Faits divers – Justice

Disneyland Paris accusé de discriminer les handicapés mentaux

Par Marie Mutricy, France Bleu Paris jeudi 3 juillet 2014 à 12:11

Le parc Disneyland Paris (photo d'illustration)
Le parc Disneyland Paris (photo d'illustration) © Maxppp

L’Unapei va porter plainte jeudi contre Disneyland Paris pour discrimination. Les personnes handicapées mentales seraient systématiquement mises à l’écart et subiraient un traitement particulier au parc d’attractions, selon l’association.

Selon l’Unapei (l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis), Disneyland Paris pratique un "délit de faciès" en mettant à l’écart les personnes handicapées mentales. Elles se voient refuser l’accès à certaines attractions, et subissent un traitement discriminant. L'association va porter plainte et appelle le public à signer une pétition.

Un délit de faciès, pour l’Unapei

Selon l'Unapei, les personnes qui présentent un handicap mental visible se voient refuser l’accès aux attractions et sont sorties de la file. Elles doivent forcément obtenir le « pass Handicap » mis en place par Disneyland Paris. Ce pass les met à l’écart des files classiques, les oblige à prendre rendez-vous pour faire une attraction, que les personnes handicapées mentales doivent faire une par une.

"Pour la première destination touristique européenne et française, il est intolérable de voir de telles pratiques discriminatoires institutionnalisées . Malgré les courriers et les réclamations faites en direct par les familles et par l'Unapei, la direction de Disneyland Paris reste insensible. L'Unapei ne supporte plus de voir les personnes handicapées mentales exclues. C'est d'une violence inouïe" s'insurge Christelle Prado, présidente de l’Unapei.

La pétition mise en ligne reprend les témoignages de personnes handicapées mentales qui souhaitaient profiter des attractions de Disneyland, comme celui de ce groupe d'adultes d'un Centre de Loisirs et de Créativité. Extrait : "Nous nous rendons aux portes d'accès de l'attraction, prévues pour les personnes qui possèdent un "pass Handicap". Là, stupéfaction, la personne en charge de l'attraction nous signifie qu'on a interdiction de faire l'attraction avec une telle quantitié de personnes déficientes mentales et ce même si on a plus que le nombre d'accompagnateurs voulu"

Une opération de testing pour prouver la discrimination

Pour corroborer ces témoignages, l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis a donc organisé une opération de testing avec l’association Les Papillons Blancs d’Epernay.

D’un côté un groupe où le handicap mental est "visible". Deux personnes sont porteuses de trisomie 21. De l’autre, un groupe où le handicap mental est moins évident.

Le premier n’aura pas le droit de faire les attractions normalement . Il sera renvoyé vers l’accueil specifique, devra demander le « pass Handicap », mis en place par Disneyland Paris, entrer par la sortie des attractions, et surtout, ne pourra pas monter en groupe dans les manèges. Systématiquement, la personne handicapée doit être accompagnée. Le deuxième groupe, d'apparence plus classique, profitera des attractions sans problème.

Une question de sécurité pour Disneyland Paris

Le parc se défend de toute discrimination, invoquant une "question de sécurité et de responsabilité".

"Nous devons nous assurer de pouvoir mettre en sécurité tous nos visiteurs. Une personne d'un handicap ou d'un autre, c'est la même problématique.  Il faut pouvoir la secourir dans les meilleurs délais sans risquer de mettre en péril les autres visiteurs qui seraient sur la même attraction" , se défend Daniel Delcourt, directeur général de Disneyland Paris, sur RTL.