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Des pièces éditées par Jules Cesar retrouvées en Côte-d'Or

Par Quentin Vinet, France Bleu Bourgogne vendredi 20 mars 2015 à 20:07

Des pièces sans doute éditées par Jules Cesar
Des pièces sans doute éditées par Jules Cesar © Quentin Vinet - Radio France

Une quantité folle de pièces en argents a été découverte en Bourgogne ces derniers jours... non pas par des archéologues, mais par des enquêteurs de la gendarmerie. Au terme d'une enquête peu ordinaire, ils ont mis la main sur un groupe de chercheurs de métaux décidés à se faire de l'argent.

L'affaire remonte à la fin de l'année 2013 : un courrier de la Direction Régionale des Affaires Culturelles alerte la justice dijonnaise à propos d'une page sur le réseau social Facebook. Des internautes se vantent de faire de jolies découvertes archéologiques et d'échapper aux forces de l'ordre. Sur la toile, certaines personnes semblent mettre en relation chercheurs et acheteurs. Six personnes sont interpellées dans le cadre d'une enquête menée par la Section de recherches de la gendarmerie de Dijon et l'Office Central de lutte contre le trafic des biens culturels. Ces personnes viennent des quatre coins de France : Côte-d'Or, Puy de Dome, Dordogne et Pas-de-Calais.

Rien à voir avec le promeneur lambda

L'enquête se resserre début mars après l'audition d'un chercheur bourguignon. Il indique aux enquêteurs avoir découvert en octobre 2012 une grande quantité de pièces en argent sur la commune de Laignes, dans le nord de la Côte-d'Or, dans un champ. Ces pièces sont de la monnaie gauloise. Il y en a près de deux mille. Ce qui pose problème ? Avoir fait des fouilles sans l'accord du propriétaire de ce terrain et de nuit. Des acts "réfléchis et organisés" pour la procureur de la République de Dijon, Marie-Christine Tarrare, bien loin du "promeneur moyen qui regarde s'il ne va pas trouver quelque chose en partant à l'aventure" .

Gaulois SON

Ces gens-là ont des profils très variés : boucher, marbrier, vendeur de meuble, âgés de 25 à 50 ans. L'acheteur, lui-aussi interpellé, habite à Dijon. Il devra s'expliquer devant la justice le mois prochain. L'affaire implique une dizaine de personnes . Les chercheurs ont expliqué aux enquêteurs "grattouiller à la surface" , mais le lieutenant-colonel Dominique Lambert de la gendarmerie est certain qu'ils "travaillaient masqués et cachés pour ne pas se faire prendre, car ils connaissaient très bien la législation et se savaient dans l'illégalité" .

Jules Cesar sans doute à l'origine

La valeur de ces pièces en argent est encore difficile à estimer, mais selon Michel Prestrot de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, elle serait de "plusieurs centaines de milliers d'euros" . Car ces pièces auraient été édité par Jules Cesar pour remercier les mercenaires gaulois à ses côtés pendant le siège d'Alésia . Chose rare ? La quantité : "on a de temps en temps en fouille, quarante ou cinquante pièces sur un site, mais pas un tel nombre dans un tel endroit, qui plus est des pièces en argent, car les gaulois font plutôt de la pièce en bronze" .

Les peines peuvent aller jusqu'à sept ans de prison et 100 000€ d’amende.

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