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Faits divers – Justice

Deux ans de prison ferme pour trafic de civelles, peine inédite à Bordeaux

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu Loire Océan

Le tribunal correctionnel de Bordeaux condamne ce jeudi 4 juillet, un mareyeur vendéen à deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt pour un trafic de civelles. Une peine d’une sévérité inédite devant cette juridiction.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux n’avait jamais prononcé une peine aussi sévère dans ce genre de dossier
Le tribunal correctionnel de Bordeaux n’avait jamais prononcé une peine aussi sévère dans ce genre de dossier © Radio France - Marie Rouarch

Bordeaux, France

Le mareyeur vendéen a quitté le tribunal menottes aux poignets et encadré par deux policiers ce jeudi 4 juillet. Le tribunal correctionnel de Bordeaux le condamne à deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt et 4 000 euros d’amende douanière pour son implication dans un trafic de civelles, de alevins d’anguille, espèce menacée. 

À l’annonce de la décision du tribunal, le quinquagénaire fond en larmes à la barre. "Je vais en prison ?" lance-t-il dans un souffle à son avocat. L’homme est "dans la civelle" depuis plus de 20 ans, légalement jusqu’à une première interpellation pour un trafic en avril 2018. Une première affaire dans laquelle il est d’ailleurs mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. 

Le trafic de civelles s'industrialise, avec des go-fast, des voitures ouvreuses et des mules - maître François Ruffié, avocat de la Sepanso

"Un habitué du genre", relève la Procureur. Cette fois, il comparaît après l’interception par les douanes d’une camionnette chargée de 26 caisses, 280 kilos de civelles en tout, le 14 février dernier, au niveau de la sortie vers Lacanau, sur l'autoroute A63. Lui n'était pas au volant. Le conducteur, jugé également hier "assume" à la barre. Ce graphiste criblé de dettes a accepté de faire quelques voyages rémunérés 600 euros, sans trop poser de question. Et il identifie le mareyeur comme le "commanditaire" de ces livraisons.

Mais à la barre, le quinquagénaire nie en bloc. Non il n'était pas dans la voiture ouvreuse du go fast ce jour là. Son téléphone a pourtant été localisé sur l'A63 au même moment. Non il n'a pas chargé les 26 caisses dans la camionnette, malgré l'identification du conducteur. Tout juste reconnaît-il en bafouillant avoir fourni les caisses vides et des contacts à des "gens du voyage". "Facile car invérifiable" conteste la Procureur qui lui intime "d'arrêter de mener le tribunal en bateau, sans mauvais jeu de mots". Lui qui a, selon elle, largement profité de ce "commerce juteux" dont il n'a visiblement pas saisi la gravité et l'impact environnemental.

Condamnation inédite à Bordeaux

Son avocat, maître Jean Gonthier, annonce qu'il va faire appel de cette décision. "On peut prononcer des peines sévères, mais il faut quand même faire attention de ne pas chambouler l'équilibre et l'échelle des valeurs cardinales de notre société. On n'a tué personne dans ce dossier, on n'a empoisonné personne. Vous comprendrez que les comparaisons avec le trafic de stupéfiants sont pour moi, odieuses. Les animaux me sont chers mais on n'envoie pas quelqu'un en prison pour des civelles, je trouve ça terrible".

De son côté, maître François Ruffié, avocat de la Sepanso, la fédération régionale des associations de protection de la nature, partie civile dans ce procès, voit dans cette décision "un signal fort envoyé aux trafiquants", notamment ceux impliqués dans les dossiers similaires en cours d'instruction dans la région.

Dans ce procès, le conducteur de la camionnette écope de 8 mois de prison avec sursis. Un troisième homme, l'intermédiaire, ne s'est pas présenté à l'audience. Il est condamné à 16 mois de prison ferme. Un mandat d'arrêt a été lancé contre lui.