Faits divers – Justice

Des policiers orléanais se photographient de dos en soutien à leur collègue blessé

Par Eric Normand, France Bleu Orléans jeudi 20 octobre 2016 à 11:51

Des policiers de dos dans la cour du commissariat d'Orléans pour exprimer leur colère
Des policiers de dos dans la cour du commissariat d'Orléans pour exprimer leur colère - Alliance Grand Ouest

Il y a encore eu des manifestations de policiers en colère pour la troisième nuit consécutive un peu partout en France. Ce sont des rassemblements spontanés en dehors de tout appel syndical. Pour le moment à Orléans, les policiers font juste circuler des photos sur les réseaux sociaux.

Les policiers expriment leur ras-le-bol après qu'à Viry-Châtillon, un adjoint de sécurité de 28 ans a été très grièvement brûlé pendant une attaque au cocktail Molotov. Dans toute la France, les mouvements de protestation et de colère s'amplifient. Il y a encore eu des manifestations de policiers en colère cette nuit à Bordeaux, Nîmes, Le Mans, Nancy ou encore à Toulouse ... Mais pas à Orléans. Ce sont des rassemblements spontanées en dehors de tout appel syndical pour dénoncer le manque de moyens et la justice pas assez sévère. Bruno Berger, le responsable du syndicat Alliance Police Nationale dans la région Centre-Val de Loire était l'invité de France Bleu Orléans jeudi matin. Il fait le point sur la situation.

L'invité de France Bleu Orléans, Bruno Berger du syndicat Alliance Police dans la région Centre-Val de Loire - Radio France
L'invité de France Bleu Orléans, Bruno Berger du syndicat Alliance Police dans la région Centre-Val de Loire © Radio France - Stéphane Barbereau

Ces concertations, c'est très bien. Mais ce n'est pas nouveau, on l'a encore fait la semaine dernière avec le préfet. Cela ne change rien et ce n'est pas suffisant - Bruno Berger

L'exécutif a tenté de calmer le jeu mercredi soir. Le ministre de l’intérieur a reçu les syndicats policiers, mercredi soir. Ce qui n’a pas empêché de nouveaux rassemblements sauvages. Le ministre Bernard Cazeneuve a annoncé un plan « de sécurité publique » pour le mois de novembre département par département. Cette concertation permettra "d’écouter les personnels et d’engager avec eux", a précisé le ministre.

Des actions ont eu lieu sur les réseaux sociaux. Ce sont des images de policiers de dos à Orléans, Montargis et Saran devant leur véhicule ou dans la cour du commissariat. Mais des manifestations sont envisagées si les réponses du gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux - Bruno Berger

Ce mouvement de grogne semble avoir été insufflé par la base, les syndicats ne feraient que suivre. Mais ce n'est pas le sentiment de Bruno Berger, le responsable du syndicat Alliance Police Nationale dans la région Centre-Val de Loire, même s'il admet que "les rassemblements sont spontanés et qu'ils ne sont pas organisés par les organisations syndicales" mais "la colère gronde," poursuit-il, "des collègues se prennent en photo de dos, la tête baissée, par solidarité et par ras-le-bol." Les policiers n'ont normalement pas le droit de manifester, ils ont ce qu'on appelle le devoir de réserve et "beaucoup craignent des sanctions, la hiérarchie essaie de les dissuader. Mais la colère n'est pas nouvelle, elle date de 2012 et on ne voit rien venir."

Ecoutez l'invité de France Bleu Orléans: lBruno Berger, responsable du syndicat Alliance Police Nationale dans la région Centre-Val de Loire

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