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Des traitements inhumains et dégradants au centre pénitentiaire de Bédenac selon la contrôleure des prisons

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

La contrôleure des prisons vient d'adresser des recommandations d'urgence au gouvernement au sujet du centre pénitentiaire de Bédenac. Les conditions de vie des détenus agés, malades, parfois handicapés violent leurs droits fondamentaux à la santé et la sécurité.

La contrôleure des prisons dénonce la situation des détenus agés et malades à l'unité "soutien et autonomie" de la prison de Bédenac, en Charnente-Maritime, près de Jonzac
La contrôleure des prisons dénonce la situation des détenus agés et malades à l'unité "soutien et autonomie" de la prison de Bédenac, en Charnente-Maritime, près de Jonzac © Maxppp - S.lartigue

C'est une procédure inhabituelle, en raison de la gravité de la situation : la contrôleure générale des prisons, Dominique Simonnot a adressé il y  a trois semaines des recommandations d'urgence au gouvernement, au sujet du centre de détention de Bédenac, près de Jonzac en Charente-Maritime. Elles concernent plus précisément l'unité "autonomie et soutien", un bâtiment neuf datant de 2013, qui se voulait exemplaire pour accueillir des détenus vieillissant à mobilité réduite.

La contrôleure dénonce "des dysfonctionnement dans la prise en charge des personnes détenues qui constituent un traitement inhumain, ou dégradant au sens de la convention européenne des droits de l'homme". Une inspection menée entre le 29 mars et le 2 avril  par 6 contrôleurs a révélé des violations graves des droits fondamentaux à la santé et à la sécurité

Il y a trois personnes qui sont démentes au sens psychiatrique du terme, d'autres ont des séquelles d'AVC. Ceux qui sont en fauteuil roulant n'arrivent à passer dans leur lit qu'au prix d'effort monstrueux - Dominique Simonnot, contrôleure des lieux de privation de liberté. 

"Vous vous rendez compte qu'ils sont tombés sur une personne tellement démente qu'elle était en train de dévorer son réveil en plastique, et de boire l'eau des toilettes" s'indigne Dominique Simonnot. L'unité G est prévue pour accueillir 20 personnes, handicapées, malades, agées. Elles sont 17 actuellement incarcérés.  Moyenne d'age : 68 ans.  Sept d'entre elles, agées de 43 à 85 ans présentent de lourdes pathologies. Ce sont pour l'essentiel des détenus en fin de longue peine. La quasi totalité (15 d'entre eux) sont sur un lit médicalisé, 8 se déplacent en fauteuil roulant, 3 avec des cannes ou des déambulateur. L'un d'entre eux est aveugle et ne peut pas se déplacer seul. Les portes des cellules sont verrouillées la nuit, ouvertes le jour. 

Certains détenus sont incapables de couper leur viande seuls, et sont dénutris. Trois personnes souffrent d'incontinence urinaires ou fécale et ne bénéficient d'une aide pour la toilette que deux à trois fois par semaine. "Je vous laisse imaginer l'état dans lequel elles sont dans leur lit" dit Dominique Simonnot avec une colère contenue dans la voix. "Elles baignent dans leurs excréments le temps qu'on vienne les changer". 

Le médecin généraliste ne pouvait plus supporter les conditions d'hébergement et de soin de ses patients, il a démissionné. 

Depuis quatre ans, les soignants alertent les autorités sanitaires. Le médecin généraliste en charge de l'unité a démissionné "ne pouvant plus supporter éthiquement les conditions d'hébergement et de soin de ses patients" indique le rapport des contrôleurs. Les surveillants sont en nombre insuffisants, tout comme les aides soignants, ou les soignants. Les soins (kinésithérapie, ergothérapie) pour éviter que l'état de santé des détenus se dégrade sont parfois inexistants. 

L'état de santé de plusieurs patient est incompatible avec l'incarcération, mais les mesures permettant d'obtenir des remises de peine, ne sont pas mises en place. Sur les 8 cas pour lesquels le médecin avait établi des certificats médicaux, une seule personne a obtenu une suspension de peine. "Pour une personne, les experts ont estimé qu'il y avait un risque de récidive et qu'il était dangereux, mais il n'a plus de jambes" s'exclame Dominique Simonnot. 

Les ministères de la santé et de la justice annoncent des mesures 

Les ministres de la Santé et de la Justice ont répondu ce lundi soir à la défenseure des droits dans un courrier de 8 pages. Ils confirment qu'à Bédenac les effectifs en personnels ne sont pas en adéquation avec les pathologies de plus en plus graves des personnes détenues. Ils indiquent que l'Agence Régionale de Santé a récemment débloqué 200 000 euros pour des recrutements infirmiers au centre hospitalier de Jonzac. 

Les ministres indiquent qu'une évaluation des besoins de l'établissement a été faite le 22 avril par l'ARS. Elle confirme que les prestations essentielles pour les besoins de vie (toilette, habillage, hygiène urinaire et fécale) sont insuffisantes, et que 2 détenus n'ont pas leur place dans cette unité. Des décisions ont été prises pour accroître le temps d'intervention du service d'aide aux personnes dépendantes, mettre en place des activités de stimulation cognitives pour prévenir la perte d'autonomie, et conforter la présence quotidienne médicale et les prestations d'accompagnement et de rééducation (kinés).

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