Faits divers – Justice

Des tests salivaires pour prévenir la consommation de cannabis en entreprise

Par Solène Cressant, France Bleu Gard Lozère mardi 13 décembre 2016 à 20:03

Selon la fédération du bâtiment, 2 ouvriers du bâtiment sur 10 fument du cannabis
Selon la fédération du bâtiment, 2 ouvriers du bâtiment sur 10 fument du cannabis © Maxppp - Alexandre Marchi

Le conseil D’État a décidé d'autoriser le test salivaire de détection de stupéfiants pratiqué par l'employeur sur ses salariés qui occupent des postes "hypersensibles".Il avait été saisi par la société gardoise Sud Travaux à Garons. Les métiers du BTP sont particulièrement concernés.

Le conseil d'État a décidé la semaine dernière d'autoriser le test salivaire de détection de stupéfiants. Ce test sera pratiqué par l'employeur sur ses salariés qui occupent des postes "hypersensibles". Cela s'adresse surtout aux ouvriers du bâtiment, d'autant qu'en Languedoc Roussillon, deux salariés du bâtiment sur 10 fument du cannabis selon la Fédération du bâtiment.

La requête a été lancée par la société gardoise SUD Travaux. En cas de test positif, la sanction peut aller jusqu'au licenciement.

Les employés qui fument du cannabis sur les chantiers, pendant les pauses ou avant de commencer la journée, c'est une réalité explique Olivier*. En tant que responsable d'une équipe de BTP, il y a été confronté récemment. "Quatre jeunes intérimaires que nous avons écartés. Tout est une question de confiance, on les a prévenus, ils ont continué, c'est trop dangereux à mon avis".

Selim est charpentier métallique, le cannabis au travail c'est une réalité mais il ne faut pas incriminer le bâtiment selon lui: "Il y a des PDG qui fument, des médecins qui fument j'en suis sûr. Oui pour nous ça peut être dangereux lorsqu'on est en hauteur... mais un plâtrier il ne lui arrivera rien. Moi je suis prêt à faire ce test, mais je trouve ça un peu déplacé et surtout, je pense que ça sera compliqué à mettre en place, tout le monde ne sera pas d'accord pour en faire".

Effectivement, pour Philippe Tamaï, président de la fédération française du bâtiment du Gard, la mise en place de ce test est une bonne nouvelle, sa mise en pratique c'est une autre histoire. "C'est compliqué parce qu'il n'y a pas de règles encore bien définies, ça servira surtout à protéger l'employeur qui est le premier mis en cause en cas de contrôle positif. On n'a pas de moyen réels d'obliger à faire ces tests à tel compagnon plutôt qu'à un autre. Je pense que c'est surtout de la prévention qu'il faut faire".

*Son prénom a été changé