Faits divers – Justice

Deux braqueurs devant les assises d'Aix-en-Provence pour avoir tué un retraité qui tentait de les arrêter

Par Gabriel Massenot, France Bleu Provence et France Bleu mardi 12 janvier 2016 à 22:18

La marche blanche pour Jacques Blondel avait rassemblée 2000 personnes
La marche blanche pour Jacques Blondel avait rassemblée 2000 personnes

Fin août 2013, Jacques Blondel avait été tué de deux décharges de fusil à pompe. Ce retraité de 61 ans tentait de stopper des braqueurs qui venaient d'attaquer un bureau de tabac à Marignane. Le procès des deux malfaiteurs commence ce mercredi matin, ils risquent 30 ans de prison.

L'horreur en plein été

Ce 22 août 2013, Jacques Blondel rentre en voiture de la plage, accompagné de sa femme et de sa petite-fille de 15 mois. Il aperçoit alors deux jeunes hommes juchés sur un puissant scooter, gantés, dont l'un tient en bandoulière un fusil à pompe. Décrit comme courageux et respectueux de la loi par ses proches, le retraité percute volontairement le deux-roues avec sa voiture, puis sort armé d'une bombe lacrymogène pour tenter d'interpeller les deux braqueurs.

Ils viennent effectivement de rafler 9 000 euros, quelques minutes avant, dans un bureau de tabac de l'avenue Jean-Mermoz à Marignane. Les malfaiteurs résistent : l'un d'eux parvient à reprendre le fusil dans les mains de Jacques Blondel, et tire deux fois. Gravement blessé aux jambes et à l'abdomen, le retraité décédera quelques heures plus tard à l'hôpital nord.

Les deux voyous parviennent à prendre la fuite. Une marche blanche sera organisée à Marignane quatre jours plus tard à l’initiative de la mairie, elle rassemblera 2 000 personnes. L'émotion est nationale : le ministre de l'intérieur de l'époque, Manuel Valls, parlera d'un "acte de bravoure".

Le tireur présumé

Le premier à être interpellé, le lendemain des faits, se nomme Marouen R. Il vient tout juste d'avoir 18 ans et est originaire de Marignane. Il nie avoir été le tireur dans un premier temps, mais les traces de poudre retrouvées sur ses habits et plusieurs témoignage le désigne comme celui qui tenait l'arme.

Il avouera quelques jours plus tard avoir tiré "dans la panique, sous l'effet de l'alcool et n'avoir jamais eu l'intention de tuer Jacques Blondel". C'est l'une des clefs du procès, car avoir fait feu pour protéger leur fuite après un braquage serait une circonstance aggravante. Déjà condamné à trois reprises lorsqu'il était mineur, Marouen R. a dit au juge qu'il regrettait son geste. Son complice sera arrêté un mois plus tard. 

la version du tireur

Peine maximale

Traumatisée d'avoir vu son mari se faire tuer sous ses yeux, la femme de Jacques Blondel déménage quelques mois plus tard, avec ses deux fils, dans une autre commune des Bouches-du-Rhône. Le buraliste, qui s'était fait braquer quelques minutes avant le meurtre, hésite à aller témoigner, tant cette histoire lui a posé problème avec sa clientèle les semaines qui ont suivit. La mairie avait demandé que Jacques Blondel soit décoré de la légion d'honneur à titre posthume, mais il n'a finalement jamais été décoré.

Ne restent, finalement, que les deux braqueurs, qui vont comparaître devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à partir de mercredi matin. Trois jours de procès, avec comme chefs d'inculpation "braquage" et "violence avec arme ayant entraîné la mort". Ils risquent la peine maximale : 30 années de prison. Verdict attendu vendredi.   

Reportage à Marignane deux ans et demi après le meurtre de Jacques Blondel

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