Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Devant les assises de Nancy, un octogénaire raconte pourquoi il a tué sa femme atteinte d’Alzheimer

mardi 7 mars 2017 à 18:13 Par Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine

Depuis mardi, la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle juge un homme de 87 ans qui, en 2015, avait tué son épouse souffrant d’une maladie dégénérative. Pourtant, après 59 ans de vie commune, le couple s’aimait encore.

La cour d'assises de Meurthe et Moselle
La cour d'assises de Meurthe et Moselle © Maxppp - Maxppp

Nancy, France

En 2015, à Gélacourt en Meurthe-et-Moselle, quand Rémo Cipriani a tué son épouse, cela faisait deux ans qu'il se rendait bien compte que sa femme perdait pied avec la réalité et il ne voulait pas la placer dans une maison de retraite. C’est la raison pour laquelle, il a décidé de l’asphyxier avec un sac en plastique, avant de tenter de se suicider. Les secours ont réussi à le réanimer, mais pas son épouse.

Depuis ce lundi, cet homme de 87 ans est jugé pour meurtre sur conjoint. Lors de la première journée d’audience, il a tenté d’expliquer son geste.

Pour moi c'était une sainte, je n'avais rien à lui reprocher" - l'accusé

Evènement rare dans un procès de cour d'assises, l'accusé, en raison de son grand âge, a été autorisé à s'asseoir aux côtés de son avocate sur un siège beaucoup plus confortable que les bancs du box.

L'homme, chétif, petite lunette sur le nez, veste de costume trop large, encore quelques cheveux blancs sur le crâne, répond avec assurance aux questions de la présidente, même si celle-ci doit de temps en temps s'y reprendre à deux fois pour se faire entendre.

Sur la relation avec sa femme, il raconte : "On allait fêter nos noces de diamant, nous avons toujours tout fait ensemble, on marchait main dans la main. Pour moi, c'était une sainte, pas un brin de malice, je n'avais rien à lui reprocher".

"Oui, mais cette organisation a volé en éclat dès que les premiers signes de dégénérescence sont apparus", suggère la présidente. "Oui, au quotidien, c'est devenu compliqué", répond-il, "elle n'arrivait plus à cuisiner, elle laissait le gaz allumé et au téléphone, elle ne reconnaissait plus personne. Elle perdait pied avec la réalité et je ne l'imaginais pas seule dans une maison de retraite, elle ne l'aurait jamais accepté".

Parfois, il n'est pas besoin de mots pour se comprendre" - l'avocate de l'accusé

Sur la possibilité de placer son épouse en maison de retraite, la présidente de la cour relance l'accusé : "Mais vous lui avez demandé son avis ?" Réponse de l'octogénaire : "Non, je n'ai pas évoqué le sujet avec elle. J'avais décidé que l'on partirait tous les deux en même temps, j'ai donc pris cette décision radicale tout seul." "Parfois, après 60 ans de vie commune, il n’est pas besoin de mots pour se comprendre", plaide son avocate, Me Sophie Ferry-Bouillon.

Le procès se poursuit jusqu’à jeudi 9 mars.