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Faits divers – Justice

Une mère erre des heures avec son enfant mort dans les bras dans les couloirs de l’hôpital de la Timone

vendredi 9 mars 2018 à 21:40 Par Guillaume Farriol, France Bleu Provence et France Bleu

Elle a vécu un enfer à la Timone. En septembre dernier, une mère de 29 ans a transporté elle-même le corps de son bébé, mort à cause d'une malformation, jusqu'à la morgue de l'hôpital. Elle a décidé de raconter son calvaire pour qu'une telle situation ne se reproduise pas.

L'hôpital de la Timone évoque un "enchainement de dysfonctionnements".
L'hôpital de la Timone évoque un "enchainement de dysfonctionnements". © Maxppp - Cyril Sollier

Marseille, France

Son calvaire a duré plusieurs heures en septembre dernier à l'hôpital de la Timone à Marseille. Tout commence après la mort du bébé de Marine  : le nouveau né a une malformation au diaphragme et ne survit pas. Deux heures après son décès, une brancardière arrive dans la chambre de Marine. "Tout de suite, j'ai compris qu'il y avait un problème", raconte la jeune femme de 29 ans. Et pour cause, il manque un couffin pour transporter le bébé. C'est le début du calvaire : personne ne sait comment conduire le nouveau-né jusqu'à la morgue, alors Marine décide avec son compagnon de transporter elle-même sa fille jusqu'à la chambre funéraire qui se trouve à l'autre bout de l'hôpital. 

"J'ai marché pendant environ un kilomètre avec mon bébé décédé dans mes bras. Tout cela à la vue de tout le monde et sachant que j'avais encore des douleurs après mon accouchement qui s'était déroulé trois jours auparavant."

Arrivés devant la porte arrière de la morgue, le cauchemar se poursuit : il n'y a personne dans le bâtiment ! Malgré les appels à l'aide et les efforts du personnel de l'hôpital pour trouver une solution, le couple doit attendre une heure entière, toujours avec leur fille dans les bras. "On était dans le local poubelle, assis sur des parpaings". Finalement, quelqu'un finit par arriver et prend en charge le corps du bébé.

Sept mois après, le traumatisme est toujours là

La douleur est toujours très vive : Marine a du mal à raconter l'enfer qu'elle a vécu. Elle doit réprimer ses larmes pour arriver au bout de son récit. Mais aujourd'hui, si elle parle, c'est pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise : "Je suis en colère, il faut parler de ce qu'il m'est arrivé ! Les gens doivent savoir ce qui s'est passé et s'il leur est arrivé quelque chose de similaire, ils ne doivent pas se taire !

Un enchaînement de dysfonctionnements

Après l'horreur vécue par Marine, la direction de l'hôpital a reçu la jeune femme et son compagnon. L'hôpital s'est bien sûr excusé : l'APHM (Assistance publique-hôpitaux de Marseille) évoque un "enchaînement de dysfonctionnements" et assure que des mesures vont être prises. Déjà, une nouveauté est à noter : une salle dédiée au recueillement des familles a été mise en place dans le service de réanimation de l'hôpital. Les corps des défunts reposeront désormais dans ce lieu avant d'être transférés à la morgue.