Faits divers – Justice

Devant l'état de la caserne, des CRS de Charleville envoyés à Paris dorment dans leurs fourgons

Par Alexandre Blanc, France Bleu Paris Région, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu vendredi 14 octobre 2016 à 16:39

Faute de caserne jugée décente, des CRS passent la nuit dans leurs fourgons.
Faute de caserne jugée décente, des CRS passent la nuit dans leurs fourgons. © Radio France

Arrivés jeudi en région parisienne pour une mission de deux semaines, des CRS de la compagnie de Charleville-Mézières ont préféré dormir dans leurs fourgons que de passer la nuit dans une caserne qu'ils jugent insalubre.

Une odeur nauséabonde règne dans les sanitaires, des moisissures ont élu domicile dans les douches et sur le réfrigérateur, là où la nourriture est stockée. Voilà ce que décrivent les CRS de la compagnie 23 de Charleville-Mézières arrivés jeudi à Paris pour une mission de deux semaines. Le cantonnement de Deuil-la-Barre, dans le Val-d'Oise, sert à héberger les unités de passage. 70 des 80 policiers ont refusé d'y être hébergés et ont passé leur première nuit de mission dans leurs fourgons.

Dans le cantonnement de CRS de Deuil-la-Barre. - Radio France
Dans le cantonnement de CRS de Deuil-la-Barre. © Radio France

"Si les collègues ont réussi à dormir une heure, c'est bien le bout du monde", s'inquiète Frédéric Roger, le secrétaire de l'union locale de l'UNSA-Police à la CRS23. "Les collègues sont retournés au travail sans même avoir pris une douche. J'ose espérer, avec l'état de fatigue avancé des fonctionnaires, qu'il n'arrivera rien sur le terrain", poursuit le représentant syndical.

Lorsque l'administration a appris que les CRS de Charleville-Mézières refusaient leur cantonnement, les locaux ont été javellisés et la cuisine fermée. La compagnie ardennaise avait déjà séjourné dans ce même bâtiment en mai dernier et avait déjà signalé son état de délabrement. Selon l'UNSA-Police, ils s'étaient vu répondre que des travaux y étaient programmés.

Une solution de relogement leur a été proposée vendredi. L'unité se retrouve séparée en deux, les uns dans un autre cantonnement, les autres à l'hôtel. Les deux sites sont distants de 50 km.

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