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Faits divers – Justice

Deuxième jour procès du meurtre d'Anouar Zéhti : la démonstration du gendarme et la douleur de la famille de la victime

mercredi 14 mars 2018 à 23:06 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn

Cette deuxième journée d'audience devant la Cour d'assises à Pau, a été marquée par la déposition du directeur d'enquête, et par les mots très forts des membres de la famille d'Anouar Zéhti, la victime.

Les deux avocats de la défense. Me Tugas et Me Sagardoytho
Les deux avocats de la défense. Me Tugas et Me Sagardoytho © Radio France - Daniel Corsand

Pau, France

Le deuxième jour d'audience aux assises des Pyrénées-Atlantiques dans l'affaire Anouar Zéhti a mis en difficulté la défense de l'un des accusés,  Christian Bodéi. Enquêteur, témoins et experts ont été auditionnés pour essayer de comprendre ce qui est arrivé à Anouar Zéthi, un orthézien de 22 ans tué à Lendresse en  2010 dont le corps n'a été retrouvé que 4 ans plus tard après les aveux de l'un des deux accusés. Les accusés, Christian Bodéi et David Winkler, s'accusent mutuellement d'avoir tiré le coup de feu fatal.

Lapsus révélateur et enquête minutieuse

La cour a entendu longuement, le matin, le directeur d’enquête, le gendarme François Casabonne. Dans son exposé on comprend pourquoi ils sont deux dans le box. Alors que Christian Bodei affirme encore qu'il n'était pas là quand Anouar a été tué. Il y a les lapsus du gendarme, qui conjugue "ils" systématiquement au pluriel avant de se reprendre et d'inclure un singulier plus conforme du point de vue de la procédure. Mais tous les éléments ou presque dérivent vers Bodei. Le gendarme de la section de recherche explique que la version de Winkler est plus conforme avec les éléments objectifs de ce dossier : la téléphonie, la configuration des différents lieux, la balistique, les écoutes et les temps de parcours.  

Ne pas baisser les yeux

Et puis, plus subjectif, il y a cet échange entre Hervé le père de David Winkler et Christian Bodei. Le père qui affirme être persuadé que son fils "n'a pas de sang sur les mains". Bodei et le père Winkler se regardent fixement. Le père dit alors : "lui, il ne baisse pas les yeux. Je ne vais pas baisser les miens.

La dignité des Zéhti

La cour a aussi entendu les cinq membres de la famille Zehti : les parents, les deux sœurs et le frère d'Anouar. Cinq auditions tout aussi dignes qu'émouvantes. Ils ont longtemps attendu ce moment. Ils ont serré les dents et laissé résumer leur Anouar en un dealer de cocaïne.  Pour eux c’était surtout une jeune homme joyeux qui leur manque. Le père d'abord a dit sa peine, sa douleur même. Quand il a appris la mort de son fils, il est allé pleurer seul au sous-sol de la maison. Seul parce qu'il devait rester "le plus fort de la famille". Il raconte que les albums de photos sont cachés. "Je ne souhaite à aucun parent de vivre ce qu'on est en train de vivre".  Le grand frère ajoute que les familles des accusés aussi sont détruites. Il attend de ce procès que la vérité soit dite. La grande sœur dit aux accusés: "aujourd'hui c'est le moment". 

La famille Zéhti, avec des mots très justes, a raconté le calvaire au quotidien. Cette même grande sœur, quand elle annonce qu'elle va se marier, elle entend sa mère lui dire : "Attends. Tu ne veux pas que ton frère soit là pour ton mariage?" A  l'époque le corps d'Anouar n'avait pas été retrouvé. La petite sœur raconte les moqueries et les fausses rumeurs au lycée. Ou le grand frère qui tait son nom de famille parfois, quand on faisait passer les Zéhti comme la famille d'un caïd.  Pour eux Anouar c'est un fils, un frère qu'on leur a enlevé.

Le procès est interrompu ce jeudi pour cause de grève des avocats. Il pourrait du coup se poursuivre samedi. Les débats reprennent ce vendredi à 9 heures