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Dossier : Disparition de Lucas Tronche

Affaire Lucas Tronche : "Une scène d'accident, mais peut-être une scène de crime" selon Alain Bauer

Des ossements d'origine humaine ont été découverts jeudi matin à Bagnols-sur-Cèze (Gard) à proximité du domicile des parents de Lucas Tronche. Ils vont faire l'objet d'examens médico-légaux et si possibles génétiques pour savoir s'il s'agit des restes de cet adolescent disparu le 18 mars 2015.

Alain Bauer, professeur de criminologie au CNAM
Alain Bauer, professeur de criminologie au CNAM © Radio France - Isabelle Souquet

Alain Bauer est professeur de criminologie au CNAM, le Conservatoire national des arts et métiers. Il était ce vendredi matin l'invité du 7h50 de France Bleu Gard Lozère après la découverte jeudi d'ossements d'origine humaine à Bagnols-sur-Cèze. Ils ont été retrouvés dans un endroit difficile d'accès, sur les parois d'une falaise. Les précédentes recherches effectuées dans ce secteur n'avaient jusqu'à présent rien donné. 

Est-ce que ces ossements peuvent "parler" ? 

On va d'abord examiner l'environnement, tout ce qu'il y a autour du corps. Les vêtements, les éléments qui seraient dans les environs, le sac puisqu'il semblerait qu'il soit encore là. Ensuite, on va s'occuper du corps. Six ans après, il reste essentiellement des ossements mais il peut rester aussi, en fonction de l'ensoleillement, de la sécheresse, du rôle de certains animaux, un certain nombre d'éléments qui vont permettre d'identifier les choses. On regarde ensuite les fractures éventuelles sur les os, les dents, toute une série d'éléments qu'on peut comparer avec ce qu'on sait de l'histoire du disparu, avant qu'il se soit volatilisé. Si on sait qu'il s'est cassé un pied, un avant-bras en faisant du ski, du roller ou en tombant d'un escalier et qu'on retrouve des traces identiques, ça aide. 

Et les traces d'ADN ?

Tout va dépendre de ce qui reste du squelette. Heureusement il y a des outils de plus en plus élaborés au fil des ans, donc il y a des chances de retrouver autour des os, à l'intérieur de ceux-ci peut-être, dans des espaces qui auraient pu être miraculeusement préservés, des éléments. C'est vraiment un travail global qui va permettre de manière systématique d'avancer sur l'identification du corps. 

Ces analyses vont durer combien de temps ?

Si on arrive assez rapidement à trouver des traces externes, des vêtements, une pièce d'identité... on peut aller relativement vite jusqu'au moment où on aura la conviction absolue, mais on aura déjà des présomptions vraiment fortes. S'il n'y a pas d'élément d'identification sur les os et qu'il faut aller faire des prélèvements internes, évidemment, il faudra quelques jours, voire un peu plus s'il faut aller dans des laboratoires plus équipés avec des technologies plus performantes. 

Est-ce qu'au moment où on aura ces résultats, on peut clore l'enquête ?

Il y aura une décision prise par l'autorité judiciaire sur la base d'un rapport détaillé du médecin légiste et éventuellement d'experts complémentaires qui déterminera l'identification du corps. En revanche, si on trouve des éléments qui montreraient qu'il ne s'agit pas d'un accident mais d'un acte délibéré et d'une potentialité d'homicide, de coups et blessures ayant pu entrainer la mort, l'enquête va repartir pour identifier éventuellement l'auteur ou les auteurs de ce crime. 

Pour l'instant, on a juste un corps, donc c'est une scène d'accident mais c'est peut-être aussi une scène de crime. S'il s'agit d'une chute ou d'une bagarre, ça ne donne pas les mêmes résultats. Si aussi bien sûr la mort a eu lieu à l'endroit où on retrouve le corps, ce qui n'est pas garanti. Mais la police technique et scientifique, la médecine légale ont énormément progressé au cours des dernières années et il est assez probable qu'on va avoir des éléments assez précis s'il s'agit d'une mort naturelle. S'il y a doute, à ce moment-là, il va falloir beaucoup enquêter.  

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