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Faits divers – Justice

Deux ans après l’explosion rue Pierre-Palliot à Dijon, la démolition est en cours

dimanche 26 août 2018 à 18:05 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Des travaux ont débuté depuis une semaine rue Pierre Palliot à Dijon. Il s'agit de démolir les bâtiments qui avaient été endommagés le 16 septembre 2016 par une violente explosion.

Le bâtiment qui donne sur la rue est démoli le premier, pour ouvrir un passage aux engins de chantier
Le bâtiment qui donne sur la rue est démoli le premier, pour ouvrir un passage aux engins de chantier © Radio France - Lila Lefebvre

Dijon, France

La rue Pierre Palliot à Dijon est partiellement fermée à la circulation. Des travaux y ont commencé pour faire place nette, là où le 16 septembre 2016, une explosion avait ravagé un petit immeuble et endommagé les bâtiments voisins. Une vingtaine de personnes avaient été blessées, dont un homme à l'origine de l'explosion, qui avait tenté de se suicider au gaz. Le bâtiment qui donne sur la rue, au 15 rue Pierre Palliot est démoli le premier. Cela permettra d'ouvrir un passage pour les engins de chantier qui pourront ainsi accéder à la cour où se trouve le bâtiment éventré par l'explosion.

Près de deux années de procédures

Il a fallu près de deux années pour lancer ces travaux. Un travail de longue haleine comme le rappelle le syndic de la copropriété, Cytia Urbania Dijon. Déjà pour un banal dégât des eaux, les choses ne sont pas simples, dit-il, mais dans ce cas précis, il a fallu tenir compte des expertises,  parvenir à un consensus des 18 propriétaires, de leurs assureurs respectifs, et calculer la valeur vénale de chaque appartement. Il n'y avait pas d'autre solution que déblayer le terrain pour reconstruire du neuf. Deux options s'offraient aux copropriétaires : démolir et faire reconstruire, ou démolir puis vendre à un tiers. C'est cette deuxième solution qui a été choisie. Le chantier de démolition devrait prendre 6 semaines. Après quoi, les lieux seront prêts pour l’édification d’un nouvel immeuble.

La déflagration avait provoqué des dégâts aux logements voisins, comme la maisonnette que Bernard Descoing et son épouse avaient mise en location. Depuis, l'assurance a payé, ce propriétaire a fait réaliser pour 140 000 euros de réparations. Les travaux de démolition vont permettre de détruire un mur fragilisé qui surplombe sa toiture. C'est bien, mais Bernard Descoings a quand même des craintes : « j’espère que lorsque le mur va être démoli, il ne va pas y avoir de dégradations supplémentaires à ma maison, et surtout qu’on ne trouve pas […] plus de problématiques derrière ce mur ».

Dans l'attente du procès

Maître Jean-Philippe Morel est l'avocat de 5 victimes, dont des propriétaires ou locataires qui depuis deux ans ont été confrontés à un festival de démarches : « du jour au lendemain, tout cela devient kafkaïen, parce qu’il faut démêler des procédures administratives, des rendez-vous d’expertises, des assureurs nombreux ». Pour l’avocat, l’étape de démolition qui est engagée sera aussi une première étape essentielle pour aider les victimes matérielles à tourner la page. Dans ce dossier, maître Jean-Philippe Morel défend 5 personnes. Des propriétaires mais aussi des blessés, dont une femme d'une cinquantaine d'années qui restera handicapée à vie. Elle a été amputée d’une jambe. La commission d’indemnisation des victimes d’infractions a été saisie afin qu’elle verse des indemnités provisionnelles avant procès, notamment pour acheter une prothèse.

L'auteur de l'explosion, un quinquagénaire, a survécu. Il est en détention en attendant son procès. Les experts ont estimé qu'il était responsable de ses actes et il sera jugé en cour d'assises à une date qui n'est pas encore fixée. Un moment attendu par les victimes : « le procès c’est toujours le travail de deuil. C’est l’étape de la reconstruction ».