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Faits divers – Justice

Dijon : après la mort d'un étudiant suite à un plaquage faut-il faire évoluer les règles du rugby ?

mardi 8 janvier 2019 à 18:48 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne et France Bleu

Nathan Soyeux, 23 ans, était étudiant dans une école d'ingénieurs à Dijon. Le 24 novembre dernier lors d'un tournoi inter-écoles, un joueur d'une équipe adverse l'a plaqué. D'abord conscient au bord du terrain, le joueur s'est plaint de nausées avant de perdre connaissance. Il est mort ce dimanche.

Le rugby Français de nouveau endeuillé. Dimanche, le jeune Nathan Soyeux, étudiant à Dijon a succombé des suites d'un plaquage.
Le rugby Français de nouveau endeuillé. Dimanche, le jeune Nathan Soyeux, étudiant à Dijon a succombé des suites d'un plaquage. © Maxppp - Michel Clementz

Dijon - France

Nouvel accident mortel au rugby. Ce dimanche un étudiant de 23 ans est mort au CHU de Dijon des suites d'un choc subi lors d'un plaquage fin novembre au cours d'un match de rugby amateur. Nathan Soyeux avait 23 ans, il était étudiant en 5e année à l'ESIREM, une école d'ingénieurs. Originaire de Chaumont, en Haute-Marne, il n'était pas licencié à la Fédération française de rugby (FFR) et participait à un tournoi entre école d'ingénieurs sur le campus universitaire de Dijon. 

Le quatrième décès en France en moins de huit mois

Transporté au CHU de Dijon, le joueur a été plongé dans un coma artificiel pendant une dizaine de jours, à l'issue desquels les médecins avaient d'abord espéré le réveil du jeune homme, mais son état de santé s'était finalement récemment dégradé, a précisé son établissement. C'est le quatrième décès d'un jeune rugbyman en France en moins de huit mois. 

Le Stade Dijonnais a mis en place une commission médicale

Pour se prémunir de ce phénomène qui inquiète de plus en plus le monde du rugby, depuis 7-8 ans, le Stade Dijonnais a mis en place une commission médicale composée d'une dizaine de médecins. Une commission qui fait référence au niveau régional et même au niveau Français. Bernard Rolland, 73 ans, ancien joueur et ancien entraîneur, est le coordonnateur de cette commission. "Tous les dimanches on a deux médecins qui supervisent les matchs, ils interviennent même pour l'équipe adverse" explique Bernard Rolland. 

Le rugby peut être un sport très violent (illustration) - Maxppp
Le rugby peut être un sport très violent (illustration) © Maxppp - XAVIER DE FENOYL

Et parfois ce genre d'interventions ne passent pas très bien auprès des adversaires. "Ça ne passe pas très bien parce que les entraîneurs ne comprennent pas qu'un toubib puisse dire : 'attention il y a suspicion de commotion cérébrale sur tel ou tel joueur'. Tout de suite, ils pensent qu'il s'agit d'une tentative d'ingérence sauvage pour faire sortir le joueur. Et pourtant ce n'est pas du tout cela" glisse Bernard Rolland. "Nos médecins sont vraiment axés sur la santé du joueur. Parce qu'en matière de commotion cérébrale il y a le premier choc mais c'est surtout l'éventuel deuxième choc qui peut-être terrible". 

En cas de suspicion de commotion le joueur doit absolument respecter une période sans rugby 

Si le joueur est victime d'une première commotion il doit absolument quitter ses partenaires puis respecter une période de repos de plusieurs jours avant de pouvoir retourner sur un terrain. "Si un gamin prend un choc et qu'il retourne immédiatement sur le terrain et qu'il prend un nouveau choc c'est très, très dangereux" souffle encore Bernard Rolland.

Bernard Rolland

Quoiqu'il en soit, pour préserver la santé des joueurs de rugby, il semble primordial de faire évoluer les règles de ce sport. C'est ce que s'échine à faire la Fédération Française de Rugby assure le docteur Frédéric Chagué. Ce médecin ancien rugbyman est aussi président de la commission médicale de la Ligue de Bourgogne-Franche-Comté et membre de la commission médicale du Stade Dijonnais.   

"La Fédération Française de Rugby tente de remettre en place un rugby d'évitement"

Frédéric Chagué : "La Fédération Française de Rugby a mis en place de nombreuses mesures qui commencent à être effectives. On tente par exemple d'initier les joueurs aux bonnes techniques du plaquage. Mettre la tête du bon côté notamment est très important. Parce qu'on s'est rendu compte qu'il y a énormément de chocs têtes contre bassins. Dans les catégories les plus jeunes on expérimente la règle du passage en force comme au basket ou au hand-ball. La Fédération essaie également de remettre en place la philosophie du rugby d'évitement en lieu et place du rugby chamboule-tout".  

Frédéric Chagué

Renaud Gourdon, l'entraîneur du Stade Dijonnais, lors d'un match de son équipe - Maxppp
Renaud Gourdon, l'entraîneur du Stade Dijonnais, lors d'un match de son équipe © Maxppp - Nicolas Goisque

Malgré cet énième accident tragique, Renaud Gourdon, entraîneur du Stade Dijonnais ne croit pas que le rugby soit devenu un sport dangereux, un sport de brutes. "Je ne le pense pas. D'ailleurs on a eu une étude de World Rugby qui démontre qu'il y a moins d'accidents. Mais le professionnalisme a amené plus de vitesse, plus d'intensité, plus de préparation. Donc nous avons des athlètes qui vont plus vite, qui vont plus fort. Et au milieu de ça, lorsqu'un jeune est moins préparé, c'est vrai que cela peut être dangereux et il faut sans doute anticiper, prévoir, légiférer pour trouver des solutions."

Faut-il mettre fin à certains plaquages? (illustration) - Maxppp
Faut-il mettre fin à certains plaquages? (illustration) © Maxppp - Philippe Lecoeur

L'Esirem de Dijon, l'école d'ingénieurs de Nathan, a posté un message sur sa page Facebook ainsi que sur Twitter pour afficher son soutien à sa famille. Sa tragique disparition s'ajoute à celles de Nicolas Chauvin, joueur de 18 ans du Stade français, de Louis Fajfrowski, joueur d'Aurillac de 21 ans et d'Adrien Descrulhes, 17 ans, joueur amateur de Billom dans le Puy-de-Dôme.

Ce mercredi 9 janvier 2019, les "Trois Idées Reçues" de France Bleu Bourgogne sont consacrées au rugby. C'est Renaud Gourdon, coach du Stade Dijonnais, qui y répondra à 6h23 et 7h42. A écouter sur le 98.3 et le 103.7 ou bien en cliquant sur le lien ci dessous. 

Renaud Gourdon répond aux "Trois Idées Reçues" de France Bleu Bourgogne