Faits divers – Justice

Dijon : procès du cannabis dans le quartier Greuze, des barrettes sur les rebords de fenêtre

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Bourgogne mardi 4 octobre 2016 à 18:23

La justice doit rendre son jugement dans les prochains jours.
La justice doit rendre son jugement dans les prochains jours. © Maxppp - .

Depuis ce mardi, douze prévenus se retrouvent au tribunal dans une affaire de trafic de stupéfiants dans le quartier Greuze. Tous, à l'exception d'un seul, ont déjà eu affaire à la justice.

A l'automne 2012, c'est sur la base d'un renseignement anonyme que les policiers sont avisés qu'un manège suspect se déroule dans ce quartier qui longe le parc de la Colombière. Les surveillances mises en place permettent d'établir que clients et vendeurs de résine de cannabis se donnent rendez-vous dans trois endroits distincts, rue Jean-Baptiste Greuze, rue Maurice Ravel et rue Claude Debussy.

Des barrettes de cannabis sur les rebords de fenêtre

Des barrettes de résine de cannabis sont cachées sur des rebords de fenêtres ou dans des buissons en attendant de trouver preneur. Des individus sont identifiés, leurs conversations téléphoniques placées sur écoute. Le tout débouche sur des perquisitions au cours desquelles quelques kilos de stupéfiants et une arme et des interpellations en octobre 2013.

A les entendre, chacun se livrait à ses petites affaires dans son coin sans savoir ce que faisaient les autres. Motus quant à leur fournisseur, l'un d'entre eux affirme même qu'il n'achetait pas sa drogue, mais qu'il la "carottait" selon son expression, qu'il allait la chaparder dans des caches repérées ici et là.

"Il ne m'a rien donné, on se serrait la main"

La présidente les accuse de se passer les substances au travers d'un grillage. "Mais non, madame le juge, il ne m'a rien donné, on se serrait la main", s'indigne le prévenu. "A travers un grillage ?" s'étonne la présidente. Le prévenu ne se démonte pas "Ben oui". "Et vous vous serrez la main deux fois en trente minutes ?" "Oui, madame, chez nous, c'est dans notre mentalité, chaque fois qu'on se voit, on se serre la main".

Dans cette affaire, les prévenus ne dealent pas de la drogue, ils dépannent des amis, quitte à se réserver une marge de bénéfice. Oui, ils en revendent une partie, mais uniquement pour compenser les frais de leur propre addiction. Addiction dont ils affirment tous s'être débarrassés depuis. "Ce n'était pas pour m'enrichir, je ne vendais que de petites quantités", plaide l'un d'entre eux. "Oui, mais à beaucoup de clients" lui rétorque la présidente.

Trois autres personnes auraient dû comparaître, mais l'une est décédée en décembre 2015, une autre est en fuite suite à une autre affaire, et une troisième a justifié d'une formation professionnelle pour ne pas être présent au procès.

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