Faits divers – Justice

Braquage de 17 supérettes : la personnalité des deux frères examinée devant la cour d'assises de Côte-d'Or

Par Marion Bargiacchi, Stéphanie Perenon et Soizic Bour, France Bleu Bourgogne et France Bleu lundi 12 juin 2017 à 14:20

Les braquages ont eu lieu entre février et avril 2015 dans toute la région Bourgogne-Franche-Comté.
Les braquages ont eu lieu entre février et avril 2015 dans toute la région Bourgogne-Franche-Comté. © Maxppp - DR

Le procès des deux accusés suspectés de braquage avec violence entre février et avril 2015 dans dix-sept magasins de la région Bourgogne-Franche-Comté se poursuit. Ce vendredi, la Cour s'intéressait à la personnalité des deux frères.

Le procès de deux braqueurs dijonnais, qui s'est ouvert lundi 12 juin au matin devant la Cour d'assises de la Côte-d'Or, se poursuit. Ce vendredi, c'est la personnalité des deux frères, âgés de 21 et 25 ans, qui était examinée devant la Cour. Les deux garçons, très timides, se sont pratiquement murés dans le silence, ne gratifiant la présidente et l'avocat général de seulement quelque bribes de phrases. Le plus âgé, Youssef, reconnaît tous les faits. Son frère, Yacine, n'en reconnaît que trois.

"C'est à cause de nous si elle s'est suicidée"

Avant de commencer à commettre leurs premiers délits, les deux frères suivent une scolarité presque normale. Mais tout commence à dérailler quand leur mère est hospitalisée à la Chartreuse. Les deux frères sont alors placés et Youssef commence peu à peu à se rebeller. Mal dans sa peau, il provoque directement l'autorité de son père en mettant le feu à des poubelles puis en volant une voiture et en fumant du cannabis. Puis, quand il se bat avec un vigile, ça se complique. Son père l'envoie alors au Maroc, pour l'éloigner. Mais quand Youssef revient, l'état de sa mère se dégrade et elle se suicide finalement, quelques mois plus tard. Dans le box des accusés, Youssef, les yeux embués de larmes, lâche : "c'est à cause de nous qu'elle a fait ça".

Dix-sept braquages

Les deux frères sont accusés d'avoir braqué dix-sept magasins d'alimentation en Côte d'Or, à Beaune et à Corpeaux mais aussi à Branges en Saône-et-Loire ou dans le Doubs et l'Aube, entre février et avril 2015. Ils ont été arrêtés en avril 2015 et sont détenus depuis à la maison d'arrêt de Dijon (avant l'un d'eux était détenu à Troyes et l'autre détenu à Varennes le Grand en Saône-et-Loire).

Le verdict sera rendu ce mercredi, pour ce procès qui aura duré trois semaine, une durée exceptionnellement longue qui s'explique par le nombre très important des parties civiles.

Une trentaine de parties civiles

La plupart sont des salariées des supérettes braquées par les deux hommes mais les directions des enseignes sont aussi représentées. Des victimes pour la plupart toujours terrorisées comme le précisent leurs avocats. Ils ont vécu "un véritable traumatisme". Le mode opératoire de deux hommes est identique à chaque fois : cagoulés, gantés, vêtus de noir et armés, ils se présentent en fin de journée juste avant la fermeture des magasins. Ils menaçent leurs victimes pour partir avec la caisse. Ils sont accusés d'avoir giflé et violenté certaines des victimes et d'avoir aspergé leurs poursuivants avec des bombes lacrymogènes. Les voleurs repartaient avec un butin de 4.000 à 5.000 euros en moyenne par braquage.

Un troisième homme

Un dossier dans lequel un troisième homme a été identifié comme commanditaire mais aussi participant précise Me Nicolle. Il est l'avocat des deux braqueurs et il estime que cet homme condamné par le passé en Belgique et en fuite aujourd'hui, aurait pu jouer le premier rôle. "Nous attendons d'en savoir plus sur lui, mais il a définitivement pesé dans l'action et le passage à l'acte des deux frères", explique Maître Nicolle. "Les deux frères l'ont accusé, même si ils ont mis du temps, parce qu'ils agissaient sous la terreur, par peur des représailles notamment envers leur mère", ajoute Maître Nicolle. Les deux frères risquent jusqu'à 30 ans de prison.