Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Deux jeunes militants d'extrême-droite en appel à Nancy pour menaces de mort à l'encontre de la communauté LGBT

-
Par , France Bleu Sud Lorraine

Le procès en appel de ces deux jeunes militants, proches du groupuscule d'extrême-droite "Lorraine nationaliste", s'est tenu ce mardi 7 février. Lors d'une marche des fiertés LGBT à Nancy, au printemps 2014, ils ont déployé avec six autres activistes cagoulés une banderole "Allez brûler en enfer".

En première instance, les deux prévenus ont écopé de six et huit mois de prison avec sursis.
En première instance, les deux prévenus ont écopé de six et huit mois de prison avec sursis. © Maxppp - Alexandre Marchi

Nancy, France

Jugés en appel pour "menaces de mort faites en raison de l'orientation sexuelle", deux militants d'extrême-droite sont accusés d'avoir déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire "Allez brûler en enfer" durant une marche des fiertés LGBT à Nancy. La manifestation avait lieu au printemps 2014. Les deux prévenus ont été retrouvés avec des vidéos prises au moment des faits et par l'ADN retrouvée sur des fumigènes.

En première instance, en janvier 2015, ils ont écopé de six et huit mois de prison avec sursis. Ensemble, ils étaient condamnés à verser 3 000 euros de dommages et intérêts à l'association Equinoxe de Nancy, qui s'est portée partie civile. Les deux prévenus, l'un étudiant en droit, l'autre demandeur d'emploi, avaient fait appel de cette décision.

Des termes violents

Comme durant le premier procès, l'avocat de la défense a d'abord plaidé la liberté d'expression. "On n'est pas du tout sur ce terrain là, réfute Maître Massé, l'avocat de la partie civile. On est bien sur une infraction classique de menaces de mort". Le procureur général a également rejeté la nullité soulevée par la défense, soulignant les "termes violents" tenus sur cette banderole .

Devant la première présidente, les deux hommes, âgés de 23 et 25 ans, ont gardé le silence. L'un a le cheveu blond, coupé à raz. Son visage est fermé. Le deuxième, vêtu d'un veston-cravate garde la tête droite. "C'est bien regrettable qu'ils ne s'expriment pas... Même si c'est plus simple", lâche la première présidente.

Les deux prévenus ont revendiqué leurs actes sur les réseaux sociaux". Maître Massé.

"Ils ne s'expriment pas à la barre, pourtant les deux auteurs ont reconnu les faits hors procédure judiciaire", continue Maître Massé. A la main, l'avocat tient toute une liste de citations issues d'interviews données aux médias par les deux prévenus ou de paragraphes rédigés sur le site Lorraine nationaliste, dont les deux prévenus sont sympathisants. "Nous ne sommes pas là pour juger sur les idées de Lorraine nationaliste, mais sur le contenu de la banderole", coupe l'avocat de la défense, Maître Morel.

Finalement, la partie civile et le parquet ont requis les mêmes peines qu'en première instance. En sortant de la salle, les deux prévenus ont accepté de répondre aux questions de France Bleu. Chacun joue sur les mots pour affaiblir les accusations de menaces de morts.

C'est une incitation à la haine, ce n'est pas une menace de mort. Supposons que je vous dise d'aller vous faire voir, je ne vous menace pas de mort. Mais ça veut exactement dire la même chose que "aller au diable", "aller brûler en enfer"... C'était une suggestion appliquée", se justifie l'un des prévenus.

Les arguments d'un des deux prévenus pour affaiblir l'accusation de "menaces de mort".

Jérémy Baudoin, président de l'association nancéienne Equinoxe, lui, se montre assez confiant sur la décision de la Cour d'appel. Entre autres parce que la ligne de défense n'a pas changé d'un pouce, et qu'elle ne tenait déjà pas en première instance.

Jérémy Baudoin, président du centre LGBT Lorraine-Sud, Equinoxe, à Nancy.

La défense en première instance n'avait pas du tout fonctionné... A mon avis ça va être compliqué pour eux d'être relaxé", commente le président de l'association Equinoxe.

L'affaire a été mise en délibéré au 16 mars prochain.