Faits divers – Justice

Chômage : des marins sénégalais sur les bateaux de pêche normands

Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) vendredi 25 mars 2016 à 11:17

Pas simple de trouver de la main d'œuvre sur les quais de Port-en-Bessin.
Pas simple de trouver de la main d'œuvre sur les quais de Port-en-Bessin. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Le chômage connait sa plus forte hausse depuis deux ans en France apprend-on ce jeudi. En Normandie, il augmente encore plus fortement, plus 1,5%. Et pourtant, certains secteurs peinent à recruter, comme le milieu de la pêche, où des patrons sont obligés d'embaucher des marins étrangers.

Après avoir baissé en janvier, le chômage repart à la hausse en février apprend-on ce jeudi. En Normandie, il augmente de 1,5% pour les demandeurs d'emploi sans aucune activité (en un an). On évoque souvent la pénurie de main d’œuvre dans le secteur de l’hôtellerie-restauration mais le secteur de la pêche n'est pas mieux loti. Les conditions de travail sont difficiles, le salaire n'est pas fixe tout au long de l'année - meilleur en période faste comme pendant la saison de la coquille, plus maigre en période creuse - et les patrons pêcheurs peinent à recruter.

Je vais recruter un marin sénégalais, pourquoi pas essayer... On ne trouve pas de marins français à l'année de toute façon.

Grégory Chitel est patron-pêcheur du Virgule, un chalutier de 13 mètres, immatriculé à Port-en-Bessin (Calvados). Son équipage est composé de trois marins. Mais il a du mal à trouver du monde à l'année. Il a donc décidé de recruter un marin sénégalais. Et il n'est pas le seul. Deux ou trois bateaux dans le port normand ont déjà opté pour cette solution.

Grégory Chitel, patron pêcheur du Virgule à Port en Bessin

Conditions de travail difficiles, à terre comme en mer. - Radio France
Conditions de travail difficiles, à terre comme en mer. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Pour tenter de trouver de la main d’œuvre locale, une initiative originale : un "navire de l'emploi"

Mise en place par la coopérative des pêcheurs de Port-en-Bessin, en partenariat avec Pôle Emploi et la mission locale, l'idée du "navire de l'emploi" est de présenter les métiers de la pêche aux demandeurs d'emploi. Une dizaine de personnes ont participé au premier "navire" pour l'emploi, début mars. La moitié a pris des contacts pour faire un stage sur un bateau. Car, comme l'explique Christophe Van Roye, directeur général de Copéport, la coopérative des pêcheurs de Port-en-Bessin, "avant de s'embarquer dans ce métier, il faut mieux être sûr de ne pas avoir le mal de mer !"

Christophe Van Roye, directeur général de Copéport.

Si, à l'issue du stage, les candidats sont toujours motivés, il leur faudra alors passer un brevet maritime. La formation, dispensée à Cherbourg, dure trois mois. Et ensuite, ils pourront embarquer à bord des bateaux de pêches, à Port-en-Bessin, et ailleurs. Sachant que le marin peut ensuite progresser à bord : de matelot, à mécanicien, il peut accéder au poste de second. Et pourquoi pas , un jour, patron de son bateau...

Reportage sur les quais de Port-en-Bessin.