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Faits divers – Justice

Bas-Rhin : des militants anti-chasse convoqués par la justice pour avoir joué de la musique pendant une battue

lundi 15 avril 2019 à 22:44 - Mis à jour le jeudi 18 avril 2019 à 12:59 Par Solène de Larquier, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass

Quatre militants alsaciens du Vegan Bastard Krew ont été convoqués par les gendarmes pour avoir empêché une battue de sangliers en jouant de la musique. Ils dénoncent un projet de loi qui pourrait aggraver les sanctions contre l'entrave à la chasse.

Un panneau "Chasse en cours" de la fédération des chasseurs (image illustration)
Un panneau "Chasse en cours" de la fédération des chasseurs (image illustration) © Maxppp - Alexandre MARCHI

Bas-Rhin, France

Pourraient-ils encourir 30.000 euros d'amende et un an de prison pour avoir joué de la musique en forêt ? C'est ce que craignent quatre militants alsaciens du Vegan Bastard Krew auditionnés pour avoir empêché la tenue d'une battue de sangliers. 

L'affaire débute le 15 décembre lorsque 12 militants de ce groupe antispéciste décident de mener leur première action anti-chasse. "Nous sommes entrés dans la forêt avec des instruments de musique pour jouer et effrayer les animaux afin qu'ils ne viennent pas dans la partie de la forêt qui allait été chassée" explique Maxence Majord, le président de Vegan Bastards Krew. Selon le porte-parole de l'association, les chasseurs les invectivent, mais il n'y a aucun contact physique. 

"Notre vie vaut autant que celle des animaux"

"Le mot d'ordre était de ne pas entrer en contact avec eux pour éviter le moindre problème, c'était vraiment une action pacifique" détaille le militant de la cause animale. Les gendarmes ont fini par intervenir, "ils nous ont contrôlés, ils ont demandé notre identité et bien expliqué que c'était très dangereux d'intervenir pendant une battue. On leur a répondu qu'on savait ce qu'on risquait mais que notre vie valait tout autant que celle de ces animaux." A ce moment-là, l'entrave à la chasse est classée comme une contravention.

Quatre militants ont finalement été convoqués et entendus par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. "Les agents n'étaient pas du tout partisans, ni pour ni contre, nous avons été surpris, en bien, par la manière dont a été menée l'audition", avoue Maxence Majord. Les militants antispécistes alsaciens attendent désormais la décision du magistrat de poursuivre, ou non, l'action de justice envers eux. Selon les textes en vigueur au moment des faits, ils risquent une contravention.

L'entrave à la chasse sera peut-être bientôt passible de 30.000 euros d'amende et un an de prison

Téléscopage de l'actualité, un projet de loi actuellement débattu au Parlement pourrait alourdir les sanctions contre les actes d'entrave à la chasse. Selon le président de Vegan Bastards Krew, "nous ne risquions qu'une contravention mais là, les sénateurs ont voté une loi en première lecture (il s'agit d'un amendement, voté le 11 avril, au projet de loi sur l'Office français de la biodiversité) qui durcit énormément ce que risquent les militants anti-chasse. Ce serait du délit et nous risquons jusqu'à un an d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende." 

Il s'agit pour l'instant d'un projet qui doit être validé par l'Assemblée nationale ou, à défaut, par une commission mixte paritaire. Il n'est d'ailleurs pas dit que l'action de ces militants, menée en décembre, pourrait tomber sous le coup de cette nouvelle loi. 

Pour Maxence Majord, ce texte va surtout à l'encontre de l'évolution de la société : "On voit que les élus n'en font qu'à leur tête par rapport à ce que les Français demandent. A chaque sondage, les Français sont entre 60 et 80 % à être contre la chasse. Du coup, on ne comprend pas pourquoi les élus s’obstinent à faire en sorte que les chasseurs aient de plus en plus de droit." Il estime également que cette loi restreindrait les libertés individuelles.

Les chasseurs satisfaits par le durcissement de la loi

Les libertés individuelles représentent justement le nerf de la guerre pour le président de la fédération des chasseurs du Bas-Rhin, Gérard Lang : "La liberté des uns s'arrête au jardin des autres. C'est encore la démocratie puisque ce sera au juge d'estimer la peine en fonction du préjudice ou de l'atteinte à l'intégrité physique du chasseur".

"Nous avons des obligations de prélèvement du gibier", ajoute encore Gérard Lang. "Si vous ne tenez pas votre plan de chasse pour les cervidés, on peut vous prendre votre lot de chasse. Cela peut avoir des conséquences directes ou indirectes sur les chasseurs" explique le chasseur en invoquant "_l'équilibre agro-sylvo-cynégétiqu_e.

Le président de la fédération départementale ajoute également : "Il y a une autre raison, _les chasseurs du Bas-Rhin paient deux à trois millions d'euros par ans aux agriculteurs pour les dégâts que les sangliers causent_. Si nous ne pouvons pas réduire nos populations à cause d'actions anti-chasse, il serait normal qu'ils nous aident à payer, non ?"