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Faits divers – Justice DOSSIER : Immeubles effondrés à Marseille

PHOTOS - Des Marseillais ouvrent la porte de leur immeuble insalubre pour dénoncer l'inaction des pouvoirs publics

Bientôt six mois après le drame de la rue d'Aubagne, des habitants du boulevard des Dames, à bout, dénoncent l'insalubrité de leur immeuble et l'immobilisme des pouvoirs publics.

Une habitante de l'immeuble très inquiète de voir l'escalier soutenu par des étais
Une habitante de l'immeuble très inquiète de voir l'escalier soutenu par des étais © Radio France - Sébastien Cabrita dos Santos

Marseille, France

"Nous n'avons pas tiré les leçons du drame de la rue d'Aubagne". Le cri du cœur d'une partie des habitants d'un immeuble du boulevard des Dames à Marseille. Ils ont bien failli être évacués et dormir dans un gymnase cette semaine, alors que des professionnels ont posé des étais censés soutenir l'escalier principal. 

Des étais posés pour soutenir l'escalier principal de cet immeuble boulevard des Dames à Marseille  - Radio France
Des étais posés pour soutenir l'escalier principal de cet immeuble boulevard des Dames à Marseille © Radio France - Sébastien Cabrita dos Santos

"L'escalier et les parties communes sont en train de s'effondrer, s'affole Sarah, l'une des vingt habitantes de l'immeuble. On remarque que dès que quelqu'un marche un peu trop fort, il y a du bois et du plâtre qui tombe. C'est pour moi très similaire au scénario du drame de la rue d'Aubagne"

"Ça me fait penser au scénario de la rue d'Aubagne" - Sarah, habitante de l'immeuble 

Quasi impensable également pour Zoubida, maman d'une petite fille de 10 mois, aux revenus très modestes, d'emprunter, chaque jour, cet escalier qui promet de "lui tomber sur la tête". La jeune femme confesse passer de plus en plus de temps chez ses sœurs, pour éviter de rejoindre "un immeuble indigne", et un appartement insalubre : "Mon salon est tout noir à cause des dégâts des eaux. Ma fille a eu quatre bronchiolites, certificats médicaux à l'appui"

Le salon de Zoubida s'effrite, entre dégâts des eaux et poussière de plâtre  - Radio France
Le salon de Zoubida s'effrite, entre dégâts des eaux et poussière de plâtre © Radio France - Sébastien Cabrita dos Santos

Une cellule psychologique créée dans l'immeuble

Pour permettre aux habitants de se soutenir les uns les autres, Jeanine a même créé une cellule psychologique : "Les voisines craquent et viennent me voir à deux ou trois heures du matin... Il faut les consoler et calmer les angoisses. Moi-même je ne dors plus. J'attends qu'une chose, c'est qu'on me propose un autre logement et quitter celui-ci."

Certains habitants ont, eux, déjà été relogés, à l'image de Lydia et sa famille, puisqu'un arrêté de péril partiel a été émis pour une partie de l'immeuble. Mais là encore, sans solution pérenne : "On a fait six hôtels en trois mois, avec un enfant de 18 mois dans les bras. On est obligés de courir à gauche et à droite pour faire tous les papiers nécessaires... C'est très difficile, on se sent trahis"

Comme elle, 650 sinistrés dorment, encore aujourd'hui, à l'hôtel. Tous réclament à la mairie de Marseille d'être relogés un appartement décent, qui entre dans leurs loyers modestes. Selon l'adjointe au maire de la ville, Arlette Fructus, près de 2.000 personnes ont déjà trouvé une solution pour se reloger après les terribles événements de la rue d'Aubagne, le 5 novembre 2018