Faits divers – Justice

A Dijon, la manifestation contre la loi travail se termine dans la violence

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne vendredi 25 mars 2016 à 10:27

500 personnes se sont rassemblées à Dijon à l'appel de la CGT
500 personnes se sont rassemblées à Dijon à l'appel de la CGT © Radio France - Thomas Nougaillon

Fin de manifestation houleuse hier à Dijon ! A la mi-journée, environ 500 personnes étaient appelées à manifester contre la loi travail. La fameuse loi El Khomri, modifiée la semaine dernière par le gouvernement était présentée ce jeudi en conseil des ministres.

Tout avait pourtant bien commencé, dans le calme. Les opposants, syndicalistes FO et CGT, renforcés par des étudiants, se sont retrouvés place Darcy avant de manifester dans les rues de la ville. Mais en fin en fin d'après-midi alors que la manifestation était terminée, des heurts ont opposés les jeunes et les policiers.

"Je me suis pris un coup de matraque sur l'épaule."

Les yeux rougis, l'air hagard, un masque en carton sur le sommet du crâne, un jeune lycéen un peu perdu en tête de cortège se trouve entre une centaine de jeunes et les policiers. Plus aucun syndicaliste, plus aucun adulte. Ici, que des gamins de 17-18 ans, complètement désorganisés, face à des fonctionnaires casqués. Le lycéen dit avoir été victime de violences : "Place Darcy je me suis pris un coup de matraque sur l'épaule, regardez-moi je me suis pris trois coups de lacrymo ! je pense qu'il font leur boulot mais ils y font beaucoup, beaucoup trop fort !"

"On le savait, avant 14h, le jeune qui organisait la manif nous a dit qu'il allait y avoir des actions violentes."

Au départ de la manifestation, une trentaine de policiers étaient mobilisés, une vingtaine d'autres sont venus les soutenir.  Le commissaire principal. Il nous donne sa version des faits. Pour lui les étudiants organisateurs de la manif se sont fait piéger par des gens qui voulaient en découdre avec les policiers. "On le savait, avant la manif à 14h, le jeune qui organisait la manif nous a dit qu'il allait y avoir des actions violentes, mais qu'il ne les cautionnait pas. On y eu droit rue de Soissons, on s'attendait à une deuxième, on l' eue Porte Guillaume. Ce que cherchaient à faire les anarchistes, c'était sans doute saccager les vitrines, comme il l'avaient fait en novembre 2014".

Les policiers ont en effet usé de bombes lacrymogènes, mais pas de matraques poursuit le commissaire principal, qui dénonce côté manifestants des tirs de projectiles et de canettes de bières qui ont blessé plusieurs de ses hommes. Le combat des jeunes contre la loi travail -visiblement quelque peu parasité- lui se poursuivra le 31 mars prochain avec une journée de mobilisation nationale.