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Faits divers – Justice

Procès pour violences conjugales à Dijon : "Je me vois encore fonder une famille avec lui"

lundi 18 juin 2018 à 20:19 Par Elie Abergel, France Bleu Bourgogne

Un trentenaire en état de récidive a été condamné à trois ans de prison ferme pour avoir battu sa conjointe. La victime n'a pourtant pas porté plainte, au grand désarroi du ministère public.

Entrée.Le ministère public n'a pas manqué de rappeler l'emprise mentale exercée par le prévenu sur la victime
Entrée.Le ministère public n'a pas manqué de rappeler l'emprise mentale exercée par le prévenu sur la victime © Radio France - Marion Bargiacchi

Dijon, France

"Nous sommes là face à un cas typique de violences conjugales" commence Caroline Noirot la procureure. "_La victime n'a pas souhaité porté plainte_, et semble plus affectée à l'idée de voir le prévenu être condamné à de la prison que par sa propre situation" a poursuivi la magistrate en regardant la victime Emilie G., qui porte encore d'impressionnantes traces de coups au visage. 

Le tribunal d'instance de Dijon a dû juger une affaire très délicate ce lundi. Damien A. est poursuivi pour avoir frappé sa conjointe Emilie G. le 14 juin devant un supermarché à Nuit Saint Georges. Des images de vidéosurveillance font état de la grande violence des coups portés. En état d'ivresse, le prévenu qui était sorti de prison an avril dernier a battu Emilie. Celle-ci s'est vu prescrire une interruption temporaire du travail de 8 jours.  

Déni et emprise mentale 

De l'aveu des proches d'Emilie, notamment ses parents qui hébergeaient le jeune couple, Damien A, de corpulence très athlétique, a toujours été violent avec elle, n'hésitant pas à l'insulter et à la rabaisser. Devant la juge d'instruction Damien A. s'est contenté sans convaincre de dire qu'il regrettait de "voir Emilie dans cet état". Le prévenu reconnait avoir un problème avec l'alcool, et considère que son addiction est responsable des violences physiques et verbales qu'il inflige à Emilie depuis le début de leur relation. 

"Si vous buvez tous les jours, et que vous l'insultez quand vous buvez, on peut donc penser que vous insultez Emilie tous les jours" souligne la président Cécile Cuenin. La victime n'a pourtant pas porté plainte. "Je me vois encore fonder une famille avec lui" a commencé Emilie, qui souhaite emménager avec Damien A., car ses parents ne souhaitent plus que le prévenu mette les pieds au domicile familial. La victime pleure quand Damien explique vouloir "une petite vie tranquille avec elle". 

Les réquisition de la procureure suivie par la juge

"Damien A. est un danger pour la société et avant tout un danger pour la victime" a ainsi expliqué la procureure, qui a réclamé "trois ans de prison ferme, une peine exemplaire", afin de "protéger Emilie du prévenu". La magistrate n'a pas manqué de souligner "la dimension psychologique du dossier", en rappelant que "depuis le mois d'avril, Emilie a perdu 6 kilos, ce n'est pas une situation normale". 

Ces réquisitions ont été suivies par le tribunal, qui a condamné Damien A. à trois ans de prison ferme. A l'annonce du verdict, la victime a fondu en larmes, avant d'adresser des dernières paroles de réconfort à son conjoint.