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Dijon : le procureur réclame un an de prison avec sursis contre celle qui dit "avoir vu la Vierge"

Au tribunal de Dijon, le procureur est convaincu que les adeptes de la communauté "Amour et Miséricorde" ont bien été abusés par leur cheffe, Eliane Deschamps, jugée pour dérives sectaires. Il requiert de la prison avec sursis.

ASSOCIATION AMOUR ET MISERICORDE A PETIT NOIR DANS LE JURA 14 OCTOBRE 2014 (image d'archives) ASSOCIATION AMOUR ET MISERICORDE A PETIT NOIR DANS LE JURA 14 OCTOBRE 2014 (image d'archives)
ASSOCIATION AMOUR ET MISERICORDE A PETIT NOIR DANS LE JURA 14 OCTOBRE 2014 (image d'archives) © Maxppp - PHOTOPQR/LE PROGRES/Philippe Trias

Pas de miracle pour Eliane Deschamps au tribunal de Dijon. Ce mardi 23 novembre le procureur de la République n'a pas été touché par la grâce de ceux et celles qui sont venus défendre la cheffe de la communauté "Amour et Miséricorde" dans son procès pour abus de faiblesse. "Tout cela est une vaste supercherie", affirme Pascal Labonne-Collin pour le ministère public, à propos des messages qu'Éliane Deschamps dit recevoir de la Sainte Vierge tous les 15 du mois à 00h06.

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Élucubrations et soumissions

"Les faits de soumission sont parfaitement constitués, avec monsieur Delestrac son premier adjoint, les apparitions de la Vierge étaient théâtralisées", tacle le procureur. "Le groupe s'est constitué dans le dos de l'église catholique, il y a des confessions, il y a des cérémonies, il y a un trône ou trône Eliane Deschamps mais il n'y a pas de prêtres." Et le procureur conclut : "Les révélations d'Eliane Deschamps sont des élucubrations." Il réclame un an de prison avec sursis. "Le délit punissable de cinq ans de prison mais on ne peut pas envisager que la 'gourette' aille en prison aux vues de son état de santé", précise le procureur.

"Elle a enfermé les membres de sa secte dans une prison spirituelle" -Le Procureur Labonne-Collin.

Dès 2002, comme l'a rappelé le procureur adjoint, "l'archevêque de Dijon avait interdit à la prévenue de faire du prosélytisme autour de ces apparitions, qu'il considérait farfelues". Mais ces apparitions, que "la gourelle théâtralise, attirent du monde" dans la communauté dont le nom "Amour et Miséricorde" masque un "abus de faiblesse parfaitement constitué" ajoute-il. Par la "soumission", la prévenue a enfermé les membres de sa "secte" dans une "prison spirituelle" de laquelle "on ne peut s'extraire". Elle "les menace d'exclusion, de bannissement et mène des procès quasi-staliniens où on accuse en public."

"Elle ne donnait pas de punitions, mais beaucoup d'amour" - Une adepte de la communauté 

En début de journée, quelques soutiens sont venus se faire entendre à la barre du tribunal. Contrairement à ce que disent les accusateurs, il n'y avait "pas du tout" d'esclavage, assure à la barre Anne-Marie Antiphon, 61 ans. "Les tâches étaient partagées, la cuisine, la vaisselle. On mettait tous la main à la pâte", affirme-t-elle.  Quant aux "punitions" dénoncées par les parties civiles, il s'agissait plutôt de "mises au point" afin de "régler des frictions", estime la sexagénaire. "Elles ne donnaient pas lieu à des punitions, mais à beaucoup d'amour et d'encouragement à faire mieux". "Il n'y a pas eu d'emprise", réfute-t-elle, en affirmant être "libre". 

"J'ai toujours été en liberté. Je vais à droite, à gauche", renchérit Dominique Balestrat, 64 ans, également membre du groupe fondé en 1999 par celle qui dit recevoir la Vierge Marie tous les 15 du mois à 00h06. "Je ne comprends pas pourquoi ce procès a lieu", conclut Mme Balestrat.   

"Jamais personne ne m'a obligé à faire quoi que ce soit" dans "le groupe de prière", déclare aussi Christophe Carthy, 53 ans, qui dit avoir rejoint il y a vingt ans la communauté aujourd'hui installée à Petit-Noir (Jura), attiré par "sa liberté". Démentant être "dans une secte", le professeur de fitness, musclé et nerveux, récuse avec véhémence être "une personne vulnérable", comme l'ont dit certaines parties civiles.

Le tribunal correctionnel de Dijon rendra son jugement le lundi 31 janvier 2022.

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