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Des tirs de mortier dans le 19e arrondissement de Paris relancent le débat sur le crack quartier Stalingrad

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Des consommateurs de cracks ont été pris pour cible avec un mortier d'artifice lors de deux nuits ce week-end, dans le 19e arrondissement de Paris. Les tirs n'ont pas fait de blessé mais sont révélateurs du mal-être des habitants devant la recrudescence de la consommation de drogue.

Un consommateur de crack, près du bassin de la Villette, à Paris
Un consommateur de crack, près du bassin de la Villette, à Paris © Maxppp - PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

"Le jour c'est un quartier charmant, mais le soir...". Julie (*), habitante du quartier Stalingrad, dans le XIXe arrondissement de Paris, n'a pas besoin de terminer sa phrase pour qu'on comprenne la suite. Ce week-end, Julie, son mari, son fils de trois ans et sa fille de trois mois ont été réveillés trois fois par "des bruits d'armes, de tirs, de guerilla". Des tirs de mortier d'artifice, visant directement les consommateurs cracks qui occupent régulièrement les lieux. Selon Julie, les premiers tirs ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi et la scène s'est renouvelée deux fois dans la nuit de samedi à dimanche (ndlr : l'enquête de police ne précise pas à l'heure qu'il est la source du tir de mortier. Les riverains parlent d'un habitant, d'autres d'un trafiquant). Pour témoigner de la violence de la scène, l'habitante a filmé et posté la vidéo sur les réseaux sociaux en interpellant Anne Hidalgo et Gérald Darmanin (voir premier tweet ci-dessous). D'autres internautes ont été témoins de ces scènes "affolantes", selon les mots de Julie.

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Mettre fin à "Stalincrack" 

Selon le maire du 19e arrondissement, François Dagnaud la zone est en train de devenir "la scène française voir européenne" des consommateurs de crack et du trafic de cette drogue, extrêmement addictive. "On peut voir des rassemblements de 100 personnes, la journée ils sont dans le 18e arrondissement et la nuit ils se déplacent pour venir dans le secteur Stalingrad-avenue de Flandre", explique l'édile. Julie, depuis sa fenêtre, abonde. "À l'origine ils se réunissaient place de la Rotonde, maintenant c'est devant la Cramif (caisse régionale d'assurance maladie), ils sont de plus en plus nombreux, de plus en plus bruyants la nuit. Il y a des agressions". Ce week-end, elle a dû calmer son fils de trois ans, apeuré par les bruits de mortier. 

"On a franchi un cap, on ne pensait pas vivre ça un jour" - Julie

Julie parle ensuite de son quotidien, passer dans la rue "en voyant un homme prendre sa pipe de crack" est devenu presque une scène banale. Elle réclame de l'aide des politiques. "La police elle ne peut pas faire grand chose, derrière ça ne suit pas. Ils peuvent être interpellés mais vont revenir, il faut une solution politique, notamment médicale". Une solution politique qui, selon le maire du 19e François Dagnaud, ne doit pas venir de sa mairie d'arrondissement, mais de plus haut.

On n'est pas équipés pour venir à bout seuls de cette "scène" nationale voire européenne - François Dagnaud

La mairie de Paris a mis en place un 'plan crack' en 2019 pour lutter contre le fléau. Le crack est peu cher à l'achat en comparaison d'autres drogues, assez facile à fabriquer, surtout très dangereux pour la santé. Trois millions d'euros ont été mis sur la table avec notamment le renforcement des maraudes, de la prise en charge médico-sociale, l'ouverture de places d'hébergement pérennes. "Aujourd'hui, vu l'ampleur que cela a pris, le plan est dépassé", analyse François Dagnaud, qui aimerait une mobilisation "du ministère de la Santé et du ministère de l'Intérieur". En 2018, la police avait évacué, dans le 18e arrondissement de Paris, la "colline du crack", où se retrouvaient à l'époque les consommateurs. Une expérience "ratée", selon le maire du 19e, "car les personnes n'ont pas été accompagnées". Il demande donc un démantèlement de ce que les riverains sur les réseaux sociaux appellent 'Stalincrack", "avec un accompagnement médico-social pour éviter un effet de déport ou de report du phénomène". La préfecture de police assure au maire qu'elle fait son maximum, dans cette affaire. 

* : par souci d'anonymat, le prénom a été changé

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