Faits divers – Justice

Deux supporters russes comparaissent en appel pour les violences à Marseille pendant l'Euro

Par Fabien Le Dû, France Bleu Provence et France Bleu jeudi 13 octobre 2016 à 21:42

200 hooligans russes étaient venus en découdre avec les supporter britanniques le 11 juin à Marseille en marge de la rencontre Angleterre-Russie durant l'Euro (illustration)
200 hooligans russes étaient venus en découdre avec les supporter britanniques le 11 juin à Marseille en marge de la rencontre Angleterre-Russie durant l'Euro (illustration) © AFP - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Deux ressortissants russes de 29 et 35 ans comparaissent ce vendredi matin devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. En comparution immédiate, ils avaient écopé de 18 mois et deux ans de prison ferme pour avoir participé le 11 juin dernier à des violences dans le centre de Marseille pendant l'Euro.

Ils s'appellent Serguei Gorbatchev et Alexei Orunof, supporters russes originaires de Krasnodar et Moscou. Ils faisaient partie des 200 hooligans russes venus en découdre avec les supporter britanniques le 11 juin à Marseille en marge de la rencontre Angleterre-Russie durant l'Euro.

Ils avaient été interpellés après la rencontre, dans les Alpes-Maritimes en compagnie d'une quarantaine de supporters voyageant dans un bus. En comparution immédiate ils ont été condamnés à des peines de 18 mois de prison et deux ans de prison ferme pour violence avec armes et participation à un groupe en vue de préparer des violences contre les personnes. Des peines qu'il jugent trop lourdes.

Identifiés par des images vidéo

Au cour de leur procès, les deux hommes, identifiés par des images vidéo, avaient minimisé leur rôle dans les violences. Alexei Orunof, que l'on voit sur des images tournées par une go-pro fixé sur le front d'un supporter russe, avait admis avoir été présent dans le centre-ville de Marseille, mais "je n'ai porté aucun coup ni jeté aucune chaise, j'ai les mains propres" avait-il déclaré à la barre. Serguei Gorbatchev, lui, avait été filmé en train de lancer un pavé sur la foule sur le vieux port : "je ne faisais que me défendre" s'était-il justifié.

Pour le procureur de la république il s'agissait d'une véritable "chasse à l'anglais", il avait requis jusqu'à 30 mois de prison ferme. Ces violences, très organisées et très rapides, menées par des supporters entraînés et amateurs de sports de combats, avait fait 35 blessés, dont deux britanniques grièvement touchés.

L'un d'eux, père de famille de 51 ans, avait été roué de coups et frappé avec une barre de fer, il n'avait dû sa survie qu'au massage cardiaque pratiqué par un CRS. Il avait été plongé dans le coma. Il est depuis retourné dans sa famille au sud de l'Angleterre, à Southampton. Selon nos informations, il se rétablit doucement, il a retrouvé l'usage de la parole et l'autonomie de certains mouvement mais il n'a aucun souvenir de son agression et pourrait garder des séquelles irréversibles de ce 11 juin.

Ce procès en appel débute à 9h devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

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