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Dijon : des tags racistes sur des enseignes halal, des associations lancent un appel

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Par , France Bleu Bourgogne, France Bleu

Après les attentats de Nice et de Conflans-Saint-Honorine, en octobre 2020, plusieurs restaurants halal de Dijon ont été tagués. "Les gens mélangent tout", déplore le gérant d'une enseigne, qui a porté plainte. Le 15 novembre, six associations ont décidé d'alerter sur la situation.

La vitrine de ce restaurant rue Jeannin a été taguée le 19 octobre
La vitrine de ce restaurant rue Jeannin a été taguée le 19 octobre - DR

"RÉEMIGRATION". Le 19 octobre 2020, ce mot, tagué en blanc en lettres capitales, est découvert sur la vitrine du restaurant Urban Foods, rue Jeannin dans le centre-ville de Dijon, en dessous de la mention "100% Halal". Des faits qui rappellent les tags racistes sur une boucherie de Nantes, ou sur une mosquée à Dax. Près d'un mois plus tard, le 15 novembre, six associations dijonnaises - dont SOS Racisme ou la Ligue des droits de l'Homme - sonnent l'alerte sur l'augmentation de ces actes de vandalisme suite aux attentats du mois d'octobre, à Conflans-Sainte-Honorine et à Nice.  

"C'est clairement en relation avec ce qu'il se passe en ce moment"

Hassen Bel Hassin raconte la découverte des tags sur son restaurant

Difficile de savoir combien de commerces ont réellement été pris pour cible. Paul Garrigues, de la LDH, évoque des remontées au niveau des associations de dégradations sur "au moins six enseignes", même si toutes n'ont pas déposé plainte. Fin octobre, nos confrères du Bien Public évoquaient par exemple un tag "réémigration" sur la façade du Nabab Kebab, rue de la Liberté. Ni le Parquet de Dijon ni la Police ne disposent d'un chiffre exact.

Hassen Bel Hassin, gérant du restaurant Urban Foods, rue Jeannin, a lui, de son côté, bien découvert ces tags le 19 octobre dernier. Selon lui, au moins trois autres restaurants - dont deux dans la même rue - ont également été tagués. "C'est clairement en relation avec ce qu'il se passe en ce moment, les gens mélangent tout", indique-t-il en faisant référence aux récents attentats, inquiet que ces dégradations ne se transforment un jour en agressions physiques.

"Des gens qui essayent de profiter du deuil pour diviser la société"

"Ce qui me fait le plus mal, c'est d'être assimilé à ces gens-là"

"Ce qui me fait le plus mal et qui me donne un peu de haine, c'est d'être assimilé à ces gens-là, raconte le gérant du restaurant en évoquant les terroristes, et que dans le cerveau de certaines personnes, malheureusement on est tous pareils, et qu'au nom de l'islam on est tous des intégristes et tous des mauvaises personnes. C'est malheureux qu'on ne puisse plus vivre comme il y a une quinzaine d'années, il n'y avait pas ces problèmes ou très peu. Aujourd'hui, ça prend une telle ampleur que ça devient une catastrophe". Il indique avoir porté plainte, sans avoir eu de retour pour l'instant, même s'il a de l'espoir puisque "il y a des caméras dans la rue".

Une recrudescence après les attentats, selon Paul Garrigues de la LDH

Ces tags seraient en tout cas directement en lien, selon six associations dijonnaises, avec les attentats du mois d'octobre. "Les commerçants ciblés l’ont été pour leur origine ou pour leur religion, par un amalgame injustifiable avec les tueurs, peut-on lire dans leur communiqué. Nos associations alertent nos concitoyens sur ces entreprises de stigmatisation d’une partie de la population assimilée au terrorisme , parce que de confession musulmane". "Ce genre d'expression raciste va tout à fait dans le sens de faire croire qu'on ne peut pas vivre ensemble", déplore Paul Garrigues, de la Ligue des droits de l'Homme.

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