Faits divers – Justice

Deux présumés islamistes devant le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne

Par Philippe Rey-Gorez, France Bleu Champagne-Ardenne vendredi 16 septembre 2016 à 18:53

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Deux hommes présumés islamistes se sont retrouvés ce vendredi devant le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne. L'un d'eux est fiché S. Deux affaires différentes, jugées en référé, et qui illustrent les tensions liées à la lutte contre le terrorisme.

Deux hommes, présumés islamistes, étaient ce vendredi devant le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne. Tous deux sont musulmans, et se défendent d'avoir quoique ce soit à voir avec l'Etat Islamique. Le ministère de l'intérieur pense exactement le contraire...

Un jeune fiché S

La première affaire concerne un jeune Chalonnais de 25 ans, fiché S. C'est lui qui a saisi le tribunal administratif pour s'opposer à l'assignation à résidence dont il fait l'objet.

Je n’ai rien à voir avec les terroristes

Le jeune homme est suspecté d'avoir voulu aller en Syrie pour rejoindre les rangs de Daech. Il reconnait l'intention du voyage, mais explique que c'était pour rejoindre les forces qui luttent contre Daech. Il dit qu'il est contre l'islamisme radical. Il dénonce aussi les contraintes de l'assignation à résidence. Il doit pointer au commissariat deux fois par jour, et rester chez lui la nuit. Impossible d'après lui, de trouver du travail dans ces conditions.

Le danger est réel

Le représentant du ministère de l’intérieur

« Il représente vraiment un danger », explique à la barre le représentant du ministère de l'intérieur. Il y a les sites internet qu'il a visités, son soutien affiché au djihad. Il y a aussi le fait qu'au cours d'une hospitalisation, il ait refusé d'être soigné par des femmes. Le tribunal a refusé sa demande et maintient l'assignation à résidence.

Dans la 2° affaire, c’est le ministère de l’intérieur qui a saisi le tribunal administratif. C'est obligatoire : quand du matériel informatique est saisi au cours d'une perquisition, il faut l'accord du TA pour exploiter les données.

Une perquisition, et du matériel informatique saisi

Cette perquisition a eu lieu mardi, et l'homme qui en est l'objet semble vraiment tomber des nues. 28 ans, Français d'origine tunisienne, ce père de famille est technicien dans une grande entreprise.

C’est une machine qui dévore tout le monde dès qu’il y a un soupçon

Il explique qu'il est passionné par la chose militaire. Il collectionne des armes anciennes, fait partie d'un club de tir. D'après lui, c'est un de ces collègues, membre d'un groupe identitaire, qui l'a dénoncé. Il se dit choqué par ce qui lui arrive. Du jour au lendemain, il est devenu un suspect.

Les enquêteurs, eux, affirment avoir vu dans l'historique de son ordinateur des sites en arabes concernant Daech. "C’est faux", répond l'intéressé. Il donne son accord pour l'exploitation des fichiers : « je n'ai rien à cacher ». Le Tribunal Administratif autorise l'exploitation des données.