Faits divers – Justice

Des migrants réinvestissent le parc St John Perse à Reims

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne mercredi 4 octobre 2017 à 10:48

Une quinzaine de demandeurs d'asile vivent sous des tentes parc St John Perse
Une quinzaine de demandeurs d'asile vivent sous des tentes parc St John Perse © Radio France - Victorien Willaume

Plus de deux semaines après la fermeture de l'Université à cause de la présence de demandeurs d'asile, de nouveaux migrants se sont installés à deux pas de là, dans le parc St John Perse, sous des toiles de tente. Les bénévoles qui leur viennent en aide demandent à l'Etat de respecter la loi.

Quelques toiles de tente, du linge qui sèche sur des fils bricolés, pas d'eau ni d'accès à des toilettes, c'est dans ces conditions qu'une quinzaine de demandeurs d'asile vivent depuis cinq jours dans le parc St John Perse de Reims. Un terrain municipal qui longe la voie du tramway à quelques centaines de mètres de l'Université rémoise et qui est régulièrement investit par des migrants.

Des bénévoles les aident, mais voudraient que l'Etat respecte la loi

Ils viennent d'Albanie, de Tchétchénie ou encore du Congo Brazaville comme Adèle, 60 ans, qui a quitté son pays il y a cinq mois pour échapper à des menaces de mort : "Parfois on dormait à la gare. L'armée du Salut nous donne de temps en temps à manger, mais on ne peut pas tout le temps bouger, on ne peut pas prendre le bus parce qu'on n'a pas les moyens, donc on est obligé de s'installer là", explique-t-elle.

Alors depuis des mois, la solidarité s'organise autour d'eux, le Collectif 51 s'est même créé pour fédérer les différentes associations qui leur viennent en aide. Fabien Tarrit est l'un des membres de ce collectif et il aimerait que l'Etat respecte la loi de juillet 2015 qui prévoit que les demandeurs d'asile bénéficient d'un hébergement pendant toute la durée d'examen de leur demande : "Ils sont forcés, parce que l'Etat est hors la loi, d'occuper des terrains qu'ils ne devraient pas occuper. Le fait même qu'ils soient en détresse est suffisant pour bénéficier d'un logement", précise-t-il.

Fabien Tarrit, l'un des bénévoles qui vient en aide aux demandeurs d'asile

Un problème récurrent à Reims

"Notre objectif n'était pas de rouvrir le camp", ajoute Pascal Brière, lui aussi bénévole "On est obligé parce que les gens sont là". Les arrivées de migrants sont de plus en plus nombreuses dans la Marne : 493 au 15 septembre 2017 selon la Préfecture, contre 444 sur toute l'année 2016. Seulement le département ne compte que 619 hébergements d'urgence, toujours selon les chiffres communiqués par la Préfecture.

Le mois dernier, une trentaine de migrants avaient été relogés dans des centres d'accueil ou des hôtels après avoir occupé un terrain sur le campus Croix Rouge (entraînant la fermeture de l'Université pendant trois jours) car ils étaient sur le point de se faire expulser du parc St John Perse.

Victorien Willaume s'est rendu sur le camp de migrants dans le parc St John Perse à Reims