Faits divers – Justice DOSSIER : La disparition de Maëlys

Disparition de Maëlys : le suspect avait été pris en filature par les gendarmes avant sa garde à vue

Par Véronique Narboux et Virginie Salanson, France Bleu Besançon, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu vendredi 22 septembre 2017 à 11:12

Maëlys a disparu le 23 août dernier
Maëlys a disparu le 23 août dernier © Maxppp - Jean-François Souchet

Un mois après la disparition de Maëlys à Pont-de-Beauvosin, en Isère, on apprend ce vendredi que le suspect était dans le collimateur des enquêteurs avant même sa mise en examen. Il avait tenté de leur échapper en s'apercevant qu'il était pris en filature.

Depuis le 3 septembre dernier, le suspect mis en examen pour "enlèvement et séquestration" dans l'affaire de la disparition de Maëlys est incarcéré. On apprend ce vendredi sur France Info qu'il était déjà dans le viseur des enquêteurs entre le moment où Maëlys a disparu et sa première garde à vue. Cet ancien militaire de 34 ans avait été pris en filature par des gendarmes en civil. Il les avait repérés et a même tenté de les semer en voiture. Cette fuite serait peut être liée à un trafic de stupéfiants, puisque les gendarmes savaient que le suspect vendait et consommait de la cocaïne. Mais les enquêteurs pensent qu'il pourrait avoir également joué un rôle dans la disparition de Maëlys. La fillette, âgée de neuf ans, participait à un mariage au Pont-de-Bonvoisin, en Isère, et a disparu sans laisser de trace depuis le 23 août dernier.

Peut-être un complice ou un commanditaire

Les deux juges d'instruction grenoblois et la douzaine d'enquêteurs qui travaillent sur l'affaire n'excluent pas l'existence d'un scénario en deux temps, avec un éventuel complice ou un commanditaire de l'enlèvement de la fillette de 9 ans. Le suspect, lui, nie toute implication. Depuis qu'il est écroué, il n'a pas été réentendu et n'a pas demandé à l'être. Après avoir été menacé de mort par d'autres détenus de la maison d'arrêt de Grenoble-Varces, il a été transféré au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, toujours en Isère. Apparemment, il supporte bien l'isolement mais les gardiens ont reçu la consigne de surveiller qu'il n'ait pas de tendance suicidaire.

Les enquêteurs continuent à cibler l'enquête sur cet ancien militaire de 34 ans, car plusieurs éléments les intriguent : l'ADN de Maëlys retrouvé sur le tableau de bord de la voiture du suspect, voiture qu'il a nettoyée minutieusement le lendemain du mariage, mais aussi ses deux absences durant la soirée, dont une au moment de la disparition de l'enfant. Enfin, dernier élément intriguant, son deuxième téléphone portable, dont il a tu l'existence aux enquêteurs, et dont il a résilié la ligne juste après le mariage.

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Le Pont-de-Beauvoisin, à la frontière entre Isère et Savoie - Radio France
Le Pont-de-Beauvoisin, à la frontière entre Isère et Savoie © Radio France - Denis Souilla