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Faits divers - Justice
Dossier : Francis Heaulme jugé pour le double-crime de Montigny-lès-Metz

Procès de Francis Heaulme aux assises de la Moselle : "Montigny, ce n'est pas moi !"

- Mis à jour le -
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Francis Heaulme comparaît depuis ce mardi pour un mois devant les assises de la Moselle. Le tueur en série est accusé du meurtre de deux enfants, à Montigny-lès-Metz, en 1986. C'est le cinquième procès dans cette affaire. Au cours de l'audience, il a de nouveau proclamé son innocence.

Francis Heaulme à l'ouverture de son procès à Metz, mardi 25 avril 2017.
Francis Heaulme à l'ouverture de son procès à Metz, mardi 25 avril 2017. © Maxppp - Alexandre Marchi

Metz, France

Après les deux condamnations, puis l'acquittement de Patrick Dils et les deux petits jours d'audience en 2014, c'est le cinquième procès qui s'est ouvert ce mardi pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz. Francis Heaulme, le tueur en série condamné pour neuf crimes, est accusé d'avoir tué deux enfants de 8 ans, Alexandre Beckrich et Cyril Beining, le 28 septembre 1986. Trente ans après les faits, les familles des victimes s'attendent à une nouvelle épreuve.

Ce qu’il faut retenir de cette première journée d’audience :

  • Au cours de l’après-midi, alors que le président lisait l’ordonnance de mise en accusation qui revient sur l’enquête, mais aussi le parcours judiciaire de Francis Heaulme, l’accusé s’est levé et il a protesté : “Montigny, c’est pas moi. J’ai commis des meurtres, mais Montigny, c’est pas moi”
  • Me Liliane Glock, l’avocate de Francis Heaulme a demandé, dès le début de l’audience, l’acquittement de son client. Sa ligne de défense : on lui fait porter le chapeau, parce que c’est le coupable idéal.
  • Me Glock, mais aussi Me Rondu, qui défend la grand-mère d’une des victimes, sont impatients d’entendre le témoignage de Patrick Dils, prévu ce mercredi. Il a été acquitté en 2002, mais “il était là” martèlent les avocats. Ils veulent t’endendre ce qu’il a à dire.

18h50 : le planning du procès est revu, les parties civiles ne seront pas entendues, la cour se concentrera sur l'audition de Patrick Dils et le CV de Francis Heaulme. Fin de l'audience.

18h25 : audition du docteur Sébastien Raul, spécialiste de médecine légale à Strasbourg. Il a été chargé d'évaluer la capacité de Francis Heaulme à assister à son procès. Il l’a examiné le 12 décembre 2016, à la prison d'Ensisheim. Malgré de multiples pathologies, comme des problèmes de circulation, diabète... les séquelles de son alcoolisme et son traitement neuroleptique, le médecin a estimé que son état était compatible avec la comparution devant la cour d’assises.

Le médecin est aussi interrogé sur la disparition d'un de ces fameux scellés. Il s'agit d'un bocal de matière fécale, des excréments retrouvés près des cadavres sur le talus à Montigny. Ce bocal n'a pas retrouvé : la gestion des scellés n’a pas toujours été aussi rigoureuse qu'aujourd'hui explique-t-il en substance.

18h04 : l'audience reprend, théoriquement pour l'audition par visioconférence d'un témoin, mais ça ne fonctionne pas.

17h34 : Nouvelle suspension d'audience. Me Glock, l'avocate de Francis Heaulme, en profite pour exprimer sa colère sur la manière dont le président a mené les débats depuis le début de la journée, notamment par la lecture des faits et gestes de Francis Heaulme depuis 30 ans : "Cette après-midi, on rejuge Francis Heaulme sur l’ensemble de ses affaires passées, ça me fait penser que l’accusation n’a que ça !". Elle demande également la comparution de Patrick Dils physiquement et non pas en visioconférence.

17h30 : Francis Heaulme s'est levé à la demande du président et explique qu'il acceptera de répondre à ses questions.

17h20 : après deux heures, c'est la fin de la lecture de l'arrêt de renvoi. Le président explique pourquoi Francis Heaulme est seul dans le box, des accusés, sans Henri Leclaire.

Montigny, ce n'est pas moi" - Francis Heaulme devant la cour d'assises

16h58 : Francis Heaulme se lève. Le président demande s’il a besoin d’une pause. Francis Heaulme s’exclame : “Là, vous racontez ma vie, là ! Montigny ce n’est pas moi. Les détenus qui m’accusent veulent juste des remises de peine. J'ai commis des meurtres, mais Montigny ce n’est pas moi !” C'est sa première vraie prise de parole, spontanée, depuis le début du procès.

16h20 : pendant que le président de la cour d'assises poursuit la lecture de l'ordonnance de mise en accusation, entamée vers 14h30, examinons le programme des jours à venir. Mercredi matin, ce sera l'audition de nombreux témoins :

  • François-Louis Coste, l'avocat général du procès de Lyon à l'issue duquel Patrick Dils a été acquitté en 2002
  • Patrick Dils, condamné deux fois puis acquitté pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz
  • les parents et la grand-mère d'Alexandre Beckrich
  • les parents de Cyril Beining

Patrick Dils sera donc interrogé juste avant les familles des victimes, ce qui choque Chantal Beining. L'après-midi sera consacrée à l'interrogatoire de Francis Heaulme. Depuis le début de la journée, il ne s'est pas exprimé.

16h : une heure et demie de lecture et le président de la cour qui fait un lapsus : Gabriel Steffanus parle de Henri Heaulme au lieu de Francis Heaulme, mélangeant le nom d'Henri Leclaire avec celui de l'accusé.

15h38 : suite de la synthèse des douze auditions de Francis Heaulme où, cette fois, il dit qu'il n'a pas vu Leclaire et pas vu les corps : "Des fois je mens, des fois je dis la vérité, des fois, je raconte n'importe quoi pour me rendre intéressant". Bref :

15h31 : dans son récit, le président évoque le moment où Francis Heaulme, en 2006, a parlé pour la première fois d'Henri Leclaire. Le 28 septembre, Heaulme aurait vu Leclaire descendre du talus où a eu lieu le crime : "C'est ce type qui a tué les enfants (...) il était couvert de sang (...) il m'a dit 'j'ai fait une connerie'".

Francis Heaulme a varié dans ses déclarations, il n'a jamais avoué avoir tué les enfants" - le président de la cour, lisant l'arrêt de renvoi

15h25 : rappel de la mise en examen de Francis Heaulme en 1997. En 1995, des scellés ont été détruits, comme les pierres près des corps. Le président de la cour lit : au cours de ses douze auditions dans la procédure, "Francis Heaulme a varié dans ses déclarations, il n'a jamais avoué avoir tué les enfants, tout en reconnaissant être repassé sur les lieux et avoir essuyé les jets de pierre des enfants."

15h15 : Gabriel Steffanus cite les neuf meurtres pour lesquels Francis Heaulme a été condamné. Voici la biographie d'un des principaux tueurs en série français :

La biographie de Francis Heaulme. - Visactu
La biographie de Francis Heaulme. © Visactu

Francis Heaulme est toujours aussi calme.

15h : le président de la cour explique comment Francis Heaulme est arrivé dans le dossier. Arrêté en janvier 1992 en Alsace, dans le cadre d'une tout autre enquête, cet homme, né à Metz en 1959, raconte qu'il se promenait près d'une voie ferrée dans l'est de la France, que des enfants lui ont jeté des pierres et que, plus tard, il a vu des enfants morts. Ce témoignage ressort en 1997 et ouvre la voie à la révision du premier procès de Patrick Dils,

Francis Heaulme, le regard tourné vers le président, semble l'écouter avec attention. Les jurés prennent des notes. Les avocats écoutent un long récit qu'ils connaissent par coeur.

14h50 : le président Gabriel Steffanus égraine les noms des témoins qui ont été entendus dans les jours et semaines suivants le crime. Parmi eux, en décembre 1986, Henri Leclaire qui avoue auprès des enquêteurs, puis se rétracte au moment d'un transport sur les lieux. Il y a aussi Patrick Dils qui habitait aussi rue de Venizelos et dont la famille avait eu une querelle de voisinage des Beckrich. Le président cite le témoin qui, ayant entendu des enfants pleurer, déplace l'heure estimée de la mort des enfants, à une heure à laquelle Patrick Dils se trouvait dans le quartier. En 1987, Patrick Dils est placé en garde à vue, passe des aveux complets, puis se rétracte auprès de son avocat puis du juge d'instruction. Suit le récit des renvois devant les assises et des procès successifs.

14h28 : le président de la cour d'assises, Gabriel Steffanus entame le récit des faits, sous le regard du père de Cyril, Jean-Claude Beining : "C'était un dimanche ensoleillé..." Il décrit, sur le ton du récit, la rue de Venizelos, les abords des voies SNCF, les enfants du quartier qui profitent de la journée. Après 17h15, on ne voit plus Cyril et Alexandre. Sur les coups de 18h, les parents s'inquiètent. A la tombée de la nuit, les parents montent sur le talus : ils ont trouvé les vélos en contrebas.

Les visages étaient ensanglantés, je suis resté figé quelques instants. C'était une scène insoutenable" - l'enquêteur qui a découvert les corps d'Alexandre et Cyril

Les corps sont découverts sur le talus. Un gendarme raconte qu'il cherche à la lampe de poche et découvre "les corps sans vie des enfants sur le ballast, les visages étaient ensanglantés, je suis resté figé quelques instants. C'était une scène insoutenable". Le président poursuit son récit par les constatations faites sur les corps, les traces de coups, le pantalon d'Alexandre descendu en partie, puis les précisions du médecin : "le décès remonte à moins de trois heures".

LIRE : Affaire de Montigny-lès-Metz : retour sur les lieux du crime

Le résumé de la matinée :

  • Francis Heaulme est apparu en public pour la première fois depuis trois ans et le quatrième procès avorté en avril 2014. Il est calme, attentif. Le front dégarni, les cheveux blancs, il porte ses traditionnelles lunettes, une veste bleue et un grand col blanc. Il n'a pas pris la parole et a refusé d'être photographié et filmé.
  • L'avocate de Francis Heaulme, Me Glock, a demandé l'acquittement immédiat de son client. Une requête "osée" selon l'avocat général, qui "me laisse pantois" selon l'un des avocats des familles, Me Moser.
  • Tous les avocats ont pris la parole et la plupart a regretté deux points : la longueur de la procédure (c'est le cinquième procès, l'affaire remonté à 1986) et la disparition de nombreuses preuves.
  • Avec autant d'éloquence que sa consoeur de la défense, Me Boh-Petit a exprimé la profonde lassitude de Chantal Beining, la mère de Cyril, l'un des deux garçons tués le 28 septembre 1986.

Voici ce que déclarait Me Liliane Glock avant l'ouverture du procès, notamment sur la destruction des preuves et ses conséquences sur les suites de l'enquête :

12h20 : suspension d'audience pour la mi-journée.

12h05 : reprise de l'audience après dix minutes de suspension. Les débats reprennent entre certains avocats et le président de la cour sur la présence ou non de témoins dans la salle d'audience lors des prises de parole au début de l'audience. Les protestations de la défense sont jugées irrecevables par le président Gabriel Steffanus.

11h40. Après ces nombreuses interventions, Jean-Marie Beney, l'avocat général, fait une mise au point : "C'est osé de demander l'acquittement dès l'ouverture du procès". Puis il reprend les principaux points et dates de la procédure. Il ne pense pas qu'on soit hors des "délais raisonnables". Oui, c'est très long, dit-il en substance, mais il y a eu de nombreuses procédures...

Sur le cas d'Henri Leclaire, l'avocat général explique qu'il ne peut plus être mis en cause. Sur la destruction des scellés, "c'est un fait, on peut le regretter." Quant à l'ADN, le magistrat explique qu'il peut aussi induire en erreur, et qu'il pourrait aussi se retourner contre Heaulme, s'il le mettait en cause.

Chantal Beining, au centre : c'est la mère de Cyril, l'une des deux victimes de Montigny-lès-Metz. - Radio France
Chantal Beining, au centre : c'est la mère de Cyril, l'une des deux victimes de Montigny-lès-Metz. © Radio France - Rachel Noël

11h27. Me Boh-Petit parle au nom de la mère de Cyril, Chantal Beining. Comme les autres intervenants, elle souligne à quel point la justice a tardé. Et revient, elle aussi, sur la destruction des scellés.

La partie civile n'en peut plus" - Me Boh-Petit, avocate de Chantal Beining, la mère de Cyril

"J'entends les protestations de la défense, mais la partie civile n'en peut plus ! Qui entend madame Beining. La presse lui demande : '"qu'est-ce que vous attendez madame Beining'?" Elle répond : "Je ne sais plus..." Chantal Beining est aussi très mal à l'aise de se voir dans la liste des témoins, au même titre que Patrick Dils. Elle ne veut pas s'exprimer juste après lui.

11h20. C'est au tour de Me Rondu de prendra la parole. Il défend Ginette Beckrich, la grand-mère d'Alexandre. Comme Me Glock, il reconnaît que la disparition de scellés est un grave problème.

On n'a pas le droit de dresser un rideau de fumée, pas le droit de clouer au pilori l'administration de la justice" - Me Moser en réponse à l'avocate de Francis Heaulme

11h05 : Me Moser, l'avocat du père d'Alexandre Beckrich, l'une des deux jeunes victimes, critique le discours de sa consoeur et les protestations de procès inéquitable. "Il y a eu un travail sérieux et incontestable de la justice. A l'orée de ce procès, on n'a pas le droit de dresser un rideau de fumée , pas le droit de clouer au pilori l’administration de la justice". Demander l'acquittement dès l'ouverture ? "Une affirmation téméraire et déraisonnable !"

11h : Me Glock conclut sa longue intervention en demandant l'acquittement de Francis Heaulme.

Vous êtes la voiture balai de tous les autres procès" - Me Glock aux jurés de la cour d'assises

10h50 : l'avocate de Francis Heaulme explique aux jurés que Patrick Dils, condamné deux fois puis acquitté pour le double meurtre, sera entendu au deuxième jour du procès, mercredi, par visio-conférence, avant l'audition des enquêteurs. Pour elle, c'est trop tôt, le jury n'aura pas le temps de bien comprendre le sens de cet interrogatoire. Après quatre procès, "vous êtes la voiture balai de tous les autres procès !"

10h35. Me Liliane Glock prend la parole à la place de son client. Elle conteste le caractère équitable du procès, du fait de sa durée, du retentissement médiatique à l'encontre de Francis Heaulme, de l'absence d'Henri Leclaire et enfin, le plus importante selon l'avocate, du fait de la disparition de nombreuses preuves.

Les quatre raisons pour lesquelles l'avocate de Francis Heaulme demande l'acquittement

La durée du procès : l'affaire a plus de 30 ans. Me Glock rappelle "cela fait 20 ans que l’on essaie d’établir la culpabilité de Francis Heaume". Il est mis en examen en 2006 : des délais inacceptables pour son avocate.

LIRE : VIDEOS - Les clés pour comprendre le procès de Francis Heaulme

Le retentissement médiatique : l'avocate de Francis Heaulme explique en substance que le procès à charge est déjà instruit dans la presse.

LIRE : Francis Heaulme, le "routard du crime", comparaît pour un dixième procès

L'absence d'Henri Leclaire : ce manutentionnaire a été le premier à avouer le meurtre quelques semaines après les faits, puis il s'est rétracté. Il y a trois ans, lors du précédent procès de l'affaire de Montigny, il a été cité des témoins. C'est pour cela que le procès avait été arrêté. Mis en examen, Leclaire a été mis hors de cause. L'avocate de Francis Heaulme regrette son absence dans le box des accusés: "ce serait bien si vous aviez le choix" lance-t-elle aux jurés.

LIRE : Double meurtre de Montigny, Henri Leclaire ne sera pas renvoyé devant les assises

La disparition des preuves : de nombreux scellés ont disparu ou bien ont été détruits, notamment, en 1995, les quatre pierres retrouvées près des corps d'Alexandre et Cyril. Un wagon sur lequel une trace avait été constatée initialement n'a jamais été retrouvé.

10H30 : le jury vient d'être composé. Les jurés prêtent serment l'un après l'autre.

L'audience a commencé à 10h15. Quelques instants après, l'entrée de Francis Heaulme s'est faite sous les flashs des photographes, mais l'accusé refuse d'être pris en photo [Mise à jour mercredi 26 avril : la défense ayant accepté la diffusion de photos floutées, nous les utilisons à notre tour]. Il porte ses traditionnelles lunettes, une veste sombre avec un grand col blanc, tout comme ses cheveux.

Depuis 8h, les journalistes ont progressivement pris possession des trois salles destinées à ce procès, mais celle qui retient le plus d'attention, c'est la salle principale où se tient l'audience. Une centaine de journalistes sont accrédités.

Les journalistes se pressent à l'entrée de la cour d'assises. - Radio France
Les journalistes se pressent à l'entrée de la cour d'assises. © Radio France - Blandine Costentin
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