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Faits divers – Justice DOSSIER : Francis Heaulme jugé pour le double-crime de Montigny-lès-Metz

Francis Heaulme répète encore : "J'ai commis des meurtres, mais Montigny, c'est pas moi"

mardi 4 décembre 2018 à 9:36 - Mis à jour le mardi 4 décembre 2018 à 17:16 Par Blandine Costentin et Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

Francis Heaulme comparaît ce mardi, et jusqu'au 21 décembre, devant la cour d'appel de Versailles pour le meurtre de deux enfants, en 1986 à Montigny-lès-Metz en Moselle. En première instance, il avait été condamné à perpétuité, mais il avait fait appel et affirme son innocence.

Francis Heaulme, au premier jour de son procès en appel pour l'affaire de Montigny-lès-Metz.
Francis Heaulme, au premier jour de son procès en appel pour l'affaire de Montigny-lès-Metz. © AFP - Benoit Peyrucq

Versailles, France

Retour dans une cour d'assises pour Francis Heaulme : le tueur en série condamné pour neuf crimes, plus celui de Montigny-lès-Metz, comparaît du 4 au 21 décembre pour le meurtre de deux enfants de 8 ans, Alexandre Beckrich et Cyril Beining. C'était le 28 septembre 1986, à Montigny-lès-Metz, en Moselle. Les deux enfants ont été sauvagement tués à coups de pierres sur un talus, près d'une voie SNCF. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour cette affaire en 2017, Francis Heaulme a fait appel. Il est donc rejugé à partir de ce mardi, par la cour d'assises de Versailles. 

Ce qu'il faut retenir de cette première journée 

  • Francis Heaulme est resté impassible, les bras croisés, pendant toute la journée. Cheveux blancs, larges lunettes, parka bleue et pull rayé, il a refusé d'être photographié dans le box des accusés.
  • Comme en 2017, en première instance, Francis Heaulme a affirmé : "Montigny, c'est pas moi". S'il reconnaît qu'il a commis des meurtres dans le passé, il refuse d'endosser ceux d'Alexandre et Cyril, malgré les confidences faites à des codétenus et à l'enquêteur Jean-François Abgrall.
  • L'avocate de la défense a demandé dès le début du procès l'acquittement de son client en dénonçant un procès inéquitable. Me Glock soulève notamment l'absence de "délai raisonnable" dans le jugement de l'affaire et la disparition des preuves matérielles, les scellés ayant été détruits par la justice. Requête refusée par la cour.
  • Seule victime présente ce lundi, Chantal Beining, la mère de Cyril. Elle espère qu'"à la fin de ce mois, on aura terminé cette épopée judiciaire", explique son avocate, Me Boh-Petit.
Le dossier Francis Heaulme à la cour d'assises de Versailles. - Radio France
Le dossier Francis Heaulme à la cour d'assises de Versailles. © Radio France - Cécile Soulé

Le récit de la première journée d'audience 

16h50 - Fin de la première journée d'audience. Les débats reprendront demain. L'audition de la famille de Francis Heaulme est prévue mais de nombreux témoins se sont désistés.

16h30 - La cour doit entendre en visioconférence un expert médical : Jean-François Raul. Ce médecin a examiné trois fois Francis Heaulme en 2013, 2016 et 2018. Il relate l'alcoolisme de l'accusé, sevré en prison, ses pathologies, hypertension artérielle et diabète. Selon lui, l'état de santé de Francis Heaulme est compatible avec le procès.

L’expert médical confirme également que Francis Heaulme a les signes cliniques du syndrome de Klinefelter : une anomalie génétique qui se manifeste, entre autres, par une grande taille, des testicules atrophiées et l'infertilité.

16h16 - Première déclaration de Francis Heaulme, à l'invitation du président : "J'ai commis des meurtres, je reconnais mais Montigny c’est pas moi (...) je racontais ça pour me rendre intéressant. Je lis les journaux comme tout le monde". Les mêmes propos que lors du précédent procès.

15H45 - Le rappel des faits se poursuit. Le président y décrit aussi le parcours personnel de Francis Heaulme, qui se confond rapidement avec son errance criminelle. En 2017, à l'aube de ce qui était son dixième procès, nous avions brossé le portrait du "routard du crime" : il a aujourd'hui 59 ans, il est né à Metz. Son père -qui est convoqué ce mardi par la cour- le brutalisait. 

Le premier crime de Francis Heaulme remonte à 1984, quelques semaines après la mort de sa mère, qu'il adorait. C'est le meurtre d'une adolescente de 17 ans, Lyonelle Gineste, retrouvée dans un bois de Pont-à-Mousson. Huit autres suivront. 

Le parcours de Francis Heaulme. - Visactu
Le parcours de Francis Heaulme. © Visactu

Tant que nous en sommes à l'histoire de Francis Heaulme, nous vous signalons une série de France Bleu Pays Basque, consacrée à Francis Heaulme et ses passages en Béarn et en Pays Basque. 

15h20 - Le président de la cour précise les motifs du renvoi de Francis Heaulme devant les assises en 2012 : sa présence sur les lieux aux heures de la disparition et du meurtre des enfants, ses confidences aux codétenus et au gendarme Jean-François Abgrall, la similitude avec d'autres affaires pour lesquelles il a été condamné. Les enquêteurs parlent de la "quasi-signature criminelle de Francis Heaulme".

15h - Dans l'exposé des faits, il y a les témoignages d'anciens codétenus de Francis Heaulme, à Metz ou Ensisheim, à qui il a fait des confidences en lien avec les meurtres de Montigny. Ces anciens camarades de détention seront entendus par la cour d'assises le 14 décembre.  

14h40 - Le président de la cour d'assises fait ensuite le récit des multiples rebondissements judiciaires, que l'on pourrait résumer comme suit :

  • décembre 1986, Henri Leclaire est placé en garde à vue, il avoue puis se rétracte.
  • avril 1987, Patrick Dils est placé en garde à vue, il avoue puis se rétracte. Il est condamné une première fois en 1989
  • en 1997, dans un procès verbal, le gendarme Jean-François Abgrall explique que Francis Heaulme lui a décrit la scène du crime lors d'un interrogatoire en 1992
  • en 2001, Patrick Dils est à nouveau condamné, mais deux pêcheurs apportent un élément nouveau : ils auraient rencontré Francis Heaulme en fin d'après-midi avec des traces de sang
  • en 2002, Patrick Dils est acquitté
  • en 2006, Heaulme est mis en examen. En 2007, il bénéficie d'un non-lieu, attaqué par Chantal Beining.
  • en 2012, Francis Heaulme est finalement renvoyé devant les assises pour les meurtres d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining
  • (résumé)

14h20 - Reprise de l'audience et rappel des faits : le président fait le récit de la journée du 28 septembre 1986. Alexandre et Cyril sont partis faire du vélo près du talus SNCF, le long de la rue Venizelos, dans le quartier où ils habitaient. En fin d'après-midi, ils sont introuvables. A 19h50, la police découvre leurs corps. Ils ont eu la tête écrasée et quatre pierres couvertes de sang sont retrouvées à proximité. L'un des garçons a le pantalon partiellement baissé.

Sur cette infographie, on voit les lieux où les faits se sont déroulés. On voit aussi ce qui peut relier Francis Heaulme à ce crime.

Crime de Montigny-lès-Metz : focus sur les lieux. - Visactu
Crime de Montigny-lès-Metz : focus sur les lieux. © Visactu

12h - Audience suspendue jusqu'à 14h. Elle reprendra avec l'exposé des faits et de la personnalité de Francis Heaulme. Un expert médical sera entendu.

11h51 - La requête de la défense sur l'acquittement immédiat de Francis Heaulme est rejetée. L'audience reprend dans une ambiance calme. A la cour d'assises de Versailles, on est loin de l'effervescence du procès de 2017 à Metz : moins de journalistes et peu de public pour venir voir Francis Heaulme. 

11h20 - Pendant que la cour délibère sur les premières conclusions de la défense (exposées un peu plus bas sur cette page), intéressons-nous à l'accusé : Francis Heaulme. Depuis le début de l'audience, il est impassible, les bras croisés dans le box. Notre consoeur Salomé Legrand nous le décrit : "cheveux blancs, coupés ras, la bouche en un seul trait"

10h50 - Les protagonistes du procès : Chantal Beining et Me Boh-Petit. Chantal Beining, la mère de Cyril, le deuxième petit garçon assassiné, est présente, malgré une santé défaillante. En contestant le non-lieu rendu en faveur de Francis Heaulme en 2007, elle a permis que ces procès aient lieu. De cette mère-courage, Dominique Boh-Petit dit qu'elle veut aller jusqu'au bout pour savoir "comment son fils est mort et pourquoi". C'est la promesse qu'elle a faite à Cyril. Me Boh-Petit l'explique dans cette vidéo.

Me Boh-Petit, avocate de Chantal Beining, devant la cour d'assises de Versailles au premier jour du procès Heaulme. - Radio France
Me Boh-Petit, avocate de Chantal Beining, devant la cour d'assises de Versailles au premier jour du procès Heaulme. © Radio France - Cécile Soulé

10h30 - Déclaration de Me Glock. Comme en 2017 lors du précédent procès de Francis Heaulme à Metz, son avocate commence par demander l'acquittement de Francis Heaulme et critiquer le fonctionnement de la justice dans cette affaire vieille de 32 ans. Me Glock dénonce un "procès (qui) n’est plus équitable, il y a eu trop d’irrégularités. Pour commencer le délai n’est pas raisonnable". Elle rappelle aussi les scellés contenant des traces biologiques "détruits par le parquet"

C'est un fait : de nombreuses pièces à conviction ont été détruites ou ont disparu, comme les pierres qui ont servi à tuer les enfants, le wagon de chemin de fer sur lequel une trace de sang avait été initialement constatée ou encore des scellés organiques (des traces d'excréments) recueillis sur les lieux. 

Liliane Glock regrette aussi que de nombreux témoins soient entendus dans les prochains jours par visioconférence, à commencer par Patrick Dils, lundi 10 décembre. Patrick Dils, condamné deux fois dans cette affaire, puis acquitté en 2002. Il s'était senti à nouveau placé en position d'accusé lors du procès de 2017.

10h20 - Le tirage au sort des jurés est terminé : il s'agit de quatre femmes et cinq hommes. Ils noteront scrupuleusement ce qui va se dire au cours des trois semaines d'audience, écouteront 81 témoins et rendront un verdict, le 21 décembre, en leur âme et conscience. 

10h12 - Les protagonistes du procès : Dominique Rondu, l'avocat de la famille Beckrich.  Me Rondu défend les parents et la grand-mère d'une des deux victimes, Alexandre Beckrich. La famille n'est pas là ce mardi et ne devrait pas souvent faire le voyage à Versailles. Fautes de preuves déterminantes, cette famille ne croit pas à la culpabilité de Francis Heaulme. Me Rondu explique pourquoi dans cette vidéo.  

Me Dominique Rondu à l'ouverture du procès Heaulme à Versailles. - Radio France
Me Dominique Rondu à l'ouverture du procès Heaulme à Versailles. © Radio France - Cécile Soulé

9h56 - L'audience commence. 

9h45 - Les protagonistes du procès : Liliane Glock, l'avocate de Francis Heaulme. Pénaliste réputée, elle défend notamment l'idée que Francis Heaulme ne doit pas endosser l'affaire de Montigny-lès-Metz, au motif qu'il est un tueur en série, condamné pour neuf crimes. Pour ce procès, elle est assistée de Mes Madec et Bouthier.

Ouverture du procès Heaulme à Versailles : son avocate Me Glock devant les journalistes. - Radio France
Ouverture du procès Heaulme à Versailles : son avocate Me Glock devant les journalistes. © Radio France - Cécile Soulé

9h30 - Bienvenue dans ce compte-rendu en direct. L'audience débute dans quelques minutes. Ce matin, ce qui est prévu, c'est le tirage au sort des jurés, la liste des témoins et experts. Nous entrerons dans le vif du sujet cet après-midi. Mais cette matinée sera aussi l'occasion de faire ou refaire connaissance avec les protagonistes de cette longue affaire.