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Faits divers - Justice
Dossier : Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen

Deux mois après l'incendie à l'usine Lubrizol à Rouen : ce que l'on sait

Le 26 septembre 2019, un incendie dévastait une partie de l'usine Lubrizol à Rouen, provoquant un panache de fumée de 22 km de long sur 6 km de large. Deux mois plus tard, où en est-on ? France Bleu Normandie dresse un état des lieux.

Le site de Lubrizol à Rouen
Le site de Lubrizol à Rouen © AFP - Lou Benoist

Rouen, France

Il y a deux mois jour pour jour, un incendie détruisait une partie de l'usine Lubrizol à Rouen et provoquait un gigantesque panache de fumée noire au dessus de l'agglomération. 9000 tonnes de produits chimiques sont partis en fumée. Les habitants ont subi les mauvaises odeurs et la suie tombée dans les jardins, sur les balcons ou les voitures. Pendant trois semaines, les agriculteurs se sont vus interdire la commercialisation de leurs productions (lait, œufs, miel, légumes, céréales). 

L'enquête a débuté. Des perquisitions ont été menées chez Lubrizol et l'entreprise voisine Normandie Logistique. Mais pour l'instant, on ne connait toujours pas l'origine de l'incendie. Deux mois après cette catastrophe, de nombreuses questions se posent encore. France Bleu Normandie dresse un état des lieux ce mardi. 

Où en est l'enquête ? 

Deux mois après l'incendie à l'usine Lubrizol, rien ne vient valider la thèse d'une possible intrusion sur le site de l'entreprise rouennaise. La piste ne semble pas retenue aujourd'hui par les enquêteurs. Sur les vidéos de surveillance, on aperçoit bien une silhouette mais il s'agit d'un salarié de l'usine voisine Triadis, témoin de l'incendie. Il est le premier à avoir alerté les pompiers avant de tenter de fermer l'arrivée générale du gaz au coin de la rue dans le champ de la caméra. 

De leurs côté, les députés et les sénateurs mènent aussi leur propre enquête sur l'incendie à l'usine Lubrizol. Depuis le 30 septembre, une commission parlementaire présidée par Christophe Bouillon, député PS de Seine-Maritime enchaîne les auditions. Même chose au Sénat où une commission d'enquête a été créée le 10 octobre dans le but « d'évaluer l'intervention des services de l'État dans la gestion des conséquences environnementales, sanitaires et économiques de l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen. »

Où en sont les opérations de nettoyage du site ?

Les opérations de nettoyage sont toujours en cours. Les accès et les zones autour des bâtiments incendiés ont été nettoyés. Il restera à s'occuper des bâtiments qui ont brûlé.  Des appels d'offre ont été lancés pour leur nettoyage. Mais ce n'est pas commencé. 

Plus de 300 fûts ont été traités sur les quelques 1.400 qui doivent être traités. Une bonne partie des 160 fûts à risque ont été traités.  Le traitement des fûts devrait prendre plus de temps que prévu et ne s'achever que fin janvier. 

Les odeurs persistent toujours mais elles s’atténuent, selon la direction qui travaille étroitement avec Air Normandie. 

Où en est le projet de redémarrer l'activité ? 

La direction de Lubrizol souhaite un redémarrage partiel de l'activité avant la fin de l'année. Elle veut relancer deux unités de mélange et réalise tous les travaux de mis en sécurité du site à la suite des injonctions de la Dreal, la direction régionale de l'environnement. Le dossier est en cours de constitution. Il sera soumis aux autorités le 10 décembre.

Pour convaincre, la direction a décidé de ne plus avoir de stockage sur le site de Petit-Quevilly. Les hangars détruits ne seront pas reconstruits. Ce qui limite le risque de façon importante, selon la direction qui répète depuis plusieurs jours qu'il y a urgence à sauver l'emploi. L'usine Lubrizol emploie 400 salariés. Elle en fait vivre 800 autres en compte les sous-traitants. Actuellement, sur les 400 salariés, la moitié environ sont de retour à l'usine.

Si les unités de mélange ont redémarré, l'entreprise envisagera alors de l'unité de fabrication  de produits intermédiaires, étape plus délicate car elle utilise des produits chimiques. 

Reste t-il encore des traces du panache de fumée ?

Deux mois après l'incendie de Lubrizol, des traces subsistent chez les particuliers dans beaucoup de communes. C'est le cas par exemple à Blainville-Crevon, à Isneauville, à Préaux, à Buchy, Saint-Martin-du-Vivier ou encore à Quincampoix. Rappelons que le panache de fumée noire s'est étendu sur 22 kilomètres de long et 6 kilomètres de large.  

A Saint-Martin-du-Vivier, le panache de fumée a déposé de la suie partout chez Christophe. Il  a prévenu son assurance le jour même de l'incendie, mais n'a toujours pas de nouvelles. Christophe a confiné ses chèvres et ses poules quelques jours mais il a bien fallu les laisser sortir :  "Toute la volaille est contaminée. Ce qu'on élevait pour la viande, on ne pourra jamais le consommer"

Une entreprise est venue faire un devis. Il y en a pour 8000 euros pour tout nettoyer. Un coût que l'assurance de Charly a pris en charge rapidement. Les traces de suie étaient bien visibles sur la façade de sa maison de Préaux

L'intervention a duré toute la journée. Et la famille est rassurée. "Mon fils peut aller jouer dans le jardin, il n'y a plus de traces noirs sur le mobilier de jardin, sur son trampoline, sur sa cabane, explique Charly. L'entreprise qui est intervenue chez Charly a encore du pain sur la planche Pas moins de 200 interventions sont programmées dans les semaines qui viennent.

Où en est l'indemnisation des agriculteurs ?

Contrairement à ce que le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a annoncé par communiqué, rien n'avait encore été versé la semaine dernière aux agriculteurs, victimes des retombées de l'incendie à l'usine Lubrizol de Rouen. Selon nos informations, plus d'une centaine de dossiers ont déjà été remplis et sont en cours d'examen. Les premiers versements devraient intervenir cette semaine. On attend maintenant confirmation. 

Plus de 3.000 exploitations ont été touchées par les retombées de l'incendie. 400 producteurs laitiers environ sont concernés.  Des mesures de restrictions agricoles ont frappé les agriculteurs de 216 communes (dont 112 en Seine Maritime) pendant trois semaines. Ils ne pouvaient plus commercialiser leurs productions agricoles et même récolter. 

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