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CARTE - Canicule : Météo France maintient 15 départements en vigilance rouge et 54 en orange

Des peines de prison ferme en appel pour des policiers après une arrestation illégale et violente à Marseille

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Par , France Bleu Provence, France Bleu

Deux policiers ont été condamnés ce mardi en appel à des peines de prison ferme. Le 12 avril dernier après une interpellation musclée sur le Vieux-Port, ils ont conduit sur un terrain vague un jeune Afghan pour le frapper violemment.

Illustration police
Illustration police © Radio France

"J'ai eu peur de perdre ma vie là-bas", dit devant la cour Jamshed, le jeune Afghan de 27 ans à l'aide d'un interprète. Là-bas, c'est sur ce terrain vague de Châteauneuf-les-Martigues où le 12 avril dernier le jeune homme après avoir été interpellé avec force sur le Vieux-Port de Marseille par trois policiers est conduit.

Les fonctionnaires qui opéraient dans le cadre du contrôle du confinement, étaient intervenus après que des passants aient assuré que le jeune Afghan leur avait craché dessus quand ils avaient refusé de lui donner une cigarette. Jamshed est alors projeté contre le véhicule de police après une clé de bras, puis placé à l'intérieur. 

Selon l'adjointe de sécurité qui a procédé au menottage, le chef de bord, le brigadier Michel Provenzano, 46 ans, le plus lourdement condamné ce mardi, "s'est énervé à partir de là". En cause ? Des doigts d'honneur et des invectives lancés par Jamshed.

"J'ai idée de me battre"

C'est donc à 30 kilomètres du Vieux-Port que le calvaire va commencer pour le jeune homme. Pourquoi là bas ? "On l'a emmené sans trop savoir où", déclare Michel Provenzano à la barre : "Tout le trajet, je suis absent de moi-même". Sur place, le brigadier, qui évoque un "effet tunnel", dépose dans le vide-poche ses lunettes de soleil et son arme de service : "J'ai idée de me battre".

Derrière une butte, le brigadier, "à bout", raconte qu'il "dé-menotte, attrape par le col et secoue le jeune Afghan qui aurait alors reçu au moins "une gifle", selon le conducteur, Mathieu Coelho, qui a entendu "des cris des deux côtés".  "Je ne suis pas connu pour être un fou sur le terrain", mais ce jour-là j'ai commis une grosse faute, j'étais hors des clous" dit-il. 

Un orange mécanique en uniforme

Dans la foulée, les policiers rédigent un faux procès-verbal dans lequel ils indiquent avoir laissé le jeune réfugié à l'hôtel de police. Dans un réquisitoire sévère contre les forces de l'ordre, l'avocat général Thierry Villardo a dénoncé une "arrestation arbitraire" dans le but d'une "justice privée", évoquant même un "Orange mécanique en uniforme". 

Des peines de prison ferme

Les peines des policiers qui comparaissaient détenus ont toutefois été allégées en appel devant la Cour d'Aix-en-Provence. Deux avaient été condamnés à quatre ans ferme et 18 mois ferme. Finalement, ils écopent d'une peine de trois ans dont deux ans ferme pour l'un d'eux, 18 mois dont un un an ferme pour l'autre.

Le troisième membre de cet équipage de la CRS autoroutière, une jeune femme, adjoint de sécurité, a écopé de six mois de prison avec sursis. Les deux policiers, qui sont interdits d'exercer dans la police définitivement pour l'un, et pendant trois ans pour l'autre, n'ont pas été maintenus en détention.

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