Faits divers – Justice

A Dijon, les soutiens aux habitants de Notre-Dame-des-Landes se rassemblent devant la préfecture

Par Naïs Esteves, France Bleu Bourgogne mercredi 13 janvier 2016 à 17:38

Une trentaine de soutiens rassemblés à Dijon pour dénoncer les expulsions.
Une trentaine de soutiens rassemblés à Dijon pour dénoncer les expulsions. © Radio France - Naïs Esteves

Les opposants à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes se sont mobilisés mercredi 13 janvier un peu partout en France. A Dijon, ils étaient une trentaine pour défendre les onze familles et les quatre agriculteurs menacés d'expulsion qui passaient devant le tribunal de grande instance de Nantes.

Une poignée de manifestants a répondu à l'appel de l'amicale Dijon/Notre-Dame-des-Landes pour soutenir les habitants menacés d'expulsion. Onze familles et quatre agriculteurs "historique" de la zone visée par le projet d'aéroport étaient au même moment mercredi 13 janvier devant le TGI de Nantes. La décision du tribunal ne sera pas connue avant le 25 janvier, 14h, a prévenu le juge.

"Une aberration écologique et économique"

A Dijon, une trentaine de manifestants s'étaient aussi réunis devant la préfecture. Ils ont été accueillis par autant de CRS et de policiers ... preuve de la tension autour du sujet pour Benjamin Dufour, membre du collectif des Lentillères de Dijon : "Je ne vais pas dire qu'ils sont plus nombreux que nous ... mais pas loin ! Nous sentons que le pouvoir est un peu fébrile sur la question et tant mieux ! Nous espérons qu'il va lâcher ce projet d'aéroport." Mais le rassemblement s'est déroulé dans le calme, avec la distribution de tracts dénonçant "une aberration écologique et économique". Derrière la banderole déployée "ni procès, ni expulsions", les militants dijonnais font tous le parallèle entre la zone de Notre-Dame-des-Landes et le quartier des Lentillères à Dijon "où il y a les dernières terres agricoles de la ville, note Benjamin. Des terres qui sont destinées, si on en croit les décideurs, à être bétonnés. C'est une aberration parce qu'elles servent à cultiver bien sûr mais aussi à créer un espace non marchand en ville, de convivialité où les gens peuvent se rassembler et ne pas être uniquement dans une ville marchande où tout serait voué au profit économique."

Ce type de projet, on peut l'avoir ici !

Alors dénoncer ce projet d'aéroport à 700 kilomètres de Dijon, ça aller de soir pour une manifestante, la cinquantaine, un badge jaune avec un avion barré épinglé sur le manteau : "Ce type de projet, on peut l'avoir ici ! s'inquiète-elle. On supprime de plus en plus de terres maraichères, c'est un problème national, pas uniquement local. Et puis la méthode est absolument scandaleuse."

L'amicale propose un vélotour samedi 16 janvier depuis la place Darcy à Dijon. - Radio France
L'amicale propose un vélotour samedi 16 janvier depuis la place Darcy à Dijon. © Radio France - Naïs Esteves

La procédure d'expulsion avait été suspendu en 2012, peu avant les dernières tentatives d'évacuation de la ZAD, la zone à défendre, occupée par les opposants au projet. Mais la procédure a été relancée à l'automne 2015 par une demande en référé déposée devant le tribunal par la société Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci et concessionnaire du site. Le sort des onze familles et de quatre agriculteurs sera connu le 25 janvier. La reprise des travaux a déjà été annoncée pour cette année.

L'amicale Dijon/Notre-Dame-des-Landes appel à un vélotour dans Dijon samedi 16 janvier pour montrer une nouvelle fois l'opposition aux expulsions et à ce projet d'aéroport. Le départ se fera de la place Darcy, "à vélo, en voiture ou en tracteur", précise le tract d'annonce du rassemblement.

 

Le projet d'aéroport en Loire Atlantique. - Aucun(e)
Le projet d'aéroport en Loire Atlantique. - Idé