Faits divers – Justice

A Dijon, sécurité renforcée et consignes de vigilance renouvelées après les attentats de Bruxelles

Par Arnaud Racapé et Stéphanie Perenon, France Bleu Bourgogne mardi 22 mars 2016 à 17:19

Le plan catastrophe a été déclenché, et les rues de Bruxelles désertées mardi
Le plan catastrophe a été déclenché, et les rues de Bruxelles désertées mardi © Maxppp - Patrick Lefevre

Suite aux attentats qui ont frappé le cœur de Bruxelles ce mardi matin, faisant 34 morts selon le dernier bilan, la France a décidé de renforcer ses mesures de sécurité, notamment dans les grandes gares et aéroports. En Côte-d'Or, la préfecture se veut à la fois vigilante et rassurante.

Quatre jours après l'arrestation spectaculaire de Salah Abdeslam dans les rues de Molenbeek, commune de l'agglomération Bruxelloise en Belgique, le terrorisme a donc frappé la capitale belge en plein cœur. Deux déflagrations aux alentours de 8h ce mardi matin dans l'aéroport Zaventem, puis une autre une heure plus tard dans la station de métro Maelbeek, à quelques pas seulement des institutions de l'Union Européenne. Des attaques coordonnées, et revendiquées dans l'après-midi par l'organisation terroriste Daesh.

L'Europe et la France réagissent

Dans la foulée, le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve a annoncé le déploiement de 1.600 policiers et gendarmes supplémentaires pour renforcer la sécurité dans les transports en commun, les autorités vont réserver l'accès aux zones publiques des transports "aux personnes munies d'un billet et/ou d'un titre d'identité" et mettre en place des "mesures de contrôle et palpation systématiques".

Des renforts qui  ne concernent pas a priori le département de Côte-d'Or, souligne Tiphaine Pinault, directrice de cabinet de la préfète Christiane Barré : "Je n'ai pas d'information sur des renforts supplémentaires, qui vont surtout être orientés vers les grands aéroports. Nous n'en avons pas en Côte-d'Or , donc pour l'instant pas d'informations sur des personnels supplémentaires dans le département."

Transports, lieux publics et lieux de culte : sécurité à tous les étages à Dijon et en Côte-d'Or

Mais la sécurité reste à son plus haut niveau, ajoute Tiphaine Pinault : "Le niveau de la menace reste évidemment très élevé en France, ce n'est pas une nouveauté. Nous sommes toujours en vigilance renforcée en côte-d'or, depuis les premiers attentats de janvier 2015, donc la menace est très élevée et la vigilance renforcée. Et en Côte-d'or tout particulièrement nous avons une attention sur les gares, donc on a renforcé les patrouilles de militaires de l'opération Sentinelle, et puis également une vigilance toute particulière autour des églises et des lieux de culte en ce moment avec les célébrations des fêtes de Pâques."

Les mesures de sécurité (...) n'arrêteront pas un kamikaze convaincu et motivé

Aux abords de la gare de Dijon, les Bourguignons affichent malgré les circonstance une certaine sérénité, largement teintée toutefois de fatalisme, à l'image de Jean-Marc, qui s'apprête à prendre le train pour Paris, puis l'avion pour l'Asie : "On peut être frappés à tout moment et n'importe où, il faut que les gens soient conscients de ça. Les mesures de sécurité qui sont mises en place à l'heure actuelle font quelque chose, mais n'arrêteront pas un kamikaze convaincu et motivé."

Malgré tout, pas question de céder aux sirènes de la terreur : Serge l'affirme, il n'est "pas stressé. Mais c'est sûr qu'on va avoir un peu peur maintenant de fréquenter les lieux comme les gares ou les aéroports. Plus loin, Itchin ajoute : "on a vécu le 13 novembre de manière difficile et ces personnes décédées aujourd'hui ça nous rappelle de très mauvais souvenirs Mais il faut continuer d'avancer aussi."

On a des enfants en plein paris, et on sait ce qui peut arriver

Avancer malgré tout et contre tout, malgré l'inquiétude d'avoir ses proches aux endroits les plus ciblés par les terroristes. Alain et Marie-Claude, d'Is-sur-Tille, pensent à leurs enfants au moment d'embarquer dans un train en partance vers Mulhouse : "On ne va pas modifier notre mode de vie pour ça, on est obligés de vivre avec, on sait qu'on est vulnérables, on doit vivre avec. Ça n'empêche pas qu'on est inquiets, on a des enfants en plein Paris, et on sait ce qui peut arriver."

Quant à Tiphaine Pinault, elle rappelle les gestes et comportements à adopter dans notre quotidien post-attentats, y compris ici à Dijon : "que chacun soit vigilant, quand vous prenez les transports, le tramway, le TER, etc. Il faut veiller à tous les signes anormaux dans notre environnement quotidien et ne pas hésiter à composer le 17. On a tous cette mission de surveillance, pas seulement les services de police et de gendarmerie. Se prêter aux contrôles de sécurité mis en place un peu partout, dans les centres commerciaux ou les cinémas. "

Etre citoyen, c'est aussi, rappelle-t-elle, s'engager pour la sécurité de tous. C'est tout le sens de la journée des réservistes ce 22 mars : "il faut s'engager, tous nos concitoyens doivent s'engager, on a besoin de forces humaines pour assurer notre sécurité, et ça peut resserrer les liens entre nos institutions et la société civile."