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Des policiers organisent des "non-contrôles d'identité" à Livry-Gargan

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Pour exprimer leur colère après l'interview d'Emmanuel Macron, le 4 décembre dernier, des policiers ont organisé, à l'appel du syndicat Unité SGP Police, des "non-contrôles d'identité", ce lundi 7 décembre à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).

Des policiers organisent des "non-contrôles d'identité" à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) le 7/12/2020
Des policiers organisent des "non-contrôles d'identité" à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) le 7/12/2020 © Radio France - Hajera Mohammad

"Afin de ne pas être accusé de contrôle au faciès, nous vous remettons ce récépissé de NON CONTRÔLE D'IDENTITÉ." Voilà le message inscrit sur le petit bout de papier remis par des policiers à des automobilistes, ce lundi après-midi à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).

Distribution de récépissés sur un rond-point

Une quinzaine de fonctionnaires ont participé à cette opération, à l'appel du syndicat Unité SGP Police du 93. Une manière de montrer leur mécontentement persistant, depuis l'interview accordée par le président de la République à Brut, vendredi dernier. Dans cet entretien, destiné à un public plus jeune, Emmanuel Macron a reconnu l'existence de "violences" commises "par des policiers" et que lorsqu'on a "une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé".

Des propos rejetés en bloc par ces policiers rassemblés à Livry-Gargan. "La population a parfois tendance à nous enfoncer et là le gouvernement en ajoute un peu plus,  ça ne nous aide pas", affirme Caroline, en distribuant les récépissés aux automobilistes, sur un rond-point près du centre commercial Cora.

Avec cette opération, "on veut passer le message aux citoyens pour qu'ils sachent que la plupart des contrôles se passent bien", explique Ludovic Bonnet, secrétaire général adjoint d'Unité SGP Police 93.La plupart des conducteurs s'arrêtent et encouragent les policiers, comme cet homme : "Il fallait le faire ! Il faut arrêter un petit peu, moi j'ai voyagé à travers des tas de pays et en France, on est pas raciste !"

"Le président a lâché les gardiens de la paix" - Ludovic Bonnet, secrétaire général adjoint d'Unité SGP Police FO 93

"Pas de contrôle au faciès"

Une automobiliste prend le petit bout de papier et commence à raconter au policer qui le lui tend, les contrôles subis par son fils. "Mon fils a un faciès un petit peu atypique et il est quand même souvent contrôlé... " Face à elle, Yannick Landurain, membre d'Unité SGP-Police FO rejette encore une fois les accusations de contrôle au faciès. "On est 150.000 policiers en France, il n'y a aucune profession où vous allez avoir 150.000 gentlemen, ça c'est sûr, mais dire qu'il y a contrôle au faciès, c'est faux !"

Le policier qui travaille en Seine-Saint-Denis et intervient dans des "cités sensibles", explique : "Dans le 93, les problèmes on ne les rencontre pas souvent dans les zones pavillonnaires, mais souvent dans les cités, les 4.000 à La Courneuve, les 3.000 à Aulnay... et la population qui habite dans ces cités est souvent issue de l'immigration donc forcément, en nombre, j'ai dû contrôler plus de personnes nord-africaines ou africaines que de français pure souche et je parle de la Seine-Saint-Denis, je ne suis pas sûr que mes collègues dans le Morbihan ou le Cantal aient la même réalité de terrain". Le fonctionnaire affirme en avoir "marre de servir de fusible" aux gouvernements qui se succèdent. 

Les syndicats reçus la semaine prochaine par Darmanin

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, recevra le 18 décembre les syndicats de police qui ont exprimé leur "ras-le-bol" après les propos d'Emmanuel Macron mais également après les violences lors des récentes manifestations. Les réunions se dérouleront place Beauvau "en bilatéral" et porteront sur "les difficultés structurelles que connaissent nos forces de l'ordre", précise le ministère dans un communiqué. Ces difficultés résident notamment dans "la formation" et "l'encadrement" des forces de l'ordre mais aussi dans leur "contrôle interne" et le "lien police/population", écrit-il. 

Les échanges avec les syndicats "viendront nourrir les propositions" qui doivent être faites "très rapidement" au chef de l'Etat. Cette annonce intervient après que deux syndicats de cadres de la police ont demandé, ce lundi, à être reçus par le ministre de l'Intérieur.

Des policiers organisent des "non-contrôles d'identité" à Livry-Gargan

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