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Faits divers – Justice

Deux jeunes jugés avec "arbitrage vidéo" après les incidents de la finale du Mondial à la Roche-sur-Yon

jeudi 11 octobre 2018 à 20:18 Par Emmanuel Sérazin, France Bleu Loire Océan

Deux jeunes Yonnais étaient jugés ce jeudi par le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon. Ils étaient accusés d'avoir semé le trouble sur la place Napoléon le soir de la victoire des Bleus au Mondial. Le premier est relaxé, le second écope de 1900€ d'amendes.

Le premier prévenu a été relaxé, le second écope de 1900€ d'amendes pour des insultes
Le premier prévenu a été relaxé, le second écope de 1900€ d'amendes pour des insultes © Radio France - Emmanuel Sérazin

La Roche-sur-Yon, France

Deux garçons de 19 et 23 ans comparaissaient pour avoir participé aux incidents survenus sur la place Napoléon après la finale remportée  par les Bleus. L'audience a montré la fragilité des accusations portées par les policiers, de l'aveu-même du Parquet, réclamant malgré tout de la prison avec sursis et des heures de travail d'intérêt général. A l'issue des débats, le premier prévenu a été relaxé et le second écope d'amendes pour un total de 1 900€.

Des incidents à cause d'une moto

Le 15 juillet, au coup de sifflet final, des centaines de personnes ont envahi la place Napoléon où les voitures continuaient à circuler, dans une ambiance de fête. Mais une moto s'est introduite à vive-allure au milieu des supporters. Les policiers ont rapidement interpellé son pilote, et l'ont placé à l'arrière d'une voiture. La scène a provoqué un mouvement de foule, et des jeunes ont encerclé la voiture des policiers, l'un d'eux tentant d'ouvrir la portière arrière. Cette tension s'est transformée en un face à face de plusieurs heures sur un coin de la place, entre une cinquantaine de jeunes et une vingtaine de policiers, avec jets de pierres et canettes contre grenades lacrymogènes. Pendant ce temps, les supporters continuaient à fêter la victoire des Bleus sous la statue de Napoléon.

Une audience avec "arbitrage vidéo"

Le premier prévenu était accusé d'avoir harangué la foule et tenté d'ouvrir la portière de la voiture de police. Problème : sur tous les policiers entendus, un seul - leur chef - désigne ce jeune du quartier Jean Yole. Il est arrêté chez lui trois jours plus tard. Le garçon est défavorablement connu après une grave et unique affaire en 2013. Depuis, son juge d'application des peines le dit "parfaitement dans les clous". Le Parquet réclame 3 mois de prison avec sursis. L'intérimaire était bien là, "à regarder comme tout le monde, mais assez loin pour ne pas recevoir de gaz lacrymo", note son avocate. Les caméras de la place Napoléon ne permettent pas de confirmer une version, ou l'autre. La Présidente prononce la relaxe immédiate, sans suspension d'audience.

En revanche, la vidéoprotection a permis de mieux établir le rôle du second prévenu, un chauffeur-livreur de 23 ans, "en CDI" glisse le jeune homme. A la barre, il explique qu'il filmait avec son téléphone portable "d'abord la fête, puis les incidents". Quand les policiers chargent, il ne voit pas le groupe de jeunes reculer derrière-lui et se laisse interpeller sans résistance. Placé en garde à vue pendant 48h, il est accusé d'avoir jeté des pierres et des canettes, et d'avoir outragé les fonctionnaires avec des termes bien précis.

A l'audience, les images de vidéoprotection contredisent la version policière : le prévenu n'a rien jeté. Quant aux insultes, la vidéo retrouvée sur son portable laisse entendre un "bande de cons", après l'explosion d'une grenade lacrymogène. Après avoir délibéré, la Présidente condamne le chauffeur-livreur pour outrage. Il devra verser un total de 1 900€ d'amendes et de dommages à trois policiers.

Une soirée mal anticipée ?

A la sortie du tribunal, les avocates des deux prévenus s'interrogent, estimant que la justice a voulu trouver des coupables pour satisfaire l'opinion publique. Les deux femmes étaient sur la place Napoléon ce soir-là, pour fêter la victoire des Bleus. Me Florence Pelé défend le garçon de 19 ans, accusé d'avoir été au coeur des événements, et finalement relaxé...

Maître Florence Pelé, avocate au barreau de la Roche-sur-Yon

Le palais de justice de la Roche-sur-Yon - Radio France
Le palais de justice de la Roche-sur-Yon © Radio France - Emmanuel Sérazin