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Des médecins en renfort au commissariat de Brest pour gérer les ivresses publiques

Par Valérie Le Nigen, France Bleu Breizh Izel et France Bleu jeudi 15 septembre 2016 à 16:36

L' adjointe au maire chargée de la prévention des risques et le commissaire central
L' adjointe au maire chargée de la prévention des risques et le commissaire central © Radio France - Valérie Le Nigen

Des vacations de médecins de nuit sont désormais organisées pour aider les policiers du commissariat central de Brest à gérer les ivresses publiques, les vendredis, samedis, dimanches soir. Le dispositif est financé par la ville. Un véritable gain de temps pour les patrouilles de police.

C'est la loi : toute personne  interpellée par la police  pour ivresse publique doit faire l'objet d'un examen médical avant son placement en cellule de dégrisement. Les policiers doivent donc emmener les personnes ivres jusqu'aux urgences au CHU ou à l'hôpital des armées.  Une galère. Les policiers passent en moyenne 50 minutes à l'hôpital pour obtenir le fameux certificat et ramener le fauteur de troubles en cellule. Certains week-end, la patrouille, composée de trois policiers, reste deux heures aux urgences. Parfois, trois ou quatre patrouilles sont mobilisés en même temps.

Des médecins de garde 

Lorient, Lille, Lyon, Dijon expérimentent déjà des systèmes de garde de médecins, sous des formes diverses. La ville de  Brest vient de  solliciter  les médecins. Ils sont cinq à s'être portés volontaires pour assurer des gardes téléphoniques les vendredis, samedis, dimanches de 20 heures à 7 heures. Les médecins sont appelés lorsqu'un cas se présente. Ils examinent les personnes dans un local dédié, situé à coté des quatre cellules de dégrisement.  Les médecins sont payés par la ville  : 150 euros l'astreinte et un forfait par déplacement effectif. Le coût est évalué à 40.000 euros annuels pour la ville.

Un temps précieux pour les policiers

Selon le commissaire central Régis Allegri, Brest enregistre  un millier d'ivresses publiques manifestes ( IPM)  par an. 370 se concentrent les vendredis, samedis, dimanches. Curieusement, le phénomène est plus accentué le dimanche que le jeudi, malgré les fêtes étudiantes. " Peut-être que les brestois sont finalement plus indulgents et ont intégré les jeudis festifs, alors que le dimanche soir, les riverains veulent pouvoir dormir avant d'attaquer leur semaine. En tout cas, nous avons plus d'appels le dimanche que le jeudi, pour des ivresses manifestes".

Voir un addictologue plutôt que de payer les 150 euros d'amende

L'adjointe au maire de Brest chargée de la prévention des risques et de la tranquillité urbaine, Patricia Salaun Kerhornou, a lancé d'autres pistes de travail. Notamment la possibilité de proposer aux personnes interpellées de choisir entre l'amende pour Ivresse Publique Manifeste ( 150 euros) ou une consultation en addictologie. Le dispositif est déjà en place à Lille. Pour l'instant, la majorité préfère payer plutôt que d'aller consulter. " Mais nous allons continuer la réflexion" précise Patricia Salaun Kerhornou.

Ivresse publique manifeste : mode d'emploi 

En cas d'interpellation pour IPM,  vous pouvez éviter les cellules de dégrisement si quelqu'un de votre entourage, totalement sobre, peut venir vous prendre en charge. Hélas, souvent, les personnes concernées sont trop alcoolisées pour penser à proposer et à donner les contacts adéquats aux policiers...

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