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Faits divers – Justice

Des riverains et parents d'élèves délogés d'une usine par des CRS

jeudi 7 septembre 2017 à 16:01 Par Nathalie Doménégo, France Bleu Paris

plusieurs dizaines d'habitants et de parents d'élèves ont été délogés ce jeudi matin, de l'usine de la SNEM, à Montreuil, dont ils bloquaient l'accès aux employés. Une quinzaine de cars de CRS étaient déployés pour mettre un terme à leur rassemblement.

Une quinzaine de cars de CRS venus délogés des parents d'élèves qui bloquaient le site d'une usine à Montreuil
Une quinzaine de cars de CRS venus délogés des parents d'élèves qui bloquaient le site d'une usine à Montreuil © Maxppp - Nathalie Doménégo

Montreuil, France

La police a délogé ce jeudi matin, peu après 7h, à Montreuil (Seine-Saint-Denis) des dizaines de riverains et parents d'élèves qui bloquaient depuis lundi l'accès à une usine dont ils exigent la fermeture en raison de sa toxicité supposée.

Ce blocage empéchait les employés d'entrer sur leur lieu de travail, le site de la SNEM (Société nouvelle d'eugénisation des métaux), spécialisée dans le traitement chimique de pièces destinées aux groupes aéronautiques Airbus et Safran, située au centre de la ville.

Une manifestation illégale, selon la prefecture de Seine-Saint-Denis. Elle n'a pas été déclarée et constitue un délit d'entrave, et "infondée" compte tenu des "échanges approfondis entre les services de l'Etat, la mairie et les riverains" sur ce sujet, a déclaré la préfecture.De leur côté, les habitants mobilisés pour la fermeture de l'usine, dont des parents d'élèves scolarisés dans les écoles voisines, ont dénoncé avec force cette intervention.

"Au lieu d'appliquer le principe de précaution", le préfet "choisit la force pour protéger l'activité de l'usine", lui permettant ainsi de "continuer à intoxiquer +légalement+", dénoncent la fédération de parents d'élève, dans un communiqué.

En réponse, des parents d'élèves ont occupé brièvement les locaux administratifs des trois écoles voisines de l'usine et annoncent leur intention de saisir le procureur de la République pour "cette mise en danger de la vie d'autrui". Depuis des années, des habitants du quartier s'inquiètent de la présence de cette usine et leur mobilisation a pris une nouvelle tournure après qu'une leucémie a été diagnostiquée chez un écolier du quartier en juin.

Les autorités ont lancé une série de contrôles et d'analyses pendant l'été. L'exploitant a notamment été mis en demeure de modifier son système de ventilation et d'améliorer sa gestion des déchets. Mais, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis, "aucun élément ne démontre aujourd'hui l'existence d'un danger pour les riverains" qui "nécessiterait de procéder à la fermeture de cette dernière".

Les opposants dénoncent, ce jeudi, la concentration trop élevée en "chrome 6" à l'intérieur de l'usine, d'après un rapport publié lundi de l'Agence régionale de santé (ARS). Ce produit chimique réputé toxique doit être interdit le 21 septembre dans le cadre d'une directive européenne.