Faits divers – Justice

"Déshuntages" dangereux pour les passages à niveaux : la SNCF condamnée par les prud'hommes de Bayonne

Par Paul Nicolaï et Bixente Vrignon, France Bleu Gascogne, France Bleu Pays Basque et France Bleu mardi 18 octobre 2016 à 18:45

Les passages à niveau ne se fermaient pas au passage du train
Les passages à niveau ne se fermaient pas au passage du train © Maxppp -

Trois conducteurs de train de Bayonne refusaient de conduire un certain type de locomotive, ils la jugeaient "dangereuse". Le tribunal des prud’hommes leur a donné raison ce mardi.

Ils refusaient de conduire des trains jugés dangereux. Trois conducteurs de trains remportent une victoire judiciaire contre la direction de la SNCF. C’est la suite de l'affaire des "deshuntage" de rames de trains entre Hendaye et Bordeaux. "Deshuntage", ça veut dire que des trains disparaissent des écrans de contrôle de la SNCF et qu'ils ne déclenchaient plus la fermeture des passages à niveaux, d’où les risques pour les automobilistes. Le conseil de prud'hommes de Bayonne a rendu sa décision mardi 18 octobre. Les conseillers du Pays Basque estiment que les trois conducteurs ont exercé leurs droits de retrait en toute légalité et annule les blâmes infligés par la direction.

Satisfaction et émotion des conducteurs

Julien Delion, militant CGT, fait partie des trois conducteurs sanctionnés par la SNCF, il fait part de son "émotion": "On était des mauvais conducteurs selon la SNCF, et maintenant notre droit de retrait vis à vis d'un danger grave est vérifié, il y avait vraiment un risque mortel", affirme le conducteur qui rappelle que le ministre des Transports Alain Vidalies est aussi intervenu dans la presse "pour dire que le problème de deshuntage existait". "Nous avons été des précurseurs, comme des lanceurs d'alerte".

Julien Delion: "Nous avons été des lanceurs d'alerte"

La Société Nationale des Chemins de Fer français -qui peut toujours faire appel de la décision- devra également verser 2.000 euros à chacun des trois conducteurs. Les conseillers prud'hommaux ont donné raison à l’avocate Anne-Marie Mendiboure sur toute la ligne.

Victoire totale estime l'avocate Anne-Marie Mendiboure

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