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Des milliers de policiers attendus devant l'Assemblée nationale

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Deux semaines après le meurtre du brigadier Eric Masson à Avignon, des milliers de policiers sont attendus mercredi devant l'Assemblée nationale à l'appel des syndicats, qui réclament davantage de sévérité pour les "agresseurs des forces de l'ordre".

Manifestation de policiers devant le palais de Justice de Paris, le 20 avril 2021.
Manifestation de policiers devant le palais de Justice de Paris, le 20 avril 2021. © Maxppp - Vincent Isore/IP3

"En colère" et "écœurés" après le meurtre d'Eric Masson, tué sur un point de deal à Avignon le 5 mai, les policiers doivent manifester mercredi devant l'Assemblée nationale à Paris. Les syndicats, qui appellent les "citoyens" à venir les "soutenir" lors du rassemblement prévu de 13h à 15h, réclament une "réponse pénale" plus ferme à l'encontre des "agresseurs des forces de l'ordre". "Tous les soirs des policiers sont pris dans des guet-apens ou victimes de jets de projectiles", a assuré Grégory Joron d'Unité SGP-FO à l'AFP. Selon lui la justice "n'utilise pas les bons outils", en "décriminalisant" certaines infractions comme les guet-apens, pour lesquels les peines encourues sont pourtant importantes.

En 2019, 11.217 policiers et gendarmes ont été blessés en mission contre 9.961 en 2017, selon le ministère de l'Intérieur. Des chiffres qui ne détaillent pas le nombre de blessures causées par une agression ou par un accident et qui courent sur la période des manifestations "gilets jaunes". En 2020, année considérée comme particulière en raison des confinements, 8.719 policiers ont été blessés en mission.

Peines minimales pour les agresseurs des forces de l'ordre

Lors d'une réunion avec les syndicats à Matignon le 10 mai, le Premier ministre Jean Castex s'est notamment engagé à étendre à trente ans la période de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime contre un policier ou un gendarme, et à limiter strictement les possibilités de réduction des peines pour ceux qui s'attaquent aux forces de l'ordre.

Mais les syndicats déplorent que leur "revendication la plus importante", "la mise en œuvre de peines minimales pour les agresseurs des forces de l'ordre", n'ait pas été "prise en compte". Pour Fabien Vanhemelryck, Secrétaire général du syndicat Alliance, les peines minimales, aussi appelées peines planchers, sont "la seule solution pour arrêter l'impunité et l'insécurité". "Le nœud gordien, ce n'est pas l'augmentation du quantum de la peine, mais l'application des peines existantes, notamment pour tout ce qui est en bas du spectre, c'est-à-dire les agressions du quotidien", estime aussi Patrice Ribeiro, Secrétaire général de Synergie Officiers, interrogé par l'AFP. "C'est là où le sentiment d'impunité se crée et se nourrit", selon le syndicaliste.  

Une demande non-retenue par l'exécutif, et une mesure "constitutionnellement bancale et qui n'aura pas d'effets" selon Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip). Les peines planchers, mises en place sous Nicolas Sarkozy et abrogées sous son successeur François Hollande en 2014, avaient été "relativement peu mises en œuvre", les juges pouvant y déroger, a-t-il expliqué à l'AFP.

Gérald Darmanin et Jordan Bardella présents

Des élus de tous bords, des Républicains au numéro deux du Rassemblement national Jordan Bardella, en passant par le Parti socialiste et le Parti Communiste (PCF), ont annoncé leur présence. "Je serai mercredi à cette manifestation. C'est une manifestation pour la République", a également confirmé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lundi lors d'un déplacement dans l'Eure, soulignant que "la colère des policiers est légitime". "Je vais leur dire à la fois mon soutien et ma présence et leur dire que nous sommes tous dans le même bateau pour lutter contre l'insécurité", a-t-il ajouté. 

"Nous n'offrons pas de tribune" aux politiques qui se mêleront au rassemblement des policiers, "y compris" au ministre de l'Intérieur a réagi mardi Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergies Officiers. "On a invité tout le monde (...) Le ministre de l'Intérieur a dit qu'il passerait, grand bien lui fasse, au contraire. Il est le bienvenu, mais en tout état de cause pour tous les politiques, y compris le ministre de l'Intérieur, (il n'y a) pas de tribune, de piédestal", a-t-il détaillé au micro de RMC. "Ils viennent saluer le 'peuple policier', voir nos collègues, peuvent discuter avec eux, mais nous ne leur offrons pas une tribune", a-t-il insisté. 

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