pense qu'on est compris de la justice. Elle essaie de faire un maximum le tri, de ne pas mettre tout le monde dans le même bateau. Je trouve qu'ils ont bien fait leur travail jusqu'à présent."

Mais tout le monde ne pense pas comme Laurent. Plus tôt, à l'audience, trois personnes présentes dans le public sont sorties de la salle à l'annonce des peines. "J'ai honte de ma France !", a crié une femme. "Ah ! Elle est belle, la justice !", a renchéri un homme, avant de quitter la salle. 

Le conseil des avocats

Depuis le début des manifestations, certains avocats distribuent des tracts pour faire connaître aux gilets jaunes leurs droits. C'est le cas d'Hélène, qui fait partie de la section toulousaine du syndicat des avocats de France.

"On a pu constater des gardes à vue en ciel ouvert et des interpellations préventives. Or, ce ne sont pas pas forcément des personnes qui ont l'habitude d'être sur des manifestations. C'est pour ça qu'on est là."

D'autres manifestants doivent être jugés dans les prochaines semaines.