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Jawad Bendaoud au tribunal : "c'est comme si vous me disiez que Joeystarr va s'engager dans Daech"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu
Paris, France

Ce jeudi, au deuxième jour du procès, Jawad Bendaoud a longuement été interrogé. Agité, très bavard, il a multiplié les sorties. Il assure qu'il ignorait l'identité des terroristes. "Je suis un délinquant, pas un terroriste", s'est défendu un autre prévenu, Mohamed Soumah.

Didier Seban, avocat de dizaines de parties civiles au procès de Jawad Bendaoud
Didier Seban, avocat de dizaines de parties civiles au procès de Jawad Bendaoud © Radio France - Rémi Brancato

Au deuxième jour de son procès, Jawad Bendaoud, jugé à Paris pour avoir fourni une planque aux terroristes du 13 novembre, a longuement été interrogé par la présidente de la 16e chambre correctionnelle du tribunal. Veste aux couleurs du PSG, rouge, sur les épaules il explique que c’est celle qu’il avait le soir où il a accueilli les terroristes du 13 novembre dans son squat. "C'est pour ça que je l'ai mise aujourd'hui" dit-il au début, faisant frémir certains avocats des victimes. 

Il gérait quatre squats dans le centre de Saint-Denis

"Quand je me fais arrêter sur BFM", lâche-t-il," j’ai quatre squats, deux que j’ai vendu pour 3000 euros chacun". Son discours est confus il parle beaucoup, vite et se défend du lien qu'on a pu faire entre lui et les terroristes. "J’avais pas saisi que j’allais atterrir dans une affaire avec 130 morts" répète-t-il.

Jawad Bendaoud assure avoir découvert les attentats dans sa cellule après son arrestation le 18 novembre.  Il assure que le soir du 13 novembre, il était très perturbé, puisqu’une maîtresse venait de lui annoncer qu’elle était enceinte.

Il assure qu'il ignorait l'identité des terroristes

"Quand Abaaoud entre dans mon appartement, je ne sais pas qui il est Madame" explique-t-il encore. La veille, il a consommé beaucoup de cocaïne, se dit "défoncé". "Il me dit qu’il vient de Belgique" dit-il, sans comprendre, assure-t-il. "Mon but c’est de quitter l’appartement au plus vite, d’aller prendre une douche, et de rejoindre ma compagne".

C'est comme si vous me disiez que Joeystarr va s'engager dans Daech"

Questionné sur ces éléments troublants, il répond : "le lendemain je me suis demandé comment j’ai pu être aussi con (...) il y avait des signes mais je les ai mal interprétés". Pour lui, Mohamed Soumah et Hasna Aït Boulahcene qui l'ont mis en relation avec les deux terroristes n'avaient pas le profil. "C'est comme si vous me disiez que Joeystarr va s'engager dans Daech" explique-t-il dans le box. 

Mohamed Soumah, l'autre prévenu détenu également interrogé

L'autre prévenu, Mohamed Soumah, qui l'avait mis en relation avec la cousine d'Abdel Hamid Abaaoud, a été longuement interrogé. "Je ne suis pas un terroriste", s'est il défendu dans le box.

"Sans le savoir c'est un peu de ma faute", reconnaît un prévenu

"J'aimerais présenter mes condoléances et dire pardon aux victimes et aux familles de victimes", a d'abord tenu à dire Mohammed Soumah alors que la présidente l'interrogeait sur les faits. "Indirectement, sans le savoir, c'est un peu de ma faute", lâche-t-il, maladroitement.

Mohammed Soumah : "un délinquant", "pas un terroriste"

Celui qui se présente comme "un délinquant, un voyou", deale de la cocaïne et du crack, à Saint-Denis. Il a rencontré Jawad en prison, au Val de Rueil. Transféré dans un autre établissement alors que Jawad lui doit 150 euros dans le cadre d'un trafic de cannabis en détention, il lui en veut. "Je crois qu'il m'a carotte", lâche Soumah à la présidente. 

A sa sortie d'un autre séjour en prison en 2015, il recrute finalement Jawad Bendaoud pour son trafic. En marge de l'enquête sur le 13 novembre, des charges ont été retenues à l'encontre des deux hommes qui ont d'ailleurs conduit en janvier 2017 à une condamnation à de la prison ferme par le tribunal correctionnel de Bobigny.

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"Je suis pas dans la case terroriste" a-t-il assuré à la  présidente, "je suis dans la case délinquant, voyou, racaille, comme vous voulez". 

Au sujet des terroristes : "elle ne m'a pas parlé de ça"

Interrogé sur l'aide apportée à Hasna Aït Boulahcene qui cherche un squat pour son cousin Abdel Hamid Abaaoud. "Elle pleure, on est en hiver, elle va peut être me ramener d'autres clients". Il espère "pourquoi pas coucher avec elle" dit il. Il assure ignorer, avant le 17 novembre, veille de l'assaut à Saint-Denis, qu'elle cherchait à loger deux hommes. Connaissait-il l'identité des hommes que la jeune femme cherchait à loger? "Elle ne m'a pas parlé de ça Madame" assure-t-il à la présidente .

Depuis ce mercredi, Jawad Bendaoud, dont tout le monde a vu le visage apparaître le 18 novembre, au matin de l'assaut antiterroriste de Saint-Denis et Mohammed Soumah sont jugés pour avoir fourni un logement aux terroristes du 13 novembre. Youssef Aït Boulahcen, le frère d'Hasna Aït Boulahcen, comparait lui pour ne pas avoir dénoncé les terroristes.

Le procès peut durer jusqu'au 14 février. 500 personnes se sont constituées partie civile pour tenter de faire reconnaître leur statut de victime. Deux salles de retransmission vidéo de l'audience ont été installées pour ce procès, hors norme, premier en lien avec les attentats du 13 novembre 2015.

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